Amélioration de la situation hydrique à Souss-Massa: citoyens et agriculteurs soulagés

La situation hydrique s’améliore enfin dans la région de Souss-Massa. Les citoyens du Grand Agadir ainsi que les agriculteurs dans les provinces avoisinantes peuvent enfin reprendre une vie normale.

Amélioration de la situation hydrique à Souss-Massa: citoyens et agriculteurs soulagés

Le 29 janvier 2021 à 16h30

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

La situation hydrique s’améliore enfin dans la région de Souss-Massa. Les citoyens du Grand Agadir ainsi que les agriculteurs dans les provinces avoisinantes peuvent enfin reprendre une vie normale.

L’amélioration de la situation des barrages du bassin hydraulique de Souss-Massa et Draâ (ABHSMD) a permis de mettre fin aux coupures quotidiennes d’eau par la RAMSA (Régie autonome multi-services d’Agadir) dans le Grand Agadir. 

Ces coupures interviennent depuis le 3 octobre 2020, de 22h à 5h30 du matin, dans les communes d’Agadir, Dchira, Inzegane, Ait Melloul, Aourir, Drarga ainsi que la station balnéaire de Taghazout, dans le but de rationaliser l’usage de l’eau potable. La région a connu environ cinq années consécutives de sécheresse. Ses ressources hydriques étaient au plus bas niveau avant les précipitations qui ont intéressé le Royaume depuis fin novembre dernier.

« La décision du retour à un approvisionnement normal en eau potable a été prise, le 27 janvier, lors d’une réunion présidée par le Wali de la région, Ahmed Hajji, tenue avec différents partenaires concernés par la question, notamment l’ABHSMD, la RAMSA, et l’ONEP (Office national de l’électricité et de l’eau potable – branche eau) », apprend Médias24 auprès de l’Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa.

La décision, qui a pris effet à partir du jeudi 28 janvier, a été très bien accueillie par les citoyens, privés d’eau le soir, depuis environ 4 mois.  

Les agriculteurs de la région soulagés

L’amélioration de la situation des barrages a également soulagé les agriculteurs des provinces avoisinantes, notamment les agrumiculteurs du projet d’El Guerdane. 

Rappelons que depuis son lancement par le Roi Mohammed VI en 2009, ce projet est alimenté par les eaux du barrage Aoulouz, à hauteur de 45 Mm3 par an, afin de couvrir la déficience des ressources hydriques pour l’irrigation de ce périmètre.

En mai 2020, les autorités ont décidé de réduire, entre juin et septembre, la durée d’alimentation des fermes branchées sur ce réseau, avant de l’arrêter définitivement à partir du 7 octobre, la situation des barrages étant devenue inquiétante. 

Contactée par nos soins, l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam) nous confie que ce problème est enfin dépassé.

« Le projet d’El Guerdane a été initié par l’Aspam, en collaboration avec les ministères de l’Agriculture et de l’Equipement, pour permettre l’irrigation de 10.000 ha d’agrumes dans la région. Avec la crise hydrique qu’a connue la région du Souss, et le manque de pluie durant plusieurs mois, le partenaire public avait décidé de prioriser deux choses par rapport à l’agriculture : il s’agit de l’eau potable dans les villes, villages et centres ruraux environnants, ainsi que l‘eau d’abreuvement du bétail. Ces animaux, étant en quelque sorte la banque des agriculteurs, doivent rester en vie », nous explique notre source. 

« Devenue rare, la ressource n’était plus suffisante, à la fois pour irriguer les parcelles agricoles, en particulier les parcelles agrumicoles, et pour alimenter les villes en eau potable. L’Etat a donc décidé d’allouer une bonne partie du peu d’eau qui restait dans le barrage d’Aoulouz à l’eau potable dans le Grand Agadir, ce qui a soulevé les protestations des agriculteurs ».

