L'AEFE annule la “commission d'exonération” du pôle Rabat-Kénitra, désaccord de parents d'élèves
Les parents des élèves non français du pôle Rabat-Kénitra ont exprimé leur déception suite à l'annonce par l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) d’annuler la "Commission d’exonération" au sein du groupement de gestion du pôle.
"A leur grande surprise, les parents ont reçu cette semaine un courrier de la Cheffe du pôle, Najat Delpeyrat, pour les informer que la réglementation impose la mise en œuvre d’une caisse de solidarité aux fins de pallier aux difficultés financières que peuvent rencontrer certaines familles en cette période de pandémie et de crise économique et que le financement de cette caisse repose sur la contribution volontaire de chacun", indiquent l'association des parents indépendants (API) et l'Association de parents d'élèves de Kénitra (APEK) dans un communiqué.
"En pleine crise économique, pourquoi est‐ce une approche mercantile sous couvert de bonnes intentions ?", s’interrogent les deux associations, estimant que "cette décision unilatérale est une nouvelle expression de l’abandon par l'AEFE des derniers mécanismes qui distinguent encore les valeurs de solidarité prônées par l’école de la république au profit des approches mercantiles".
Dans ce sens, les présidents de l’API et de l’APEK, Abdelahad Lamrani et Tawfik Fechtali ont adressé un courrier conjoint à Olivier Brochet, directeur de l’AEFE, pour exprimer leur "profond désaccord".
A travers cette lettre, les parents expriment leur "déception que de tels agissements puissent se faire malgré cette période de restrictions qui se poursuit, d’autant plus qu’ils ont eux-mêmes fait beaucoup d’efforts, pour continuer d’honorer leurs engagements, soutenant ainsi le réseau tout au long de la période Covid".
En qualité de leurs représentants, "nous sommes tenus de vous informer que les parents sont fatigués d’être traités de la sorte, subissant les démarches descendantes habituelles à l’AEFE, ignorant ses engagements de concertation, et faisant fi des recommandations gouvernementales quant à la nécessité de consolider et développer le réseau avec une implication des parents", ajoute la missive .
"Les parents sont épuisés de voir sacrifiée la confiance et les quelques derniers mécanismes qui distinguaient encore l’honneur et la solidarité de l’école de la république", indique-t-on.
La lettre relève que les parents "sont choqués de voir apparaître à un moment particulièrement inopportun une décision de retrait de soutien, en pleine crise sanitaire, alors que certaines familles se retrouvent en difficulté financière", notant que "leur immense majorité a pourtant jusqu'à présent montré de la résilience et de la solidarité envers le réseau et son développement dans le monde".
"Nous espérons, et savons que nous trouverons en votre personne une écoute attentive, et une réelle bienveillance dans le traitement de ce sujet particulièrement important aux yeux des parents”, poursuit la missive des deux présidents à l'attention du directeur de l'AEFE, estimant qu'il s’agit "d'appliquer au réel, des valeurs humanistes et d’entraide, si chères à la France et au Maroc".
(Avec MAP)
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