2022 devrait encore être une bonne année pour les Startups Tech

| Le 16/3/2022 à 17:58
Le secteur a surfé sur le besoin de numérisation apporté par la crise sanitaire. Ce besoin se poursuivra indéniablement cette année. En 2022, les perspectives demeurent bonnes et les acteurs interrogés ambitionnent globalement de doubler leurs chiffres d’affaires par rapport à 2021. Les répercussions de la crise se font néanmoins sentir sur certains secteurs, comme la Foodtech qui voit les restaurateurs souffrir après la fin de l’octroi des crédits d’aide à la relance.

L’environnement des startups technologiques a connu une bonne dynamique depuis 2020. Cette année de crise a été un catalyseur pour le monde de la tech, avec une forte hausse de la demande en services numériques et une prise de conscience de l’importance du digital par les différents acteurs économiques.

En 2021, la tendance ne s’est pas essoufflée et les usages se sont renforcés. En effet, le besoin de numérisation est là et s’inscrit dans la durée. Comme nous l’expliquait Omar El Hyani, directeur de l’investissement du Maroc Numeric Fund II (MNF II) : « La tendance est toujours bonne. La qualité des startups qui demandent du financement s’améliore ainsi que la profondeur du marché. Encore une fois, le contexte de Covid-19 accélère le processus de digitalisation des entreprises et cela se ressent sur la dynamique de l’écosystème aujourd’hui. Le besoin existait avant mais s’est accentué aujourd’hui. Ceux qui n’étaient pas convaincus il y a quelques années, le sont désormais ».

Globalement, en 2022, la tendance sera toujours bonne en termes d’activité et de croissance de chiffre d’affaires. Contactés, des entrepreneurs dans le domaine de la tech nous font part de leur ressenti sur l’année en cours et de leurs objectifs.

Une année de poursuite de bons résultats

2022 devrait se situer dans la même dynamique que celle observée l’an dernier. Mais pour certains, l’année a pourtant commencé assez doucement durant le premier mois avec la présence du variant Omicron et l’incertitude que ce dernier a entraînée.

Nizar Abdallaoui Maane, fondateur de Kifal Auto, une plateforme d’intermédiation dans l’achat et la vente de véhicules d’occasion, faisant l’expertise, la cotation et le règlement des procédures administratives nous explique que la donne a changé en février. « Le mois de janvier a été calme avec la vague Omicron et l’incertitude qui va avec. Les décisions ne se prenaient pas et les gens ne se projetaient pas, mais la donne a changé en février avec le sentiment que le Covid est presque derrière nous. Il faut ensuite garder un œil sur la situation internationale qui pourrait chambouler la situation » explique notre interlocuteur.

La jeune startup a bénéficié des bonnes performances des ventes de véhicules neufs en 2021 avec une hausse de 31,5% par rapport à 2020 et 5,7% par rapport à 2019 et ce, malgré la crise des semi-conducteurs. Cela a donc limité la croissance sur l’année 2021.

« La crise des semi-conducteurs est réelle. La croissance de vente de véhicules neufs en 2021 a été forte, elle a même dépassé les chiffres de 2019, mais elle a été moindre que ce qu’elle aurait dû être à cause de cette crise des semi-conducteurs. Notre marché de l’occasion est très lié à la progression des ventes de véhicules neufs » précise le dirigeant de Kifal Auto.

Si cette crise allonge légèrement le temps de vente des véhicules, l’année devrait demeurer bonne d’autant plus que le secteur se structure rapidement. « Ce qui est très intéressant sur notre marché, c’est sa maturité. Il y a une prise de conscience de la part des importateurs et des acteurs structurés qu’il y a une carte à jouer sur le marché de l’occasion. Les banques ont commencé à développer des solutions de financements et ce sens, etc… Donc il y a une structuration du marché qui se fait de manière soutenue ». La startup envisage de doubler son chiffre d’affaires par rapport à 2021.

