Le ministère public saisi pour mettre fin à la vente de médicaments sur internet
Plusieurs réunions ont été tenues, entre la direction de la Pharmacie et du médicament (DMP) et le ministère public, permettant d'enclencher un processus pour mettre fin à la vente illégale des médicaments, sur internet, notamment les réseaux sociaux.
Le ministère public a été saisi pour sévir contre toute opération de vente illicite de médicaments sur internet, notamment les réseaux sociaux.
Les pharmaciens d'officine mènent, depuis des mois, une lutte acharnée contre la vente des médicaments, en dehors de la pharmacie, notamment sur internet. Les ventes des médicaments sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes internet ont, en effet, proliféré.
Le Conseil Régional des pharmaciens d'officine du sud, soutenu par la fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, ont saisi le ministère de la santé, à travers la direction du médicament et de la pharmacie (DMP).
Le ministère public appelé à la rescousse
"La DMP a répondu, favorablement, aux demandes des pharmaciens. Le ministère de la Santé et le ministère public ont tenu plusieurs réunions à ce sujet. Un processus a été enclenché pour mettre fin à toutes ces pratiques illégales", nous confirme une source à la fédération nationale des syndicats des pharmaciens.
"Nous avons commencé un travail de collaboration très interessant avec la DMP et le ministère public qui a abouti à un projet de circulaire qui doit être adressée aux procureurs du royaume concernant le circuit illicite de vente de médicaments et de produits de santé qui sont définis par la loi 17-04. Je tiens, à ce titre, à remercier le ministère public qui porte un très grand intérêt à ce problème", nous précise Saadia Moutaouakkil, présidente du Conseil Régional des pharmaciens d'officine du sud.
L'objectif de cette démarche est de contrer les circuits illicites de vente des médicaments, des produits de santé et des dispositifs médicaux stériles qui constituent le monopole de la pharmacie d'officine.
En effet, selon l'article 30 de la loi 17-04, portant code du médicament et de la pharmacie, la vente des médicaments, les objets de pansement, produits et articles à usage médical figurant à la pharmacopée, les objets de pansement, produits et articles à usage médical présentés sous une forme stérile, les laits ainsi que les aliments lactés diététiques pour nourrissons et les aliments de régime destinés aux enfants de premier âge, sont réservées exclusivement aux pharmaciens d'officine.
"Je tiens à souligner que la majorité des médicaments en vente sur internet sont des médicaments contrefaits", avertit la présidente du Conseil Régional des pharmaciens d'officine du sud.
Le législateur a fixé un circuit précis pour la distribution et la commercialisation des médicaments et des produits de santé afin d'en assurer la traçabilité et donc la qualité et éviter toute contrefaçon, qui serait dangereuse pour les citoyens.
Plainte déposée contre des publicités filmées de médicaments
Les pharmaciens mènent, également, une bataille contre les actions de publicité illégale de médicaments.
Ces publicités sont diffusés sur les réseaux sociaux par des personnes qui se présentent comme influenceuses, donnant des conseils et astuces à leurs abonnés. Certaines de ces publicités sont filmées à l'intérieur même de pharmacies.
Sur ce registre, le conseil régional des pharmaciens d'officine du sud a saisi directement le ministère public à deux reprises, en février et en mars 2021, pour demander l'ouverture d'enquête judiciaire et prendre les mesures qui s'imposent.
Le conseil "a constaté des vidéos sur des médicaments et des produits pharmaceutiques enregistrées à l'enceinte de certaines pharmacies et diffusées sur des réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Tik Tok) et que, souvent, ces vidéos véhiculent de fausses informations et donnent des conseils dangereux qui peuvent nuire à la santé des citoyens, en plus de proposer des utilisations hors AMM de certaines spécialités", lit-on dans le courrier, adressé au ministère public.
