Chariot Oil & Gas : le résultat final de son forage sera connu à la fin du mois de janvier

La société Chariot s'apprête à lancer durant quarante jours un forage d’appréciation des réserves offshore du puits Anchois 1. Sachant que le terme de cette période sera déterminant, un expert a commenté pour Médias24 les différents scénarios autour de son potentiel gazier dont les données seront connues en janvier 2022.

Chariot Oil & Gas : le résultat final de son forage sera connu à la fin du mois de janvier

Le 6 décembre 2021 à 17h48

Modifié 28 décembre 2021 à 9h46

La société Chariot s'apprête à lancer durant quarante jours un forage d’appréciation des réserves offshore du puits Anchois 1. Sachant que le terme de cette période sera déterminant, un expert a commenté pour Médias24 les différents scénarios autour de son potentiel gazier dont les données seront connues en janvier 2022.

Après avoir récemment signé un contrat avec la société de forage offshore Stena Drilling pour utiliser sa plateforme de forage Stena Din, l’entreprise d’exploration pétrolière et gazière Chariot démarrera, dans les prochains jours, un forage d’appréciation du puits Anchois 1 de son permis Lixus situé au large de Larache.

Cette opération censée durer quarante jours devra confirmer le volume de ressources gazières, potentiellement évaluées à 28 milliards de mètres cubes (m3), évaluer la qualité du réservoir et la productivité du puits, mais aussi de l’élargir à d’autres éventuelles découvertes de gaz naturel extractible et commercialisable.

La confirmation des réserves commercialisables coûtera 20 à 80 millions de dollars

Sollicité par Médias24, un expert indépendant en exploration énergétique nous apprend que le forage entrepris par la société anglaise est un processus d’appréciation à même de préciser la quantité de gaz qui pourra être extraite, avant son traitement puis sa commercialisation à travers le branchement au gazoduc GME.

« La décision de forer en haute mer n’a pas été prise à la légère car le ratio de comparaison du coût d’un forage onshore et offshore va de 1 à 5, voire parfois de 1 à 10.

« Pour donner un exemple concret, la seule location du derrick qui soutient le dispositif de forage et du trépan qui casse les roches du plancher marin revient à plus de 600.000 de dollars par jour. »

Sur le coût total du forage, notre interlocuteur avance une fourchette allant de 20 à 80 millions de dollars, en cas d’aléas météorologiques et de difficultés d’accès aux fonds marins qui, le cas échéant, ne manqueront pas d’allonger le délai de forage fixé au départ à quarante jours.

« Cela dit, le coût de revient final dépendra aussi des conditions commerciales et financières que la société a été capable de négocier avec ses fournisseurs de services, comme le géant des services pétroliers Halliburton dans le cas de Chariot », explique notre source qui considère que le futur forage est plus que prometteur.

400 millions de m3 de gaz promis chaque année à un client étranger

En effet, la société anglaise a déjà signé un contrat de vente de gaz pour une durée de vingt ans avec un client étranger pour lui fournir 40 millions de pieds cubes par jour, soit 1.2 milliard par mois, et 14,4 milliards de pieds cubes par an. Cela correspond à 33 millions de m3/mois et 400 millions de m3 pour une année entière.

Un total proche des quantités promises par son concurrent Sound Energy à l’ONEE, à qui la société devra livrer entre 300 et 350 millions de m3 par année durant dix ans.

Sachant que l’accord d’association entre l’ONHYM (25%) et les opérateurs étrangers (75%) prévoit de vendre le gaz découvert au Maroc à des clients locaux, notre interlocuteur ne manque pas de relever « une politique de deux poids, deux mesures » entre la société Chariot et Sound Energy.

Une fois l’opération effectuée, Chariot Oil and Gaz devra dévoiler tous ses résultats, car c’est une obligation liée à la cotation de leur titre à la Bourse de Londres.

Un forage d’appréciation qui déterminera la quantité de gaz commercialisable

« Sachant que le puits Anchois 1 creusé en 2009 par la société Repsol a donné des résultats provisoires très prometteurs, et qu’un communiqué de l’opérateur britannique datant de septembre 2020 a révélé qu’il fallait augmenter de 148% les estimations précédentes, le forage d’appréciation s’imposait. »

Forte de ses estimations très encourageantes, Chariot a réussi à mobiliser des investisseurs qui devront débourser au total 50 millions à 100 millions de dollars pour financer ce projet qui, au regard des risques financiers, a semble-t-il de fortes chances de s’avérer rentable rapidement.

Cinquante jours pour être fixé définitivement

À la question de savoir à quel horizon la société sera en mesure d’estimer de manière précise le potentiel gazier, l’expert affirme qu’un forage d’appréciation donne des résultats fiables, mais qu’il faut y ajouter une période complémentaire de calculs et d’interprétations des données recueillies après le creusement.

Ainsi d’après lui, après quarante jours de forage et environ dix jours d’études techniques, Chariot devra communiquer les résultats finaux de son forage par la voie d’une annonce sur le marché boursier.

« Au final, soit le gisement va s’avérer sans intérêt et renvoyer les géologues à leurs calculs pour revoir leurs hypothèses, soit ils obtiendront des résultats en ligne avec leurs attentes, ou enfin une quantité de gaz commercialisable au-dessus de leurs estimations », conclut notre interlocuteur pour qui l’entreprise anglaise sera vraiment fixée d’ici la fin du mois de janvier.

« En cas de confirmation de ses réserves, le puits Anchois pourrait être le plus important de toute l’histoire de l’exploitation gazière du Maroc »

Rappelons que selon une source autorisée de l’ONHYM, la confirmation d’un potentiel exploitable de 28 milliards de m3 de gaz naturel serait une excellente nouvelle.

En effet, dans toute l’histoire de l’exploitation gazière et pétrolière du Royaume, aucune société d’exploration nationale ou étrangère n’a jamais été en mesure de confirmer une découverte aussi importante en termes de volume gazier.

A ce propos, Adonis Pouroulis, acting CEO de Chariot, avait d’ailleurs déclaré que « cet actif de Lixus a la capacité d’être un projet de valeur ajoutée et, à long terme, d’importance nationale pour le Maroc » et que « si son potentiel devait se confirmer, il serait d’une échelle suffisante pour fournir au secteur électrique marocain un approvisionnement propre, fiable, à faible coût et durable de gaz, pour les décennies à venir ».

A lire aussi


Les dernières annonces judiciaires
Les dernières annonces légales

Communication financière

IMMOLOG : Indicateurs du 4ème trimestre 2020

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.