La bonne dynamique s’observe aussi du côté de Koolskools, une plateforme collaborative qui propose des services de digitalisation pour les écoles, permettant la simplification du suivi pédagogique des élèves. Une industrie qui a été largement boostée par le Covid et d’accompagner certains établissements dans la conduite du changement et la numérisation. La forte croissance est encore attendue cette année, notamment du fait du sous-équipement en équipement numérique dans les écoles.

« Je pense que nous allons continuer sur notre trend de croissance. Nous sommes dans une situation où le marché change et il est actuellement porté par les leaders. Ils sont peu nombreux mais ils vont tirer la masse derrière eux et donc une forte croissance est attendue » nous confie le fondateur de la jeune entreprise. La confiance vient également du fait que ce changement vers le numérique est inéluctable dans la manière d’enseigner. « Cette masse doit s’adapter au changement d’enseignement ou elle disparaîtra, car le marché va l’imposer, du fait que les leaders sont dedans » poursuit le fondateur.

Pour ce dernier, « l’ambition est d’arriver à 100.000 élèves sur la plateforme d’ici 2 à 3 ans maximum contre 40.000 aujourd’hui » nous confie notre interlocuteur. A rappeler qu’en 2020, le groupe est passé de 3 000 à 20 000 élèves sur la plateforme.

Mais en 2022, certains secteurs dans la tech, commencent à voir une détérioration de l’environnement des affaires. Même si la confiance est de mise, une sensation de complication se fait sentir.

Les répercussions de la crise se font aussi sentir

Les deux dernières années ont été des booms dans le domaine de la foodtech. Les services de livraisons à domicile ont connu une forte hausse de leurs activités au sortir du confinement. Mais désormais, le secteur de la restauration connaît un ralentissement. C’est ce dont témoigne Saïd Belkhayat, fondateur de Lacaisse.ma une application de caisse enregistreuse intelligente pour les restaurants et magasins, et de Lalivraison.ma, un système de mise en relation et de livraison premium à domicile.

« J’aurais pensé que l’année 2022 serait un boom comme les deux dernières années, mais en réalité, l’année commence assez doucement durant les deux premiers mois sur l’ensemble des activités. Depuis mars, ça reprend bien » explique le chef d’entreprise.

Le ralentissement est observé après une année 2020 de boom où les restaurateurs se sont tournés vers le numérique pour continuer à assurer leurs ventes. Après une bonne consolidation en 2021, un ralentissement s’observe du fait de la raréfaction des aides accordées. Le secteur a en effet beaucoup bénéficié d’aides avec les programmes Damane Oxygène et Relance. Désormais, il fait face à des difficultés.

« La fin des aides Damane Oxygene et Relance a mis un coup de frein aux restaurateurs. Ils ne se portent pas très bien et beaucoup ont des crédits qu’ils peinent à rembourser. Il y a une dégradation du climat économique dans le monde de la restauration, en tous cas, ceux qui ne servent pas d’alcool » explique Said Belkhayat.

Malgré ce contexte défavorable, le potentiel demeure conséquent et la startup poursuit ses investissements.

« Le secteur demeure porteur car il a besoin de numérisation et nous avons beaucoup de travail. En termes d’investissement et de développement nous allons nous tenir à nos objectifs prévus dans notre roadmap » explique notre interlocuteur. La startup Lalivraison.ma ambitionne d’ailleurs de servir plus de 100.000 livraisons durant cette année avec un doublement du chiffre d’affaires. Avec Lacaisse.ma, la startup continue de répondre aux besoins de ses clients. « Concernant le retail, nous proposons des systèmes de fidélisations complets mais aussi des sites en ligne permettant aux retailers de se lancer dans l’e-commerce de manière fluide et rapide. La création du catalogue et la mise en place du site e-commerce se fera en quelques minutes. Nous envisageons aussi de doubler notre base de clients et de chiffre d’affaires avec un accent sur l’accompagnement sur le long-terme » conclut le fondateur.

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