Tourisme: après la levée du couvre-feu, la profession espère de nouveaux allègements
Après l’annonce de la levée du couvre-feu, Médias24 a sollicité les réactions de la ministre du Tourisme et du président de la CNT. Hamid Bentahar espère d’autres assouplissements. Quant à Fatim-Zahra Ammor, elle n’exclut pas un retour à la vie quasi normale d’ici fin décembre, si la situation continue à s’améliorer au Maroc et à l'étranger.
Très attendue par les restaurateurs et hôteliers qui proposent des spectacles ou des concerts de musique, la levée du couvre-feu annoncée mardi 9 novembre a, pour une fois, suscité les mêmes espérances du côté du secteur public comme du privé. Pour s'en convaincre, Médias24 vous confie les réactions de la ministre et du président de la CNT.
« La profession espère que ce n’est qu’un début qui sera suivi d’autres bonnes nouvelles »
Visiblement satisfait de cette décision dont « l’impact se fera surtout sentir sur l’activité de la restauration », le président de la Confédération nationale du tourisme (CNT) espère toutefois que, d’ici les fêtes de fin d’année, la profession sera autorisée à ouvrir toute la nuit, comme avant mars 2020.
"Nous souhaitons que cette annonce ne soit qu’une première étape vers la levée de toutes les restrictions relatives aux horaires des lieux d’animation (spectacles, concerts …) pour les personnes doublement vaccinées.
"La dynamique actuelle de vaccination doit s’accompagner d’une levée progressive des dernières mesures, car nous devons changer de paradigme en acceptant de vivre avec le virus."
« Prochaine étape, la fin de la limitation du nombre de participants ? »
"Pour reprendre une vie normale, il convient bien évidemment de conserver les gestes barrières dans les espaces d’animation artistique et culturelle, et d’événementiel d'entreprise et institutionnel.
"L'objectif étant de pouvoir organiser progressivement des séminaires de 300 à 400 participants - qui devront encore une fois être doublement vaccinés - contre à peine 50 aujourd’hui. En effet, il faut rappeler que ce type d’événement, qui constitue une bonne partie de l’activité hôtelière, est organisé pour des clients locaux.
"Sachant que 50% du tourisme national vient du segment MICE (meeting, incentives, conferencing, exhibitions), un taux de présence plus important autorisé serait vraiment opportun pour booster le secteur touristique", souligne le président de la CNT.
Aucune réaction des TO étrangers, toujours aussi méfiants vis-à-vis du Maroc
Concernant un éventuelle réaction positive ou rassurante des tour opérateurs étrangers après l'annonce de la fin du couvre-feu, Bentahar déclare qu’en réalité leurs attentes et préoccupations tournent uniquement autour d’une éventuelle levée rapide de la suspension récente des vols vers la Grande Bretagne, les Pays-Bas et l’Allemagne.
En effet, l’ensemble de nos partenaires étrangers attendent impatiemment cette réouverture, car la fermeture des trois pays a gravement impacté nos arrivées françaises (premier marché émetteur), ainsi que les autres marchés devenus méfiants quant à un éventuel blocage de leurs ressortissants une fois arrivés au Maroc."
Changer de paradigme pour laisser le secteur travailler
"Si la profession se réjouit de la levée du couvre-feu, les autorités doivent toutefois continuer sur leur lancée en accélérant le rythme des ouvertures aériennes, lever toutes les restrictions pour les personnes doublement vaccinées, ouvrir les frontières et enfin autoriser les événements artistiques et culturels.
"Àinsi à partir du moment où nos clients seront doublement vaccinés, le secteur pourra mieux travailler quitte à ajouter un test à l’entrée des grands événements qui réunissent des centaines de participants", conclut Bentahar pour qui "la politique du yo-yo" (ouvertures-fermetures) a fait beaucoup de mal à la profession.
« La fin du couvre-feu va booster le secteur de la restauration »
Tout en se disant très optimiste sur l’impact positif de la fin du couvre-feu, la ministre du Tourisme nous déclare qu’il convient cependant de rester prudent, car le secteur touristique évolue actuellement sur un terrain miné.
"Dans un premier temps, la fin de l’horaire de fermeture à 23 heures va permettre aux restaurateurs de relancer leur activité. En effet, l’arrêt du couvre-feu a une dimension psychologique très importante, car les Marocains vaccinés ont besoin de retrouver leurs quartiers et leurs sorties"
« Une décision qui fera le bonheur des nationaux et accélérera le retour des étrangers »
"Par conséquent, la levée de cette contrainte ne manquera certainement pas d’encourager une véritable reprise du tourisme domestique, mais également un retour des touristes étrangers.
"En effet, voyager dans un pays avec un couvre-feu nocturne était un handicap pas très folichon.
C’est donc une énorme étape, et si l’on voit que la situation sanitaire reste toujours aussi bonne, nous espérons que d’ici les fêtes de fin d’année, la destination Maroc retrouvera une vie quasi normale", souhaite la ministre.
« Pas de levée d’autres mesures restrictives sans discipline constante »
Pour cela, il faudra cependant que les conditions sanitaires soient strictement respectées par les touristes comme la jauge de présence et le port du masque, autant de précautions qui restent nécessaires pour éviter une nouvelle flambée de contaminations.
"En effet, le seul moyen de retrouver une vie normale comme il y a deux ans est que tout le monde accepte d'y mettre du sien en restant disciplinés.
"Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à constater que les pays européens où les cas sont en train de flamber sont ceux qui se sont relâchés en abandonnant les précautions", prévient la ministre de tutelle du secteur.
« L’évolution de la situation sanitaire déterminera la date de la fin des suspensions aériennes »
Interrogée sur la date de reprise des lignes aériennes récemment suspendues, décision qui aurait selon les opérateurs découragé de très nombreux étrangers, et notamment français, à se rendre au Maroc, Ammor affirme qu’il n’y a pas eu de baisse des réservations.
"Pour l’instant, les choses se passent plutôt bien et au regard de la situation sanitaire anglaise en termes de nouveaux cas, nous avons eu plus que raison d’être prudents en suspendant ces lignes à risque.
"Pour ce qui est de mettre fin à la suspension de ces vols, tout dépendra de l’évolution épidémiologique dans ces trois pays (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne) et ce n’est qu’à partir de là que le Maroc réagira en conséquence le moment idoine", conclut la ministre qui affirme préférer prévenir que guérir.
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