Automobile : Opel envisage de délocaliser sa production au Maroc (médias allemands)
Selon la presse allemande, Stellantis, société-mère de Opel, a l’intention de déplacer les emplois de son usine de Rüsselsheim au Maroc. Si le constructeur n’a pas confirmé cette information, le syndicat IG Metal a révélé que ses employés, qui coûteraient trop cher, ont été invités à rechercher un autre emploi. Une annonce qui vient juste après celle du renforcement de son partenariat avec le Maroc.
A la une de la presse allemande, la menace du constructeur européen Stellantis de délocaliser au Maroc, vers le site de Kénitra où il est déjà implanté, la production et les emplois de l’usine de Rüsselsheim qui fabrique des véhicules Opel fait beaucoup de bruit en Allemagne.
Des menaces verbales de la direction pour préparer le terrain à un transfert d’activité vers le site de construction automobile de Kénitra
Révélée par une lettre du comité d’entreprise géré par le syndicat IG Metal, qui dit craindre la fin de la production nationale et de la marque Opel en Allemagne, l’information fait état de menaces de la direction des ressources humaines proférées lors d’entretiens avec des ingénieurs en développement.
Des menaces verbales leur enjoignant de trouver un emploi chez un autre constructeur sous prétexte qu’ils reviendraient beaucoup trop cher à l’entreprise, laquelle n’a fait aucun commentaire depuis.
Cette lettre s’appuie sur "un faisceau d’indices croissants qui montrent une réorganisation imminente de Stellantis, mais aussi dans certains domaines une réorganisation illégale qui est déjà en cours de mise en œuvre", sans que les représentants des salariés n’en aient été informés préalablement comme l’exige pourtant la loi.
Les syndicats du constructeur ne comptent pas se laisser faire
De plus, alors que la maison mère a annoncé récemment son intention de séparer les usines de Rüsselsheim et d’Eisenach du groupe Opel Gmbh pour qu’elles passent sous la tutelle de Stellantis Pays-Bas, les syndicats ont accusé la direction de préparer une restructuration de leur activité vers le Maroc.
Considérant que leurs droits ont été violés, plusieurs démarches juridiques ont été engagées par les représentants syndicaux des employés pour empêcher toute délocalisation des usines menacées.
Les politiciens allemands vent debout pour faire plier Carlos Tavares
L’affaire a d’ailleurs pris tellement d’ampleur que plusieurs dirigeants politiques des gouvernements régional et fédéral ont demandé au PDG du groupe Stellantis, Carlos Tavares, de s’expliquer sur l’avenir des usines Opel en Allemagne et sur les rumeurs croissantes de délocalisation de la production au Maroc.
Sachant que l’ex-président du groupe Peugeot PSA a été à l’origine de l’installation en 2014 du constructeur français sur le site de Kénitra, et qu’il est devenu en janvier 2021 le premier patron du groupe multinational Stellantis (fusion entre Peugeot PSA et Fiat Chrysler Automobiles), il est possible que Tavares compte bien préparer une délocalisation progressive des usines Opel vers le Maroc.
Une délocalisation des véhicules Opel, pain bénit pour le Maroc
Un scénario d’autant plus crédible que Stellantis vient de renforcer sa présence au Maroc après avoir signé avec les autorités marocaines, le 2 septembre dernier, un nouvel accord de partenariat industriel.
En effet, le désormais ancien ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy et Stellantis (ex-PSA) avaient signé un nouvel amendement de la convention de partenariat industriel, conclue en 2015, où le groupe s'était engagé à porter son sourcing local de 6 milliards de DH à plus de 31 MMDH en 2025. Il s'était par ailleurs engagé à recruter 3.000 ingénieurs et techniciens supérieurs dès 2022, qui viendraient s’ajouter aux 2.500 existants à l’usine de Kénitra.
De plus, l'annonce de la production de son nouveau véhicule électrique "l’Opel Rocks-e" dans l’usine de Kénitra, aux côtés de la Citroën AMI, est également un signe que Stellantis compte bien délocaliser à terme l’ensemble de la production des véhicules Opel vers le Maroc.
Au final, qu’il y ait délocalisation ou pas, le Maroc ne peut que se réjouir d’être en tête de liste des choix de prédilection des grands constructeurs, alors qu’il y a moins de dix ans, le pays était pratiquement inconnu sur la carte mondiale des écosystèmes automobiles.
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