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Fatim-Zahra Ammor : « Le Maroc pourrait recevoir 20 millions de touristes à moyen terme »

ENTRETIEN. La ministre du Tourisme fait le bilan des actions qui accompagneront le secteur sinistré. Si elle n’exclut pas des faillites, Fatim-Zahra Ammor promet une reprise progressive à partir de 2022, et une augmentation exponentielle des arrivées qui atteindront les 20 millions à moyen terme. Déterminée, elle dit se préparer à l'après-crise.

Fatim-Zahra Ammor : « Le Maroc pourrait recevoir 20 millions de touristes à moyen terme »

Le 14 décembre 2021 à 13h20

Modifié 14 décembre 2021 à 17h20

ENTRETIEN. La ministre du Tourisme fait le bilan des actions qui accompagneront le secteur sinistré. Si elle n’exclut pas des faillites, Fatim-Zahra Ammor promet une reprise progressive à partir de 2022, et une augmentation exponentielle des arrivées qui atteindront les 20 millions à moyen terme. Déterminée, elle dit se préparer à l'après-crise.

Médias24 : Lors de votre nomination, vous attendiez-vous à devoir gérer un secteur aussi sinistré ?

Fatim-Zahra Ammor : Je savais que c’était un grand challenge, car je connais les enjeux du tourisme au Maroc. Je savais que la crise avait été très dure. J’ai repris en main le secteur à un moment où les frontières étaient ouvertes et la situation en amélioration. La tendance était plutôt positive, même si nous savions que le risque était toujours présent.

– Vous avez cependant dû rapidement déchanter…

Nous faisons de notre mieux pour améliorer les choses. Je reste confiante sur la capacité du secteur à se relever très rapidement de cette crise. Nous avons un produit qui plaît. Les opérateurs internationaux n’ont qu’une hâte, c’est que les frontières rouvrent, comme nous avons pu le constater lors de l’assemblée générale de l’OMT tenue récemment à Madrid.

– Justement, les opérateurs étrangers se disent furieux du manque de constance des autorités marocaines qui, je cite, prennent des décisions incohérentes d’ouverture et de fermeture. Qu’en est-il de leur confiance ?

– Il est vrai que les opérateurs ne comprennent pas toujours le processus, mais cela ne les empêche pas de comprendre la décision gouvernementale. Les décisions relatives à la gestion de la crise sanitaire sont des décisions souveraines nécessaires pour protéger la santé des Marocains. Honnêtement, je pense qu’ils comprennent le message.

Par ailleurs, notre travail est aussi d’expliquer, de communiquer afin de maintenir la confiance, pour que les opérateurs et les touristes puissent revenir dès que nous rouvrirons nos frontières. C’est la perspective dans laquelle ils s’inscrivent aujourd’hui.

– C’est une décision du gouvernement, mais c’est votre département qui en paie le prix. Êtes-vous associée ou du moins informée avant l’entrée en vigueur des décisions de fermeture ?

– Évidemment que nous sommes informés. Nous donnons notre avis, nous défendons notre point de vue. Mais la décision finale doit prendre en considération l’intérêt de l’ensemble des Marocains et non de tel ou tel secteur.

      – C’est tout de même au secteur que vous gérez que ces décisions font le plus de mal ?

– Oui. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes engagés auprès des opérateurs. Depuis mon arrivée, nous avons pris plusieurs décisions qui visent à alléger la pression sur les opérateurs et sur les employés.

Les opérateurs s’interrogent sur le fait que toutes les destinations concurrentes gardent leurs frontières ouvertes. Faut-il en déduire que le gouvernement marocain a plus peur pour ses concitoyens que ceux de Turquie, d’Espagne, des Émirats arabes unis et de tant d’autres pays ?

– Le Maroc n’est pas le seul pays à avoir fermé ses frontières. L’Australie, le Japon ou la Thaïlande par exemple, ont fait de même.

C’est une décision souveraine que chaque pays est en droit de prendre en fonction de ses priorités et de l’équilibre à trouver entre la vocation touristique, les risques sanitaires et les moyens disponibles pour lutter contre la pandémie.

     – En d’autres termes, le ministère souverain en termes de décision finale est celui de la Santé ?

