De la sociologie au digital, le parcours de Zakaria Chelouati, candidat du PSU à Salé
Tête de liste du PSU à l’arrondissement de Sala al-Jadida, Zakaria Chelouati, 36 ans, se présente pour la première fois aux élections. Ses ambitions n’ont d’égales que l’ardeur qui l’anime lorsqu’il évoque le quartier slaoui où il a grandi. Round up.
"Dans le quartier où j’ai passé toute mon enfance, il n’y a pas ou trop peu d’infrastructures sportives ou culturelles qui puissent accueillir les jeunes. Les maisons de jeunesse sont délabrées, les bibliothèques sont inexistantes. Comment, dès lors, faire barrage à la tentation de la délinquance ?", raconte Zakaria Chelouati.
Ayant suivi son parcours scolaire dans des écoles françaises à Rabat, et sa construction sociale dans les quartiers de Salé, Zakaria vivait entre deux mondes aux frontières hermétiques qu’il était l’un des rares à pouvoir traverser.
L’intervalle qui sépare les deux communautés et la nature des interactions avec les individus qui les composent ont forgé, chez lui, un embryon de conscience politique.
Il faut dire que ce jeune natif de la ville de Laâyoune, d’un père pilote de chasse et d’une mère enseignante dans le secteur public, tous deux aujourd’hui à la retraite, a grandi à l’écart de la politique. « A la maison, on ne parlait jamais de politique. Personne d’ailleurs, hormis moi, ne s’est jamais rendu aux urnes. En revanche, nous avions constamment des débats, parfois endiablés, sur les problématiques sociales auxquelles le Maroc était confronté », se remémore Zakaria Chelouati.
Sans doute, cela a-t-il déteint sur le choix de ses études universitaire. Zakaria s’est ainsi inscrit en cours de sociologie et psychologie à l’université de Toulouse.
Diplôme en poche, il bifurqua dès son retour au Maroc vers des études en marketing et communication à l’IIHEM, sanctionnées par l’obtention d’un bachelor.
Parallèlement membre de l’AIESEC, Zakaria a été élu en 2010 président de la section en République dominicaine, où il vivra près d’un an. « Mon arrivée a coïncidé avec le violent séisme qui a frappé Haïti. Nous nous sommes mobilisés pour venir en aide aux populations sinistrées, dans des zones parfois impossibles d’accès sauf à d’os d’ânes. Cette expérience m’a beaucoup marqué. »
De retour au Maroc, Zakaria a débuté sa carrière professionnelle dans l’événementiel, où il a pris part à l’organisation de nombreuses manifestations culturelles, artistiques et économiques prestigieuses, avant d’être approché par l’agence publicitaire internationale James Walter Thompson.
Aujourd’hui, il est responsable de la planification stratégique au sein d’une entreprise spécialisée dans la communication digitale. « J’ai découvert ma passion ! » dit-il avec entrain.
Une passion qu’il n’hésite pas à mettre à profit dans son engagement politique, quoique relativement récent. « Cela fait 8 mois que j’ai rejoint le PSU, et le charisme de la secrétaire générale du parti Nabila Mounib y est pour beaucoup. Sa façon de dire les choses sans concessions, sans ménagements, au risque parfois de perdre en popularité, je m’y suis retrouvé. Il faut des personnes pour bousculer le confort établi des élites, sans quoi, nous risquons de rester dans la même boucle défaitiste indéfiniment. »
En tout cas, s’agissant de la campagne électorale en cours, le recours massif aux réseaux sociaux révolutionne déjà la communication des partis. « Le digital offre une transparence qui met aujourd’hui tous les candidats sur le même pied d’égalité. Certes, les moyens financiers permettent d’atteindre une plus large audience, mais en tant que spécialiste du digital, je peux vous garantir qu’il est possible d’optimiser la portée du message qu’on souhaite transmettre. Un bon ciblage permet de changer les règles du jeu ! » estime le jeune candidat.
A l’origine, l’engouement de Zakaria Chelouati pour l’action politique trouve son essence dans ce qui l’a tourmenté jeune et qu'il se sent désormais prêt à combattre grâce à la lueur d’espoir que lui offre le parti de la bougie : les écarts sociaux.
D’ailleurs, sa priorité est de réformer l’éducation, au sens large, allant de la scolarisation à la citoyenneté, qu’il considère comme pilier de l’égalité des chances dans un Maroc qui aspire au progrès. Le deuxième axe prioritaire aux yeux de Zakaria Chelouati est la remise à niveau des infrastructures publiques. « Des infrastructures de base qui respectent la dignité de l’individu sont une base propice au développement du citoyen. »
Pour sa campagne électorale, Zakaria compte sur le soutien de bénévoles qui, à l’instar du candidat, aspirent à un Maroc plus inclusif.
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