"Dans ces vidéos, on voit des vendeurs ou des vendeuses en pharmacie qui font de la publicité à des médicaments. Ils donnent des conseils vraiment dangereux et qui n'ont rien à voir avec l'Autorisation de Mise sur le Marché accordée au médicament. Cela s'apparente à de l'exercice illégal de la pharmacie et de la médecine", nous explique Saadia Moutaouakkil qui précise que le Conseil a également saisi les ministères de la santé et de l'intérieur pour le même sujet. Une inspection a été faite au niveau d'une pharmacie à Temara suite aux écrits du Conseil régional des pharmaciens.
Les vidéos sont également nombreuses sur les réseaux sociaux, vantant les vertus de certains médicaments, pour des usages autres que ceux pour lesquels ils doivent être prescrits.
"Pour les publicités des médicaments sur les réseaux, ce dossier a été transféré par le président du ministère public au procureur. Nous suivons le dossier de près avec notre avocat", précise notre interlocutrice.
La publicité des médicaments est fortement réglementée. Elle est détaillée au niveau de la Section IV de la loi 17-04. L'article 41 de cette loi dispose : "La publicité, auprès du public, pour un médicament n'est admise qu'à la condition que ce médicament ne soit pas soumis à prescription médicale, qu'il ne soit pas remboursable, par les régimes d'assurance maladie ou que l'autorisation de mise sur le marché ne comporte pas de restrictions, en matière de publicité, auprès du public, en raison d'un risque possible pour la santé publique. Toutefois, les campagnes publicitaires, pour les vaccins et les médicaments relatifs à la planification familiale ou à la lutte contre le tabagisme, peuvent s'adresser au public".
À découvrir
à lire aussi
Article : Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil
ANALYSE. Après une première demi-heure très aboutie, l’équipe nationale a payé le prix de ses ambitions avant de se rendre à la raison face au Brésil, samedi 13 juin, lors de la première journée du groupe C. Si Ayyoub Bouaddi et Achraf Hakimi ont survolé la rencontre, le capitaine de l’EN n’est pas exempt de tout reproche sur le but égalisateur. Mais il n’est pas le seul.
Article : Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”
Rumeurs d’influence, projet sportif marocain, CAF, FIFA, binationaux… Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Fouzi Lekjaa défend une vision globale du football national et un modèle structuré, fondé sur la formation, la performance et l’impact social. Il écarte toute idée d’influence occulte ou de “pouvoir caché”.
Article : Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc
Dans une position commune adressée aux députés européens, Renault, Stellantis et Volkswagen soutiennent le principe d’un contenu européen de 70% pour les véhicules électriques. Les trois groupes demandent que seules les activités réalisées dans l’Union européenne et l’Espace économique européen soient comptabilisées comme européennes. Le Maroc resterait donc en dehors de ce calcul, mais pourrait continuer à jouer un rôle dans les chaînes de production grâce à la marge de 30% prévue pour les pays tiers.
Article : Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?
À la suite de la qualification historique des Lionceaux de l’Atlas pour la finale de la Coupe du monde U20 au Chili, près de 600 Marocains ont réussi à rejoindre Santiago en moins de quarante-huit heures. Derrière cette mobilisation exceptionnelle émerge une autre question : qui étaient ces femmes et ces hommes prêts à parcourir plus de 10.000 kilomètres pour assister à une finale mondiale de jeunes ? L’enquête révèle une réalité bien plus complexe et plus riche que l’image traditionnelle du supporter de football.
Article : Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly
Fiat élargit sa gamme avec deux nouveaux modèles destinés au segment C : les Fiat Fastback et Fiat Grizzly, dont le lancement est prévu en Afrique & Moyen-Orient au second semestre 2026.
Article : Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse
Les importations marocaines de gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) retrouvent une dynamique haussière, après un creux en mars et avril qui avait alimenté les craintes d’une crise d’approvisionnement. En cause, non pas les tensions au Moyen-Orient, mais une demande électrique saisonnière plus faible, accentuée cette année par une production hydroélectrique exceptionnelle. Explications.