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Sahara : la décision espagnole renforce la dynamique internationale en faveur du Maroc

ROUND UP. Pas à pas, posément et sans tapage, le Maroc continue à engranger des acquis dans le dossier de la cause nationale, avec pour objectif de clore définitivement cette question.

Sahara : la décision espagnole renforce la dynamique internationale en faveur du Maroc

Le 20 mars 2022 à 18h22

Modifié 21 mars 2022 à 7h42

ROUND UP. Pas à pas, posément et sans tapage, le Maroc continue à engranger des acquis dans le dossier de la cause nationale, avec pour objectif de clore définitivement cette question.

La position exprimée par l’Espagne ce vendredi 18 mars 2022 fait partie de ces acquis. Elle s’inscrit dans une longue série, en commençant par les résolutions onusiennes qui, depuis 2007, sont de plus en plus favorables aux positions exprimées par le royaume ; le retour dans le cénacle africain; la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara ; l’évolution récente de la position allemande.

L’Espagne considère désormais que la proposition marocaine d’autonomie est la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend au sujet du Sahara. C’est, comme le souligne La Razon, journal proche des milieux d’opposition espagnols, « une reconnaissance de facto de la souveraineté du Maroc au Sahara ».

Cette nouvelle évolution appelle plusieurs commentaires :

Après l’Allemagne, l’annonce espagnole est une nouvelle brèche en Europe. D’autres avancées sont possibles sur le Vieux continent.

Il y avait grosso modo, deux grandes options pour la résolution du différend du Sahara: soit le référendum, soit la solution politique. Le référendum s’est avéré impossible à organiser pour des raisons objectives, parmi lesquelles les difficultés d’application des critères d’identification du corps électoral. Le référendum est une fausse bonne idée, inapplicable et dépassée.

La voie prônée par le conseil de sécurité et réaffirmée dans la dernière résolution de 2021, est la solution « politique, juste, durable et mutuellement acceptable, basée sur le compromis. (…) Le conseil de sécurité exhorte à une reprise constructive du processus politique, en s’appuyant sur les progrès de l’ancien Envoyé personnel » et en se félicitant de la nomination de Staffan de Mistura, en tant que nouvel envoyé personnel du secrétaire général. Le Conseil de sécurité se félicite également « des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement ».

Le processus des tables-rondes s’était arrêté en 2019. L’ONU demande qu’il reprenne. Les deux tables-rondes, tenues en 2018 et 2019 avec la participation de l’Algérie, avaient permis des progrès. L’Algérie refuse la reprise de ce processus. L’Algérie est partie principale au différend [différend est le terme utilisé par l’ONU].

Il s’agit d’ailleurs d’un différend bilatéral comme le montre le rappel de l’ambassadeur algérien à Madrid et les attaques médiatiques algériennes contre l’Espagne, depuis le vendredi 18 mars 2022.

L’impact de la décision espagnole est très fort comme le montrent différentes réactions en Europe. L’effet de chaque reconnaissance de la solution marocaine ou de la souveraineté n’est pas arithmétique ou additionnel. Il est exponentiel. C’est une dynamique qui se crée; pour les pays hésitants, il devient plus facile de sauter le pas.

L’évolution de la situation, au cours des derniers jours, conforte donc la recherche d’une solution politique durable, où la position marocaine d’autonomie apparait comme l’option la plus sérieuse et la plus crédible. Et confirme s’il en était besoin, le rôle majeur, essentiel, de premier plan, que joue l’Algérie depuis le début. Elle démontre bien, une nouvelle fois, que la participation algérienne aux table-rondes est indispensable au processus de paix.

Et maintenant ?

Un changement majeur est perceptible dans l’attitude marocaine avec ses partenaires. Pour n’importe quel pays désormais, soutenir les résolutions de l’ONU citées ci-dessus est le Smig. Etre partenaire signifie aller au-delà des positions et attitudes tièdes, des zones grises et de l’ambiguïté diplomatique. Le Sahara n’est pas une simple ligne rouge. C’est une muraille infranchissable. On ne pourra plus déclarer une chose et son contraire, ou recevoir le polisario et ses dirigeants comme si de rien n’était.

Ceci est valable pour les États et pour les communautés. L’UE le sait.

L’avenir de la solution politique prônée par l’ONU dépendra dorénavant des tables-rondes avec la participation de l’Algérie. Il n’y a plus que deux options: les discussions avec l’Algérie ou l’impasse.

Se pose évidemment et de plus en plus la question du devenir du polisario au sein de l’UA. Logiquement, il n’a pas sa place et ne l’a jamais eue.

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