RAM : l’arrêt de 15 jours du trafic international va infliger une perte d’au moins 750 MDH

Avec la fermeture des frontières aériennes, moins de 10% des avions de la RAM continueront à desservir le Maroc. Selon une source fiable, la baisse d’activité internationale, durant ces deux semaines de suspension, privera la compagnie de recettes estimées à 750 MDH, et de plusieurs milliards de DH si elle est reconduite.

RAM : l’arrêt de 15 jours du trafic international va infliger une perte d’au moins 750 MDH

Le 30 novembre 2021 à 18h24

Modifié 30 novembre 2021 à 18h35

Avec la fermeture des frontières aériennes, moins de 10% des avions de la RAM continueront à desservir le Maroc. Selon une source fiable, la baisse d’activité internationale, durant ces deux semaines de suspension, privera la compagnie de recettes estimées à 750 MDH, et de plusieurs milliards de DH si elle est reconduite.

Si la décision des autorités de suspendre le trafic aérien international du Maroc est censée être réexaminée dans quinze jours, il n’en demeure pas moins qu’elle aura un lourd impact sur les finances de la compagnie aérienne ; d’autant que cette dernière risque de devoir faire face à une nouvelle prolongation de cette suspension.

Des pertes comprises entre 600 MDH et 1 MMDH et une méthode de calcul tenue secrète

Sollicitée par Médias24, la direction s’est refusée à tout commentaire sur ses futures pertes, déclarant qu’il était encore trop tôt pour procéder à une estimation financière de son manque à gagner.

Devant notre insistance à vouloir chiffrer les pertes engendrées par l’arrêt total du trafic international, une source fiable requérant l’anonymat nous a révélé que la méthode secrète de calcul était très simple, en pareil cas de figure.

« En fait, l’ordre de grandeur retenu pour une journée de grève de pilotes qui desservent habituellement des destinations internationales est de plus ou moins 50 millions de dirhams (MDH) par jour, soit un minimum de 750 MDH pour les quinze jours de suspension des vols entre le Maroc et des pays étrangers », explique notre source.

« Sachant que ce chiffre quotidien n’est qu’une estimation approximative qui dépend de plusieurs facteurs (haute saison, rotations, gros ou moyen porteur…), et qu’en réalité il est compris entre 40 et 75 MDH par jour, les véritables pertes oscilleront plutôt entre 600 MDH et un peu plus d’1 milliard de dirhams », précise notre source.

« C’est beaucoup d’argent, en particulier dans un contexte de crise qui s’éternise ; et si les autorités décident de reconduire le blocus aérien, le trou sera sûrement plus important pour les finances de la RAM », ajoute-t-elle.

Un manque à gagner de 2 MMDH, en cas de prorogation du blocus aérien

Selon lui, en cas de prolongation de la suspension pour quinze autres jours, coïncidant avec les fêtes de fin d’année où le trafic international est beaucoup plus important, le manque à gagner sera d’au moins 2 milliards de dirhams pour les trente jours de suspension.

En effet, après presque deux années de Covid qui ont empêché les déplacements des voyageurs, la RAM s’attendait pour les fêtes à une véritable explosion des arrivées au Maroc, en particulier vers la ville de Marrakech.

Sachant que la période du 26 décembre au 2 janvier constitue habituellement une part non négligeable de son chiffre d’affaires annuel, la compagnie publique aurait mobilisé l’intégralité de sa flotte, et même loué des aéronefs pour satisfaire la très forte demande, comme durant l’été dernier.

Réaliste, notre interlocuteur confie toutefois, que malgré les critiques des opérateurs aériens (RAM et étrangers), une éventuelle prolongation de la décision gouvernementale serait tout à fait compréhensible.

« Il n’y a pas moyen de faire autrement, car soit on protège le pays, soit on revient à la case départ ; de ce fait, les dégâts sur le tourisme et la RAM restent anecdotiques face à la protection sanitaire qui s’impose. Il serait stupide de perdre l’avantage sanitaire du Maroc, qui a coûté beaucoup d’efforts et d’argent en privilégiant les intérêts financiers de la compagnie publique qui se relèvera d’une manière ou d’une autre », explique-t-il.

Notre source conclut en laissant entendre qu’il ne faut pas s’inquiéter pour l’avenir ou la survie du pavillon national qui bénéficiera toujours de la protection financière de l’État.

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