En 2022, BAM prévoit une croissance de 0,7% et une inflation de 4,7%
Bank Al-Maghrib prévoit une faible croissance d'à peine 0,7%, et une forte inflation à 4,7% en 2022. Détails.
Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu le mardi 22 mars sa première session de l’année 2022. Il en ressort des prévisions qui annoncent une année 2022 difficile.
D'abord sur le volet de l'inflation. Un des principaux sujets d'inquiétude des acteurs économiques et des citoyens, l’inflation poursuit son accélération entamée en 2021, note Bank Al-Maghrib. Elle est tirée par les pressions d’origine externe liées à la flambée des prix des produits énergétiques et alimentaires, et à la hausse de l’inflation chez les principaux partenaires économiques.
Ainsi, après un taux de 1,4% en 2021, l’inflation devrait ressortir à 4,7% en 2022. Selon la dernière publication du HCP, l'inflation ressort à 3,3% sur les deux premiers mois de l'année. En 2023, l'inflation reviendrait à 1,9%. De même, sa composante sous-jacente augmenterait de 1,7% en 2021 à 4,7% en 2022, puis décélèrerait à 2,6% en 2023.
Ensuite, sur la croissance. Pâtissant de conditions climatiques particulièrement défavorables, la campagne agricole devrait enregistrer, selon les prévisions de BAM, une production céréalière autour de 25 millions de quintaux, au lieu de 103,2 millions de quintaux un an auparavant. La valeur ajoutée agricole devrait ainsi baisser de 19,8%, ramenant la croissance économique à 0,7% en 2022, après un rebond qui aurait atteint 7,3% en 2021.
En 2023, dans l’hypothèse d’une récolte moyenne de 75 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole augmenterait de 17%, portant la croissance à 4,6%. Pour ce qui est des activités non agricoles, elles devraient se consolider graduellement, avec une progression de 3% de leur valeur ajoutée en 2022 et 2023.
Sous l’effet essentiellement de la flambée des cours des matières premières, Bank Al-Maghrib prévoit un creusement du déficit du compte courant à 5,5% du PIB en 2022, après 2,6% en 2021, avant de revenir à 3,7% en 2023.
Les importations progresseraient en effet de 14,9% en 2022, en lien avec l’alourdissement de la facture énergétique, et l’augmentation des acquisitions de produits agricoles et alimentaires et de biens de consommation. En 2023, la hausse se limiterait à 1,1%, sous l’effet notamment de l’allègement prévu de la facture énergétique.
En parallèle, les exportations devraient s’améliorer de 12,5% en 2022 et de 3,4% en 2023, tirées principalement par l’accroissement des ventes de la construction automobile, et par la hausse de celles des phosphates et dérivés en 2022.
En ce qui concerne les recettes touristiques, la Banque centrale prévoit une reprise graduelle, passant de 34,3 milliards de dirhams en 2021 à 47 milliards en 2022, tout en restant à des niveaux inférieurs à ceux d’avant-crise. Les transferts des MRE devraient retrouver progressivement leur niveau d’avant-crise, soit 79,3 milliards en 2022 et 70,8 milliards en 2023, après un niveau exceptionnel de 93,3 milliards en 2021. Concernant les IDE, les recettes avoisineraient l’équivalent de 3% du PIB en 2022 et 3,5% en 2023.
Sur le volet des finances publiques, en dépit de l’accroissement important des dépenses de compensation du gaz butane et du blé, le déficit budgétaire devrait quasiment se stabiliser à 6,3% du PIB en 2022 ; à la faveur d’une mobilisation exceptionnelle des ressources, à travers notamment les mécanismes de financement spécifiques et les recettes de monopoles. En 2023, il s’allégerait à 5,9% du PIB, résultat essentiellement de l’amélioration prévue des rentrées fiscales.
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