– C’est le gouvernement, dans son ensemble, qui prend la décision de préserver la santé des Marocains de manière prioritaire. Des discussions ouvertes ont lieu au sein du Conseil de gouvernement où chacun donne son point de vue, avant d’arriver à la conclusion qu’il est préférable d’attendre pour rouvrir les frontières.

     – Vous avez rencontré tous les professionnels ; y a-t-il un suivi avec certains d’entre eux ?

– Je les ai rencontrés officiellement en groupe, mais j’ai revu plusieurs opérateurs individuellement par la suite. Il est évident que la situation est critique.

Cela fait 21 mois qu’ils ne travaillent plus et que le Maroc est passé de 13 millions de touristes à 3,7 millions à fin novembre, sans compter que nous avons perdu de 50 milliards de dirhams de recettes.

Mon message aux opérateurs est clair. Il faut regarder en avant, car c’est dans les moments de crise que nous nous réinventons

     – Au cours de votre réunion avec la profession, vous avez promis une bonne nouvelle sous quinze jours. Entre-temps, toutes les frontières ont fermé. Où est la bonne nouvelle ?

Nous avons promis des aides, et nous avons tenu parole. Nous sommes conscients de la gravité de la situation.

Cela dit, mon message aux opérateurs est clair. Nous devons regarder en avant, car c’est dans les moments de crise que nous nous réinventons, et je crois qu’aujourd’hui ça doit être notre priorité.

Notre stratégie dans ce sens se base sur ce que j’appelle les 3R. Trois étapes qui sont : résister, relancer et réinventer.

Aujourd’hui, nous sommes dans la phase de la résistance. Le gouvernement propose des mesures de soutien aux employés du secteur comme l’indemnité forfaitaire de la CNSS, mais également des solutions pour les entreprises pour qu’elles puissent faire face aux répercussions de la crise.

À titre d’exemple, les transporteurs touristiques, même s’ils ne sont pas techniquement sous la tutelle de mon département, vont pouvoir bénéficier d’un moratoire d’une année qui sera garanti par l’État. Les négociations, pour ce faire, ont été menées avec les établissements bancaires et de crédit par le ministère du Tourisme.

Nous nous sommes mis d’accord avec le GPBM sur un moratoire pour les opérateurs touristiques

– Cela fait plus d’un an et demi que le ministère du Tourisme parle de mesures de soutien, sans véritable résultat sur le terrain…

– Ce que je peux assurer, c’est que depuis que je suis en charge de ce département, nous travaillons. Il y a moins d’une semaine, jai rencontré le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), et nous nous sommes mis d’accord sur un moratoire pour les transporteurs touristiques. La signature de la convention afférente est imminente, ce qui permettra d’alléger la pression sur eux.

Des discussions sont également en cours pour instaurer un moratoire pour les hôteliers qui ont du mal à rembourser leurs dettes. Nous sommes en train de négocier avec les banques une solution de financement adaptée pour leur permettre de préserver leur patrimoine.

Nous faisons donc de notre mieux pour permettre aux entreprises du secteur de traverser la crise. Cette crise doit être une opportunité pour préparer l’avenir, parce que le fait que les frontières soient fermées nous permet de réfléchir à comment améliorer les choses par rapport au passé.

En parallèle, il est urgent de travailler sur le tourisme interne parce que les potentialités sont largement sous-exploitées. C’est pourquoi j’ai demandé aux hôteliers d’établir des offres intéressantes qui correspondent mieux aux attentes et au budget des Marocains.

     – Le tourisme interne ne sera jamais suffisant pour rattraper l’absence des étrangers…

-Évidemment. C’est la raison pour laquelle nous proposons des aides à ceux dont le métier principal est de recevoir une clientèle étrangère.

Cela ne nous empêche pas de travailler au renforcement du tourisme domestique comme axe de développement sur le long terme. Il ne s’agit pas uniquement de proposer des offres temporaires, mais de faire émerger des produits dédiés et adaptés à leurs besoins.

– Vous avez évoqué les aides financières ; la France a débloqué plus de 10 milliards d’euros pour le secteur privé du tourisme. Pourquoi, au Maroc, n’avons-nous pas d’annonces aussi directes et à portée globale ?

