Une nouvelle affaire de pédocriminalité à Fès secoue l’opinion publique

A 13 ans, Imane accuse son oncle et son voisin de viols et sa grand-mère de torture. Selon elle, le voisin a été condamné à un an de prison et les autres ont été acquittés. Indignés, des Marocains appellent à rétablir la justice pour Imane.

Une nouvelle affaire de pédocriminalité à Fès secoue l’opinion publique

Le 1 mars 2021 à 19h28

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

A 13 ans, Imane accuse son oncle et son voisin de viols et sa grand-mère de torture. Selon elle, le voisin a été condamné à un an de prison et les autres ont été acquittés. Indignés, des Marocains appellent à rétablir la justice pour Imane.

L’affaire de la petite Imane de Fès fait le tour de la toile. Sa vidéo, dans laquelle elle raconte les détails sordides sur les violences sexuelles et physiques perpétrées, selon elle, par son oncle, sa grand-mère et un voisin, ont entraîné une vague de soutien et d’indignation sur les réseaux sociaux. 

Actuellement âgée de 13 ans, la jeune Imane a lancé un appel à l’aide, à travers une vidéo dans laquelle elle déclare avoir été violée par son oncle à plusieurs reprises, torturée et maltraitée par sa grand-mère, avant d’être abusée et sodomisée par un voisin. 

Elle indique aussi que cette dernière agression a nécessité une hospitalisation. Mais selon ses déclarations ainsi que celles de sa belle-mère (recueillies par plusieurs médias) l’oncle et la grand-mère de la petite Imane ont été acquittés et le voisin a écopé d’un an d’emprisonnement, tandis que la mère de ce dernier (accusée d’avoir tenté de couvrir les faits) a été condamnée à 2 mois de prison. 

Ces décisions judiciaires ont largement été critiquées par les internautes qui pointent du doigt un laxisme de la justice.

Diffusion d’images : enquête en cours de la DGSN

Insatisfaite par ces décisions de justice, la jeune fille dit avoir tenté de se suicider à 4 reprises, avant d’enregistrer une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle elle revient sur les faits en pleurs. 

Cette vidéo a été partagée en masse avec des photos d’elle, le visage en sang, accompagnées de commentaires concernant des violences familiales. Ce à quoi la cellule de prise en charge des femmes et des filles victimes de violences de la préfecture de police de Fès a aussitôt réagi en ouvrant, vendredi 26 février, une enquête sous la supervision du ministère public. 

La préfecture de police de Fès a indiqué dans un communiqué que les agressions sexuelles relatées dans la vidéo de la jeune Imane remontent à janvier 2020. 

“L’oncle et le voisin ainsi que deux femmes suspectées d’être impliquées dans cette affaire ont fait l’objet d’une enquête judiciaire et ont été présentés devant la justice. En attendant la décision judiciaire, la jeune Imane avait été placée dans un centre de protection de mineures”, indique le communiqué, qui ne confirme pas l’issue de la procédure judiciaire (acquittement de l’oncle et de la grand-mère et emprisonnement du voisin et de sa mère).

Quant aux photos sur lesquelles la jeune fille a l’air d’avoir subi des violences physiques, la DGSN annonce avoir auditionné la concernée qui ne présentait aucune blessure apparente. Cela dit, “la date et les circonstances de ces faits seront déterminées à travers une enquête”, poursuit le même communiqué.

Absence de sévérité en matière de pédocriminalité : encore un rappel

Pour venir en aide à la jeune fille, selon laquelle sa mère est “malade” et “enfermée” chez la grand-mère et que son père “n’ose pas parler”, plusieurs personnes tentent de la soutenir en contactant sa belle-mère

Cette dernière se présente comme présidente de l’association démocratique des droits de l’homme mais dit ne pas avoir pu venir en aide à sa belle-fille. D’autres activistes et membres d’associations ont décidé de prendre en charge le dossier. Parmi eux, Nezha Alaoui El Mahi, présidente de l’association “Sayidaty Marocaine” qui a déclaré, au micro de Chouf Tv, avoir “laissé tomber le dossier suite à la découverte de certains éléments suspects”.  

Dans cette affaire, beaucoup de zones d’ombre restent à éclaircir, autant sur les condamnations et acquittements évoqués par la jeune fille que sur les responsabilités à déterminer. 

Néanmoins, quels que soient les tenants et aboutissants de cette affaire, celle-ci en rappellent d’autres, récentes et moins récentes, qui avaient elles aussi secoué l’opinion publique.  

Il s’agit, entre autres, de l’affaire du ressortissant Koweitien de 24 ans poursuivi pour viol d’une mineure de 14 ans. Mais aussi de l’affaire du petit Adnane, 11 ans, sexuellement agressé et tué. Chacune de ces affaires rappelle l’absence de prévention et de sévérité

En effet, selon les dispositions du code pénal marocain, en l’occurrence de son article 408, qui traite des coups et blessures volontairement portés à un enfant âgé de moins de quinze ans, ainsi que de “toutes autres violences ou voies de fait à l’exclusion des violences légères”, l’auteur de ces actes est puni de l’emprisonnement allant d’un an à trois ans. Cette peine peut être portée à un emprisonnement de deux ans à cinq ans « lorsque le coupable est un ascendant ou toute autre personne ayant une autorité sur l’enfant ou ayant sa garde”, conformément à l’article 411 du code pénal. 

Selon l’article 485, « tout attentat à la pudeur consommé ou tenté avec violences, commis sur la personne d’un enfant de moins de dix-huit ans est puni de la réclusion de dix à vingt ans« . 

La même peine est prévue, conformément à l’article 486, en cas de viol commis sur la personne d’un mineur de moins de 18 ans

Autrement dit, le juge dispose d’une fourchette de peines pour sanctionner ces actes. Il pourra, en fonction des éléments du dossier, appliquer la peine la plus clémente ou, à contrario, la plus sévère. 

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