Harcèlement sexuel à l’Université de Settat : cinq professeurs comparaîtront devant la justice

Harcèlement sexuel, incitation à la débauche, discrimination basée sur le genre, violence psychologique... Telles sont les lourdes accusations portées à l'encontre de cinq professeurs de l'Université Hassan Ier de Settat. L'un d'entre eux, également accusé d'attentat à la pudeur avec violence, comparaîtra mercredi 8 décembre devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Settat. Le procès de ses collègues s'ouvrira la veille au tribunal de première instance de la ville.

Harcèlement sexuel à l’Université de Settat : cinq professeurs comparaîtront devant la justice

Le 6 décembre 2021 à 18h02

Modifié 6 décembre 2021 à 18h53

Harcèlement sexuel, incitation à la débauche, discrimination basée sur le genre, violence psychologique... Telles sont les lourdes accusations portées à l'encontre de cinq professeurs de l'Université Hassan Ier de Settat. L'un d'entre eux, également accusé d'attentat à la pudeur avec violence, comparaîtra mercredi 8 décembre devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Settat. Le procès de ses collègues s'ouvrira la veille au tribunal de première instance de la ville.

Le procès des cinq professeurs impliqués dans le scandale de harcèlement sexuel de l’Université Hassan 1er de Settat s’ouvre demain, mardi 7 décembre.

Quatre des cinq professeurs vont comparaître devant le tribunal de première instance de Settat. Le cinquième (M. M.), professeur d’économie, également accusé de harcèlement sexuel comme ses collègues, est le seul poursuivi pour « attentat à la pudeur avec violence ». Il comparaîtra le mercredi 8 décembre devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Settat.

Les quatre autres prévenus devront répondre, chacun en ce qui le concerne, de plusieurs chefs d’inculpation. Le président de la filière Économie et gestion (K. S.) est accusé de harcèlement sexuel et d’incitation à la débauche. Il est poursuivi en état de liberté provisoire, accordée contre une caution de 20.000 DH.

Également libéré sous caution (50.000 DH), le coordonnateur du master Finances publiques (M. B.), devra répondre des mêmes chefs d’inculpation, en plus de la « discrimination basée sur le genre » et de « violence sur une femme par une personne ayant autorité sur elle ». Idem pour un professeur d’histoire de la pensée politique (A. M.) qui, lui, a été placé en détention préventive.

Poursuivi pour les mêmes faits, le président de la filière de Droit public (M. A. K.) devra également répondre d’ « abus de pouvoir », « outrage à la police judiciaire par la dénonciation d’une infraction que l’on sait ne pas avoir existé » et « falsification d’un document délivré par l’administration de la faculté ».

Des alertes lancées depuis 2016

Cette affaire qui secoue l’Université Hassan 1er, et qui a mené à la démission du doyen de la faculté, a éclaté début décembre. Mais l’enquête de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) avait été lancée plusieurs mois auparavant.

Selon Mohamed El Omari, président du Réseau marocain des droits humains à Ben Ahmed, « l’enquête de la BNPJ a duré près de sept mois au sein de l’université. Elle a conduit à l’arrestation de ces cinq professeurs, même si nous sommes convaincus que d’autres éléments doivent encore être dévoilés ».

Joint par Médias24, le président du réseau, qui compte se constituer partie civile dans le cadre de cette affaire, afin de « représenter les victimes », affirme que le Réseau marocain des droits humains n’a cessé d’alerter sur la situation depuis 2016.

« Ce sont les étudiants sérieux qui pâtiront le plus de cette affaire »

« C’était une bombe à retardement qui a fini par exploser, qui nuit désormais à la réputation de l’université et impacte négativement l’avenir des étudiants dont les diplômes seront remis en question tant au niveau des concours de master et de doctorat, qu’au niveau des recrutements. Nous sommes convaincus que d’autres éléments doivent encore être exposés au grand jour et continuons d’alerter dans ce sens », indique Mohamed El Omari.

Selon lui, « ce sont les étudiants sérieux qui ont travaillé dur pour valider leurs modules et obtenir leurs diplômes qui pâtiront le plus de cette affaire. Certains parents n’auront plus confiance en l’institution et risquent de refuser que leurs enfants y poursuivent leurs études », déplore-t-il.

C’est également ce que regrette El Kbir Meshali, professeur vacataire au sein de la faculté des sciences juridiques et politiques de Settat. Joint par Médias24, il estime que « l’intérêt de l’université passe avant tout. Sa réputation, la valeur de ses diplômes et les compétences de ses lauréats seront remises en question à cause de cette affaire, qui ne constitue pas un cas isolé et nuit à une multitude d’étudiants, notamment des doctorants qui se retrouvent désormais sans encadrants ».

« Tous ces professeurs encadraient des étudiants, notamment dans le cadre de thèses de doctorat. Maintenant qu’ils font l’objet de poursuites judiciaires, et pour certains, sont en détention, leurs étudiants sont perdus, puisque d’autres professeurs refusent de les encadrer », poursuit le Pr Meshali.

En effet, outre leur rôle d’enseignant, certains des prévenus occupaient des « postes clés », notamment les présidents de filière, dont la signature et la présence sont indispensables pour valider ou soutenir une thèse ou un mémoire.

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