– L’État fait des efforts considérables pour les opérateurs privés. Le coût du versement de l’allocation CNSS pour quatre mois seulement reviendra à 700 millions de dirhams.

De plus, quand on garantit un moratoire pour les dettes des hôteliers et des transporteurs touristiques, il y a également une facture qui tombera à la fin.

– À combien s’élèvera l’aide publique directe ou indirecte au secteur du tourisme ?

– Je ne suis pas en mesure de chiffrer l’enveloppe totale. Comme expliqué, les sommes débloquées sont considérables par rapport à la crise actuelle. Chaque pays agit en fonction de ses moyens financiers.

– À ce propos, pourquoi le versement de l’indemnité couvrirait-il la période de septembre jusqu’à décembre et pas les mois de juillet et d’août 2021 ?

– Tout simplement parce que pendant les deux mois que vous évoquez, les frontières étaient ouvertes et les professionnels ont pu travailler normalement. Nous avons donc estimé qu’il était plus juste de reprendre le versement des indemnités de septembre à décembre.

– Il y aura de nombreuses faillites que vous ne pourrez empêcher…

– Il y aura peut-être des faillites au Maroc comme dans n’importe quelle crise qui fait des dégâts, y compris dans les pays développés qui ont débloqué des milliards de dollars ou d’euros. Nous faisons tout pour l’éviter et aider le secteur à résister et à se relancer.

J’insiste sur le point que, comme pour toute crise, il faut saisir le moment pour se réinventer. C’est extrêmement important parce que quand tout va bien, on ne se pose pas de questions, mais au final, se réinventer permettra de développer notre potentiel touristique qui est largement sous-exploité.

Quand vous voyez qu’un pays comme le Portugal réalise plus de 20 millions de touristes par an et que les îles Canaries reçoivent plus de 10 millions de visiteurs, on voit bien que notre produit n’est pas encore assez développé.

Il convient par conséquent de préparer la relance qui ne passera pas uniquement par un travail promotionnel, mais aussi et surtout par le développement d’un nouveau produit.

– D’autres annonces pour le secteur de l’artisanat qui est également à l’agonie ?

– La semaine dernière, nous avons adopté un décret sur le statut de l’artisan, et nous signons un autre décret cette semaine qui va permettre d’identifier les artisans selon une nomenclature et de les inscrire dans le Registre national de l’artisan (RNA).

Cela va leur permettre par la suite de rejoindre la CNSS. Ce sont donc des actions concrètes et tangibles accomplies en seulement deux mois de mandat.

– Vous avez récemment participé à l’assemblée générale de l’OMT à Madrid. Quel a été l’enjeu de cette participation ?

– Notre objectif était de promouvoir le pays et de défendre la position que doit avoir le Maroc en tant qu’acteur du tourisme international.

– En d’autres termes pour rester dans le jeu…

– Exactement, car il ne faut pas oublier que nous nous étions désistés de l’organisation de cet événement qui devait se tenir à Marrakech un mois plus tôt.

– Un désistement incompris qui avait été très largement commenté par les opérateurs…

– Je vous l’accorde, mon rôle était donc de restaurer la confiance et c’est ce que je suis allée faire à Madrid. Ce fut l’occasion de rencontrer les grandes compagnies aériennes, de nombreux prescripteurs de voyages (TO) ainsi que des investisseurs de renom.

Tous les acteurs du tourisme international étaient présents, c’est la raison pour laquelle nous ne pouvions pas nous permettre d’être absents. Nous avons assumé notre décision d’annuler la tenue de l’assemblée générale de l’OMT à Marrakech, mais nous avons prouvé que nous étions toujours dans le jeu et que nous allions bientôt rouvrir nos frontières.

 – Avez-vous réussi à calmer la colère des acteurs étrangers comme la compagnie aérienne Ryanair qui a qualifié d’incohérente la politique aérienne du Maroc ?

– Oui. Je ne pense pas que la confiance soit brisée. Tout le monde sait que la situation est difficile et aucun pays ne peut se targuer d’avoir la solution miracle. Nous avons senti que nos interlocuteurs avaient hâte de reprendre leurs activités avec le produit Maroc. Nous avons examiné des pistes de réflexion avec certains opérateurs pour mettre en place des offres de voyages combinés en Europe, comme cela se fait beaucoup aux États-Unis.

