Dattes : approvisionnement suffisant et prix stables à l'approche du Ramadan
A l'approche du mois de Ramadan, l’interprofession des dattes (Fimadattes) rassure sur la disponibilité du produit sur le marché national, ainsi que sur les prix, qui restent aux niveaux habituels.
La demande en dattes augmente toujours à l’approche du mois sacré. Comme chaque année, celle-ci sera couverte par la production locale, mais aussi par l'importation.
Production record pour la saison agricole 2020-2021
Les acteurs de la filière phœnicicole tablent sur une production nationale record cette année, dépassant les 147.000 tonnes, apprend Médias 24 auprès d’un membre de la Fimadattes. Le ministère de l’Agriculture prévoit, lui, une hausse de 4% par rapport à la campagne précédente, qui affichait déjà un très bon niveau (143.000 tonnes), grâce notamment à l'impact bénéfique des conditions climatiques de la campagne actuelle.
Malgré cette hausse de la production, celle-ci ne permettra pas de répondre au besoin, au niveau national. Selon notre source, "seuls 40% de cette production sera destinée à la consommation. Le reste ira au cheptel, entre autres". Ainsi pour répondre au besoin en dattes, notamment durant le mois de Ramadan, le Maroc importe annuellement jusqu’à 50.000 tonnes, "principalement de la Tunisie, de l’Algérie, des Emirats arabes unis, d’Arabie saoudite et d’Egypte".
Pour ce qui est des prix, "les variétés les plus consommées restent contenues à leurs niveaux habituels", rassure notre source. "Le prix d'El Jihel de Drâa varie entre 18 DH et 28 DH/ kg, selon sa qualité, la Najda est aux alentours de 30 DH, et Bousset Hammi de Zagora est entre 12 et 20 DH". Il y en a donc pour toutes les bourses.
Notre source note toutefois une légère baisse du prix d'El Majhoul, "aliment de toutes les occasions", qui s'explique par "la conjoncture actuelle marquée par la pandémie, la baisse de la demande, mais principalement par la baisse du pouvoir d’achat au Maroc. Son prix varie ainsi entre 40 et 100 DH/ kg, selon son calibre".
"La fermeture des cafés et restaurants n’aura pas un grand impact sur la filière"
La filière du palmier dattier génère un chiffre d’affaires moyen annuel allant jusqu’à 2 milliards de DH. Au moment de la mise en ligne de cet article, le flou règne encore quant à l'ouverture des cafés et restaurants durant le Ftour au mois de Ramadan. Mais si ceux-ci restent fermés, "l'impact ne sera pas grand sur la filière", d'après notre interlocuteur.
Il explique: "Habituellement, les cafés et restaurants consomment environ 400.000 kg de dattes durant le mois sacré, et la demande est spécialement élevée pour El Majhoul, dans ses différents calibres. L’année dernière, vu la pandémie, seuls 50% de cette quantité a été consommée grâce au maintien de la livraison des Ftours à domicile. A mon avis, on aura le même scénario cette année, si les autorités n'autorisent pas une réouverture".
Forte consommation de la production locale cette année
D'après notre source, "une hausse importante et inhabituelle de la consommation des dattes marocaines a été enregistrée depuis le confinement.
Cela s'explique principalement par le fait que les vendeurs s'étaient engagés à ne vendre que la production locale, et ce jusqu'au 1er janvier 2021, notamment en raison des nombreux problèmes de transport pour l'importation auxquels le secteur a été confronté.
Bilan satisfaisant pour le contrat-programme de la filière
La superficie du palmier dattier, qui était de l'ordre de 48.000 ha en 2010, s'établit actuellement à plus de 63.000 ha, et ce, grâce au contrat-programme 2010-2020, signé en 2009 entre le gouvernement et la profession.
Celui-ci avait pour objectif la plantation de 3 millions de palmiers, dont 2,3 millions à Drâa-Tafilalet, région qui produit 90% de la production nationale de dattes. Un objectif atteint avant terme, vers fin 2019. Cette action a permis une production prévisionnelle de 130.000 tonnes de dattes rien qu'au niveau de la région de Drâa-Tafilalet pour la campagne 2020-2021. Mais l'effet total de ces plantations sur le volume de production n'est attendu que dans les 4 prochaines années, puisqu'il faut, en moyenne, 7 ans pour qu'un palmier dattier entre en pleine production. Le but est d'atteindre 185.000 tonnes en 2030.
Parmi les autres objectifs de ce contrat-programme, la réhabilitation des palmeraies existantes, la création de nouvelles plantations modernes, et le renforcement des disponibilités de 'vitro-plants' (nés in vitro), en portant la capacité de production à 300.000 plants par an entre 2010 et 2020, contre 60.000 plants/an entre 2005 et 2009.
Le ministère de l'Agriculture s'est également engagé à construire et équiper 48 unités de valorisation des produits de dattes (stockage frigorifique, conditionnement et emballage des dattes) et à renforcer la capacité installée. Cette action a permis aux professionnels du secteur de "dépasser les difficultés relatives au stockage, d'autant plus que depuis plusieurs années, le mois de Ramadan ne coïncide pas avec la période de récolte des dattes, qui démarre du mois de septembre jusqu'en décembre", souligne notre interlocuteur.
Rappelons que l'activité phœnicicole est le principal pilier de l'économie de l'écosystème oasien. Aujourd’hui, la filière du palmier dattier contribue pour 60% dans la formation du revenu agricole des oasis. Elle fournit 3,6 millions de journées de travail pour plus de 2 millions d’habitants.
Lire aussi: Voici la date du Ramadan 2021 selon le calcul astronomique
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