« Après les pluies qu’on a eues durant ces trois derniers mois, la situation s’est un peu détendue. Celle-ci va encore s’améliorer, d’autant plus qu’il y a eu des chutes de neige dans les montagnes environnantes de la région de Souss-Massa ainsi que dans les montagnes entre le Souss et Marakkech. La fonte aura lieu vers le mois de mars ou avril ». 

« Aujourd’hui, on peut dire qu’on a dépassé le problème de coupure d’eau d’irrigation à partir du barrage d’Aoulouz, qui effectivement, était préoccupant », assure notre interlocuteur.

Trois impacts positifs 

Toujours selon l’Aspam, les pluies qu’a connues le Royaume ces trois derniers mois ont eu trois impacts positifs essentiels :

– « Le premier est sur les barrages, dont les stocks ont été améliorés. Avant les pluies, la plupart des barrages de la région étaient remplis à hauteur de 5 à 10%. A présent, la majorité a dépassé les 50% de remplissage. Les pluies ont donc renfloué les disponibilités d’eau dans les barrages ». 

– « Le second est sur les nappes phréatiques, qui ont été alimentées grâce à l’infiltration de l’eau dans la terre, ce qui a également permis l’approvisionnement des puits. Lorsque la pluie tombe, elle s’infiltre dans la terre et augmente le niveau des nappes phréatiques, ce qui permet à l’eau de remonter dans les puits ».

 Le troisième concerne directement les agriculteurs. « Lorsqu’elles tombent, les pluies arrivent directement sur les champs. Les agriculteurs n’utilisent donc ni l’eau des puits ni celle des barrages durant 3 à 4 semaines et économisent de l’argent », d’après notre source, qui ajoute que « pour utiliser l’eau des puits, celle-ci doit être remontée à l’aide de pompes, qui consomment de l’énergie, soit l’électricité ou le gazole. L’eau du barrage est pour sa part payante au m3, et chaque périmètre irrigué a sa propre tarification ».  

 Barrages : Plus de 34% de remplissage à Souss-Massa

En effet, le Royaume a connu trois principaux épisodes pluvieux, un premier vers la fin du mois de novembre, un second début décembre et un troisième début janvier, qui ont amélioré les réserves des principaux barrages au niveau national.

Au 29 janvier 2021, ces barrages affichent un taux de remplissage de 46,35% (7,5 MMm3), contre 36,5% au 23 novembre, avant les premières précipitations. Ce taux se rapproche ainsi de celui enregistré l’an passé à la même période, qui était de l’ordre de 48,98% (7,6 MMm3).

Au 2 octobre, soit un jour avant la décision relative aux coupures d’eau dans le Grand Agadir, le taux de remplissage des barrages de la région de Souss-Massa était de l’ordre de 12,3%, soit un des taux les plus bas. Sur une capacité totale de 731,4 Mm3, les huit principaux barrages de la région disposaient à peine d’une réserve de 90,2 Mm3.

Actuellement, le taux de remplissage est remonté à 34,52%, soit des réserves totales de 252,43 Mm3. Ce taux est également meilleur que celui enregistré à la même date de l’année dernière qui était de 23,75%, (173,64 Mm3).

Trois barrages de la région affichent déjà des taux de remplissage avoisinant les 100%. Il s’agit de Dkhila, Imi El Kheng et Ahl Souss.

La situation des deux principaux barrages qui alimentent les communes d’Agadir, en l’occurrence Abdelmoumen et Moulay Abdellah, s’est également améliorée. Ils affichent des taux de remplissage respectifs de 17,58% (34,89 Mm3) et 34,24% (31,01 Mm3), contre 1,9% (3,8 Mm3) et 9,5% (8,6 Mm3), le 2 octobre dernier.

Youssef Ben Tachfine, le plus grand barrage de la région, est, lui, rempli à hauteur de 24,95% (74,58 Mm3). Celui d’Aoulouz est passé à 75,05% de remplissage (soit 66,76 Mm3), contre 20,2% (18 Mm3) le 2 octobre.

 

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