Ainsi, dès l’ouverture de nos frontières, nous allons mettre en place ce genre de programmes pour attirer des voyageurs d’un marché très important en termes d’arrivées, comme celui du Brésil, par exemple, qui représente un potentiel de plus 200 millions de voyageurs.

– Pensez-vous que nos concurrents prennent des risques inconsidérés en gardant leurs frontières ouvertes ?

– Il est vrai qu’ils en profitent mais, encore une fois, chaque pays doit mesurer le risque encouru d’un point de vue sanitaire et budgétaire avant de procéder à ses arbitrages. Partant de là, il faut arrêter de nous comparer aux pays qui ont gardé ouvertes leurs frontières, car d’autres comme l’Australie les ont fermées depuis près de deux ans à leurs propres concitoyens.

Tout cela pour dire que personne ne prend des décisions de ce genre à la légère ou de gaieté de cœur, mais plutôt par obligation. On espère que cette crise va nous permettre de travailler sur des projets structurants pour préparer la relance et la réinvention du tourisme.

– N’êtes-vous pas inquiète pour la reconstruction du réseau aérien du Maroc ?

– Pas du tout, car j’ai parlé aux acteurs aériens et je sais qu’ils vont tous revenir dès que les frontières seront ouvertes. Mieux encore, nous comptons bien renforcer le réseau dès que possible.

– Si la crise devait s’achever à la fin du mois, quand le Maroc pourrait-il retrouver le niveau de 2019 ?

– Très rapidement ; je pense que nous pourrions revenir au niveau de 2019 à partir de 2023.

– Aussi vite que cela ?

– Absolument, que ce soit au niveau des arrivées, des nuitées ou même du réseau aérien. La raison est que nous avons des atouts très appréciés, sans compter la proximité de l’Europe. Dès que le Maroc ouvrira ses frontières, les touristes internationaux qui sont affamés de voyage reviendront en nombre.

Notre travail consistera donc à développer une offre qui plaira aux touristes de demain, qui ne sont pas ceux d’aujourd’hui ou d’avant la crise.

 

Notre stratégie se base sur ce que j’appelle les 3R. Trois étapes qui sont : résister, relancer et se réinventer

– Quid des opérateurs qui disent se trouver dans une situation financière extrêmement grave alors que votre département n’en a nullement conscience ?

– Dans ce cas, où vont tous les budgets de l’État qui ont été débloqués pour leurs employés, et très bientôt pour leurs crédits ?  En dehors de ces aides indirectes, je considère que nous ne pouvons à notre niveau que préparer l’avenir.

– On n’a pas vraiment l’impression que le tourisme fasse partie des priorités de ce gouvernement ?

– Je ne suis pas d’accord avec vous, car le gouvernement actuel est plus que conscient du fait que le tourisme est une véritable locomotive de croissance qui doit être encore exploitée. En effet, il y a plusieurs projets transversaux portés par le gouvernement, comme ceux de Awrach ou Forsa qui ne sont pas propres à un seul département et qui vont bénéficier à plusieurs secteurs, dont le tourisme et l’artisanat.

Beaucoup de gens pensent que le budget du tourisme est insuffisant, mais ce n’est pas le cas, car il faut y ajouter les budgets de l’ONMT, de la SMIT, ainsi que ceux des partenariats avec les régions ou des investisseurs privés.

Au final, c’est un budget très important dont bénéficie notre secteur.

– Si la crise devait se terminer au début de 2022, quel serait votre objectif d’ici la fin de votre mandat en 2026?

– Ce qui est sûr, c’est que je ne veux pas revenir aux 13 millions d’arrivées touristiques réalisées en 2019, car mon intention est plutôt d’atteindre 20 millions de touristes.

Cela passera par deux choses : la préparation d’un nouveau produit, et un travail de renforcement du réseau aérien qui comprendra de nombreuses nouvelles destinations.

En 2025, 50% des touristes seront des milléniaux à la recherche d’autres produits

En effet, le produit doit changer car, en 2025, 50% des nouveaux voyageurs seront des milléniaux à la recherche de culture, d’écotourisme, de développement durable…

Nous avons donc de nombreux projets que nous espérons mettre en œuvre très rapidement dans le tourisme rural, notamment dans les parcs nationaux. Au Maroc, nous avons dix parcs magnifiques que peu de gens connaissent et qui sont des sources totalement inexploitées.

