img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Sécheresse et inflation : comment le gouvernement compte-t-il faire face à cette double crise ?

Encore touché par les effets de la pandémie, le Royaume fait désormais face à une double crise, la sécheresse et la hausse des prix des matières premières, que vient exacerber la guerre en Ukraine. En plus du programme exceptionnel de soutien au monde rural, le gouvernement devra déployer un bouclier pour protéger le pouvoir d’achat des ménages. Mais dispose-t-il de marges budgétaires à cet effet ? Eléments de réponses.

Sécheresse et inflation : comment le gouvernement compte-t-il faire face à cette double crise ?
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, à la Chambre des conseillers.
Par
Le 1 mars 2022 à 20h16 | Modifié 1 mars 2022 à 20h16

Un seul mois aura suffi pour que tous les calculs du gouvernement tombent à l’eau, le Budget 2022 voté fin 2021 ne reflétant plus les réalités d’aujourd’hui. En cause : le retard des pluies qui annonce une année de sécheresse, la plus grave depuis au moins trente ans ; et la hausse vertigineuse des prix des matières premières initialement due à la forte reprise post-Covid, et qui se voit désormais exacerbée par la guerre en Ukraine.

Carburant, gaz, céréales, huiles… les prix de tous les produits de grande consommation sont appelés à augmenter. Et le problème, comme le rappelle Adnane Benchekroun, membre de l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI), ne réside pas seulement dans les prix, mais aussi dans « la disponibilité ».

Face à cette double crise, « le gouvernement est appelé à activer un véritable bouclier pour protéger le pouvoir d’achat des classes moyennes » ; mais aussi « à accompagner les opérateurs qui importaient de Russie et d’Ukraine, via les conseillers économiques de nos ambassades, pour pivoter vers d’autres sources d’approvisionnements », recommande l’économiste.

Il suggère de se diriger vers le même modèle utilisé pour l’approvisionnement en vaccins, quitte à activer le Comité de veille économique qui pilotait les actions contre la crise du Covid-19.

Un minimum de 15 milliards de dirhams à injecter dans le budget de compensation

Selon Adnane Benchekroun, ces évènements vont coûter au budget de l’Etat au moins 15 milliards de dirhams supplémentaires, un montant qu’il faudra injecter, précise-t-il, dans la Caisse de compensation.

Une somme qui s’ajoute aux 10 milliards de dirhams alloués au programme anti-sécheresse, mais qui ne sollicite pas en réalité le budget de l’État de manière directe. Ce programme étant financé en grande partie par le fonds Hassan II, le Crédit Agricole et la Mamda.

Cela étant dit, les 15 milliards de dirhams dont nous parle Adnane Benchekroun sont un moindre mal, car ils se fondent sur les données d’aujourd’hui, les prix actuels. Et rien ne garantit que la situation reste stable au cours de l’année.

Mais quel que soit le scénario, l’économiste de l'AEI pense que « la solution la plus logique, c’est de couper dans les investissements programmés ou de creuser le déficit budgétaire d’un point ou deux... ce n’est pas la fin du monde ».

Ce sont les deux seules marges budgétaires dont dispose le gouvernement aujourd’hui, s’il ne veut pas toucher aux projets stratégiques lancés comme celui de la généralisation de l’assurance maladie, la politique des grands et petits chantiers, le plan d'urgence dans le secteur de l’eau, les programmes de création d’emplois tels que Awrach et d’autres…

Une source gouvernementale nous dit à peu près la même chose, assurant que l’exécutif dispose de plusieurs marges budgétaires pour affronter la situation, et nous rappelant que la loi de Finances 2022 donne la possibilité au gouvernement de couper jusqu’à 15% du budget de l’investissement.

Un bouclier de blocage des prix sera lancé dès Ramadan

Elle évoque ainsi un programme qui sera bientôt lancé pour le mois de Ramadan, qui donnera le ton de ce que sera l’intervention étatique dans ce contexte de crise ; l’exécutif travaillant, selon notre source, sur une sorte de bouclier contre la hausse des prix. Ce dernier prévoit de bloquer les prix de certains produits comme l’huile, la farine, les lentilles et d’autres produits particulièrement consommés par les Marocains pendant le mois sacré.

