Détails sur le projet de 25 complexes cinématographiques pour un investissement de 280 MDH
Un chantier de 25 complexes cinématographiques, estimé à 280 MDH, sera bientôt lancé. Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, nous livre tous les détails de ce projet mené par un investisseur marocain, qui va relancer la fréquentation des salles.
Alors que le nombre de salles obscures ne cesse de diminuer au Maroc depuis les années 1980, le ministre de la Culture nous révèle que son département est en train d’accompagner un investisseur marocain. Ce dernier va injecter 280 MDH pour construire 25 multiplexes constitués chacun de trois salles de cinéma, une salle pour le Gaming, et une autre réservée aux concerts de musique et spectacles.
Un projet déjà bien avancé qui sera bientôt annoncé
« Aujourd’hui, nous bouclons l’aspect juridique et avons déjà dépassé deux étapes majeures. En premier lieu, identifier les villes et dans certains cas les terrains où seront bâtis les complexes cinématographiques et, en second lieu, nous avons obtenu les garanties financières et bancaires de la société qui va investir. La troisième et dernière étape du projet consistera à finaliser le dossier juridique qui énonce les obligations des parties publique et privée, puis à lancer les travaux », indique Mehdi Bensaïd, rappelant les obligations légales en matière d'investissement dans les salles de cinéma.
"En effet, quand une personne morale ou physique investit dans la construction d’une salle de cinéma, la loi prévoit que le Centre cinématographique marocain (CCM) la soutienne financièrement à hauteur de 33%, comme cela a été le cas en 2018 avec le complexe Ciné Atlas qui s’est installé dans la capitale."
La majorité de l’investissement sera destiné aux villes moyennes
A la question de savoir s’il est judicieux d’ouvrir un cinéma, alors que les plus anciens ferment inexorablement leurs portes, le ministre confirme que l’ère des grandes salles est révolue, mais qu’il existe une énorme demande pour les complexes avec des tarifs raisonnables.
« Concernant les obligations juridiques de l’investisseur, nous avons obtenu qu’il concentre ses investissements dans des villes moyennes comme par exemple Essaouira, Berkane ou Oujda, avec un prix d’entrée qui ne dépasse pas les 30 DH, et donc bien plus abordable que les 60 DH dans les grandes villes."
L’objectif étant de ne pas saturer "l’offre de certaines grandes agglomérations qui accueillent déjà trop de cinémas à l’image de Casablanca ou de Rabat", souligne le ministre, satisfait d’avoir réussi à imposer une localisation géographique des salles sur toute l'étendue du territoire national.
L’investisseur utilisera 20% à 30% de son futur chiffre d’affaires pour produire des films marocains
"De plus, nous sommes en train de négocier avec ce futur exploitant de salles pour qu’il consacre entre 20% et 30% de son chiffre d’affaires annuel à la production d’œuvres cinématographiques marocaines", nous confie le ministre.
A terme, cela va complètement changer le modèle économique de la production cinématographique nationale qui reste tributaire des subventions du CCM et des participations de chaînes de télévision.
"En effet, ce nouvel entrant va créer une nouvelle dynamique de financement des œuvres", avance Bensaïd. Il espère que d’autres investisseurs choisiront d’être à la fois exploitants et producteurs afin de relancer la fréquentation des salles, en proposant des films proches des goûts de leurs clients.
« Pathé et Gaumont s’installeront au Maroc dans quelques mois »
"L’autre bonne nouvelle est que les groupes français Pathé et Gaumont vont s’installer dans quelques mois au Maroc pour proposer une offre premium inédite, en collaboration avec un partenaire marocain", nous annonce Mehdi Bensaïd.
Le ministère de la Culture va accompagner leur installation, fruit d’un partenariat entre secteur privé marocain et français, dans le Royaume.
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