Lors de mon voyage à Madrid, j’ai rencontré un grand opérateur spécialisé dans le développement des hébergements dans les parcs nationaux, des structures légères en harmonie avec la nature du type écolodge. Cet investisseur s’est d’ailleurs engagé à monter en moins d’un an un projet au Maroc, dès qu’on lui délivrera l’autorisation.

Je compte donc vraiment mettre l’accent sur ce type de projets, car je considère que c’est le tourisme de demain qui peut être opérationnalisé très rapidement.

– Pour cela, il faudrait que la crise se termine en 2022…

– Je l’espère, mais en réalité la crise ne se terminera que quand tout le monde sera vacciné.

D’autre part, nous comptons également développer le secteur de l’animation qui a encore du retard et qui est à l’origine d’un taux de retour de touristes étrangers beaucoup trop faible. À ce propos, nous venons de réorienter les budgets de la SMIT pour soutenir les TPME (Très petites et moyennes entreprises) qui se spécialisent dans le domaine de l’animation.

– Des exemples ?

– Cela peut être de la restauration, des petits musées de ville, des malls, des parcs à thèmes pour les enfants, et tout ce qui permet à un touriste de consommer et de s’occuper au lieu de rester enfermé dans une chambre d’hôtel ou autour de la piscine.

C’est une vraie priorité et, pour cela, nous venons de baisser le seuil des conventions d’investissement avec l’État, dans le domaine du tourisme de 100 millions à 50 millions de dirhams. En d’autres termes, le fait que le ticket d’entrée pour investir avec l’État ait baissé de 50% ne manquera pas d’élargir le champ aux investisseurs dans le secteur de l’animation.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons créé un Technoparc à Agadir qui sera un incubateur pour les TPME qui ont des idées innovantes et qui n’ont pas forcément besoin de gros capitaux.

De plus, nous allons également accorder des prêts d’honneur dans le cadre du programme Forsa pour des montants qui vont jusqu’à 100.000 dirhams pour le secteur de l’animation.

– N’ayant pas de solution miracle à la crise, votre rôle est donc de préparer le tourisme de demain…

– À la base, c’est la mission d’un ministre que de mettre en place une stratégie pour l’avenir, mais à titre personnel, je veux m’assurer que pendant mon mandat je verrai des projets se réaliser.

Je ne compte vraiment pas me limiter à sortir une énième stratégie qui restera sur le papier ou dans un tiroir lorsque j’aurai fini mon mandat.

– À quoi souhaiteriez-vous que votre nom soit associé dans le futur ?

– Par exemple, au chiffre de 20 millions d’arrivées et à plusieurs chantiers d’infrastructures achevés, mais en réalité le nombre de touristes est un bon indicateur pour savoir si vous avez réussi ou pas votre mandat.

Cela dit, il y a un bémol car tout dépendra de la durée restante de la crise sanitaire.

– Est-ce un avantage que la ministre actuelle des Finances ait été celle du tourisme dans le précédent mandat ? On a l’impression qu’aujourd’hui la sauvegarde des grands équilibres macro-économiques lui importe plus que le développement de ce secteur qu’elle défendait ardemment récemment encore…

– Notre collaboration est exemplaire et nous sommes soudées. Nous travaillons en bonne intelligence et avec beaucoup de plaisir avec tous les départements de ce gouvernement qui ont beaucoup de projets transverses. Personne n’essaie de tirer la couverture à lui, car au final nous avons les mêmes objectifs.

– Pensez-vous que c’était une erreur de vous retirer le département du transport aérien ?

– Je préfère avoir le transport aérien en face de moi pour défendre mes idées plutôt qu’avec moi, afin d’éviter d’avoir à faire des arbitrages qui pourraient aller à l’encontre de l’un ou l’autre des secteurs.

– Pour conclure, une annonce ou un mot pour les opérateurs privés ?

– Ma seule demande est qu’ils tentent de tenir bon, car nous allons les aider à préparer leur produit pour qu’ils soient prêts le jour de la réouverture, et de s’atteler à la reprise qui est imminente…

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