Une première. Les prix de l’or désormais affichés en temps réel chez les bijoutiers
Le secteur de la bijouterie amorce une nouvelle étape. Depuis une quinzaine de jours, plusieurs bijoutiers commencent à installer des panneaux affichant les prix de l’or. Une pratique appelée à se généraliser dans les prochains mois. Détails.
Le prix de l’or a toujours été un sujet sensible dans les bijouteries. Entre le cours international, le prix appliqué au Maroc, les marges, la qualité du travail artisanal et les fluctuations parfois rapides du marché, le consommateur peine souvent à comprendre comment se forme le prix final.
Cette opacité relative crée parfois une forme de méfiance. Certains clients suivent les cours internationaux et s’étonnent de ne pas retrouver immédiatement les mêmes mouvements dans les prix pratiqués localement.
Les hausses peuvent être répercutées rapidement, tandis que les baisses sont parfois perçues comme plus lentes. Dans le même sens, Médias24 avait relevé la réticence de plusieurs bijoutiers à racheter l’or de leurs clients, surtout lorsque les prix sont en hausse. C’est précisément ce décalage que la profession cherche aujourd’hui à clarifier.
Un marché plus lisible
Contacté par Médias24, Driss El Hazzaz, président de la Fédération marocaine des bijoutiers, indique que cette pratique est encore récente, mais elle marque un changement important dans la relation entre le bijoutier et le client.
"Cette démarche a commencé il y a presque une quinzaine de jours. Nous sommes aujourd’hui dans une phase de transition, appelée à se généraliser progressivement dans les mois à venir".
Dans un marché marqué par des fluctuations continues, l’affichage permet au client d’avoir une référence immédiate avant même d’entamer la discussion avec le commerçant.
"L’objectif est de renforcer la transparence dans le secteur et de permettre au client d’avoir une information visible, actualisée et vérifiable. Beaucoup de clients posent la question du prix de l’or et comparent avec les cours internationaux. L’affichage permet d’éviter les malentendus et de donner une information plus lisible", explique Driss El Hazzaz.
Il faut toutefois préciser que le prix affiché ne correspond pas automatiquement au cours de l’or sur les marchés internationaux.
"Le prix affiché reflète les références du marché marocain, tout en tenant compte des fluctuations du cours international de l’or. L’écart se situe généralement autour de 100 à 120 DH par gramme. Il dépend toutefois aussi de l’offre et de la demande locales, des conditions d’approvisionnement et d’autres facteurs propres au marché national", souligne notre interlocuteur.
"Le prix affiché correspond au prix de l’or brut en 18 carats. Il ne s’agit pas du prix final du bijou, car celui-ci intègre ensuite le coût du façonnage, du travail artisanal et la marge du professionnel, qui diffèrent d’un modèle à l’autre".
Par ailleurs, le prix affiché peut changer jusqu’à trois fois par jour, suivant les fluctuations du prix de l’or.
"Le prix de l’or peut évoluer dans la même journée, parfois jusqu’à trois fois, en fonction des mouvements observés sur les marchés internationaux", indique Driss El Hazzaz.
"Nous voulons installer une relation plus claire entre le bijoutier et le client. Quand le prix est affiché, la transaction devient plus transparente et la confiance se renforce. L’objectif est d’aller vers un secteur plus organisé, plus clair et plus transparent. C’est dans l’intérêt du client, mais aussi dans celui des professionnels sérieux", explique notre interlocuteur.
Pour Driss El Hazzaz, cette initiative s’inscrit également dans un effort plus large d’organisation d’un secteur longtemps marqué par l’informel, les contraintes d’approvisionnement et l’absence de règles suffisamment harmonisées.
"Cette mesure va dans le sens d’une meilleure organisation du secteur. Elle permettra d’harmoniser les pratiques et de limiter les incompréhensions autour du prix de l’or. Nous sommes encore au début du processus, mais l’objectif est que cette pratique se généralise progressivement à l’ensemble des bijoutiers", conclut-il.
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