Ce plan de plafonnement des prix, qui sera déroulé durant le mois de Ramadan, s’étalera sur trois mois au total, confie notre source.

« Ce sera une sorte de test de la manière dont interviendra l’État pour protéger le pouvoir d’achat des ménages. Et le problème, - le vrai - n’est pas budgétaire, mais il est d’ordre organisationnel. Car faute de registre social unifié, il faudra savoir qui soutenir dans la chaîne de valeur : le consommateur, le producteur, l’intermédiaire, le transporteur… C’est cela le vrai casse-tête », explique notre source.

Cette décision de plafonnement des prix pourrait-elle concerner également les hydrocarbures en cas de flambée des cours du pétrole sur le marché international ? Notre source gouvernementale nous apprend que rien n’est exclu. « Le sujet n’est plus tabou. Il est discuté au sein des instances gouvernementales qui suivent la situation au jour le jour, et prendront la décision au moment opportun. »

Peut-on sinon imaginer une sorte de fonds de solidarité, comme celui initié la première année du Covid, pour soutenir l'intervention de l’État dans ce contexte difficile ? Notre source gouvernementale nous répond simplement que cette idée est exclue pour l’instant.

Même réponse du membre de l’Alliance des économistes istiqlalines, Adnane Benchakroun : « L’option d’un fonds de solidarité n’est pas forcément nécessaire dans l’immédiat. Mais on ne sait pas ce qui va se passer d’ici la fin d’année… »

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 1 mars 2022 à 20h16

à lire aussi

La météo du lundi 13 juillet
Les prévisions quotidiennes

Article : La météo du lundi 13 juillet

Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le lundi 13 juillet 2026: - Temps assez chaud sur l’Oriental, la […]

Electricité : le Maroc accélère ses interconnexions avec l’Europe… et vers le Sud
Energie

Article : Electricité : le Maroc accélère ses interconnexions avec l’Europe… et vers le Sud

Le réseau d'interconnexions électriques entre le Maroc et la péninsule Ibérique fait l'objet de nouvelles études de développement par le Portugal et l'Espagne. En parallèle de ces liaisons transméditerranéennes, dont l'utilité technique a été constatée lors de la panne du réseau espagnol en 2025, le Maroc œuvre pour l'extension de ses infrastructures vers le sud en direction de la Mauritanie.

Déraillement de Bouskoura : la condamnation de l'ex-Lydec à indemniser l'ONCF devient définitive
DROIT

Article : Déraillement de Bouskoura : la condamnation de l'ex-Lydec à indemniser l'ONCF devient définitive

La Cour de cassation a rejeté les deux pourvois de la SRM Casablanca-Settat contre sa condamnation à verser près de 62 millions de DH à l'ONCF pour le déraillement du train Atlas n°610 en 2019. Après le rejet du recours de son assureur quelques mois plus tôt, ce contentieux de près de six ans prend fin.

Ghita Mezzour : “Il ne faut pas mettre toutes les vagues de licenciements actuelles sur le compte de l’IA”
ECONOMIE

Article : Ghita Mezzour : “Il ne faut pas mettre toutes les vagues de licenciements actuelles sur le compte de l’IA”

L'ancienne ministre de la Transition numérique, aujourd'hui à la tête du cabinet DecisiveAI, est revenue sur son passage au gouvernement et sur l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi, à l'occasion du 12/13 de Médias24. Elle met en garde contre les licenciements précipités attribués à l'IA et plaide pour une meilleure appropriation de cette technologie par les entreprises marocaines.

Législatives : le PPS dévoile la liste de ses principaux candidats
Elections 2026

Article : Législatives : le PPS dévoile la liste de ses principaux candidats

Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a dévoilé une première vague de ses candidats aux prochaines élections législatives, couvrant près de 90% des circonscriptions électorales.

En images, arrivée de l'équipe nationale de football à l'aéroport de Rabat-Salé
Quoi de neuf

Article : En images, arrivée de l'équipe nationale de football à l'aéroport de Rabat-Salé

L'équipe nationale de football a été accueillie à l'aéroport de Rabat-Salé par de nombreux supporters venus saluer les joueurs et leur exprimer leur soutien après leur participation à la Coupe du monde.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité