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TOURISME

La saison touristique d'hiver est bel et bien morte et enterrée (Fouzi Zemrani)

Après un été plus que clairsemé en termes d’arrivées étrangères, la saison d’hiver sur laquelle reposaient tous les espoirs des hôteliers est plus que compromise. Selon Fouzi Zemrani, vice-président de la CNT, la profession attend désormais de connaître les résultats de la campagne de vaccination, qui devrait commencer dans deux semaines, avant de miser sur la saison estivale prochaine.

La saison touristique d'hiver est bel et bien morte et enterrée (Fouzi Zemrani)
Samir El Ouardighi
Le 20 novembre 2020 à 6h26 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Si le bilan estival a été catastrophique sur la majorité du territoire national, il semble que la saison hivernale qui a démarré le 20 octobre devrait être aussi décevante en termes de résultats.

En effet, l’aggravation de la pandémie dans les marchés émetteurs européens qui a occasionné des mesures restrictives de circulation a mis fin au début de reprise qui avait fait rêver les opérateurs.

Un hiver à l’image des précédentes saisons estivale et printanière

D’ordinaire optimiste, le vice-président de la Confédération nationale du tourisme nous a confirmés qu’il n’y aurait pas de saison touristique hivernale pour 2020 y compris lors des fêtes de fin d’année qui connaissent d’ordinaire un pic de fréquentation.

A la question de savoir comment se présentait la saison d'hiver, Fouzi Zemrani est parti dans un grand éclat de rire jaune avant d’affirmer qu’elle ressemblerait sans aucun doute à celles de l’été et du printemps dernier à savoir dans une tendance linéaire de statu quo.

A ce jour, aucune réservation hôtelière pour les fêtes de fin d'année

« Si normalement la saison d'hiver est censé se dérouler du 20 octobre au 1er janvier prochain, l’édition 2020 est belle et bien morte et enterrée car les vacances de fin d'année sont complètement plombées.

« Actuellement il n'y a pas la moindre réservation hôtelière surtout depuis que l'Europe, qui regroupe la majorité de nos marchés émetteurs, a connu une aggravation brutale de la pandémie.

Les restrictions européennes de circulation ont découragé tous les clients potentiels

Ainsi, en France qui connaît un confinement et un couvre-feu sévères toute la semaine, les autorités ont accordé à peine 24 heures à leurs concitoyens pour sortir librement le 24 et le 31 décembre.

« Sachant que les Français sont toujours soumis à l'interdiction de se déplacer à plus de 20 km de leur domicile, cela ne manquera pas de les décourager à se déplacer à l'international et donc à sortir de leur pays pour venir séjourner au Maroc durant les fêtes de fin d'année.

La double-peine des 2 tests PCR pour 1 seul séjour

« En effet, depuis deux semaines, ils doivent présenter, lors de l’embarquement pour le Maroc, le résultat négatif d'un test PCR de moins de 72 heures (après le prélèvement) puis encore un autre à l’embarquement de retour pour la France daté également de moins de 72 heures après le prélèvement.

« Venus pour des vacances, ils devront donc être très motivés pour se rendre dans deux laboratoires à l’aller en France puis au retour au Maroc en espérant respecter les délais légaux de présentation.

Se rendre au Maroc pour le premier marché émetteur devient un véritable parcours du combattant

« Hormis l’obligation d’avoir une réservation hôtelière, cela fait beaucoup de conditions à respecter et même avec toute la bonne volonté du monde, très rares seront les touristes français qui accepteront de se prêter à ce qui est devenu un véritable parcours du combattant pour un simple séjour touristique.

« L'idéal serait donc de mettre en place les tests antigéniques avec des résultats obtenus en moins de 45 minutes qui sont moins chers et permettent de voyager sans contrainte de temps.

Entre un manque de liaisons aériennes et un bilan sanitaire inquiétant, peu de candidats européens

« En dehors du premier marché émetteur du Maroc soumis à des mesures restrictives de circulation très décourageantes, personne ne peut assurer que les Anglais reviendront au Maroc pour les fêtes sachant qu’ils ne devraient sortir de leur confinement qu'à partir du 2 décembre prochain.

« De plus, on ne sait pas s'il y aura des nouvelles liaisons aériennes qui seront programmées hormis les vols spéciaux assurés par la RAM.

« Concernant les marchés Espagnol, Belge et Italien, il ne risque pas d’y avoir de rush au regard de leur situation sanitaire surtout que l'ensemble des pays concernés sont uniquement concentrés sur la future campagne de vaccination.

Un nouvel an qui sera déserté même par les nationaux

« Si le marché domestique aurait pu permettre de sauver les meubles lors du jour du nouvel an, il n'y a aucun signe important de réservation laissant entrevoir une lueur d'espoir à l’horizon notamment pour les hôteliers et les restaurateurs qui d'ordinaire attendent avec impatience la journée du 31 décembre.

« En effet, les nombreuses contraintes de déplacement interurbain n’ont toujours pas été levées par les autorités sans compter d’autres mesures restrictives prises au niveau local.

« Ainsi, les restaurants doivent fermer à 22 heures dans la locomotive touristique qu’est Marrakech sans compter le fait qu’il sera impossible de faire la fête avec des boîtes de nuit toujours fermées.

« En fait, les records de mortalité enregistrés chaque jour et le nombre sans cesse croissant de personnes sous respiration artificielle, ne poussent pas vraiment les gens à vouloir voyager », résume Zemrani qui ajoute que le seul espoir d’un retour à la normale viendra d’une immunité collective.

Le salut ne viendra que des résultats de la campagne mondiale de vaccination

« En fait, tout ce que l'on attend aujourd'hui, c'est la mise en place imminente de la campagne de vaccination massive qui devrait régler nos problèmes sachant qu’il ne pourra y avoir de vrai retour à la normale que quand la population à la fois marocaine et mondiale sera vaccinée.

« Sachant que l'immunité devrait être acquise vers avril prochain si la vaccination démarre en décembre, il faut donc espérer qu’une bonne partie de la planète sera vaccinée avant la saison estivale prochaine.

« Ce n'est qu'à partir de ce moment qu'il pourra y avoir à nouveau des flux importants de touristes mais toujours avec des gestes-barrières car la confiance ne reviendra pas du jour au lendemain.

L’Etat devra encore aider le secteur jusqu’à l’été qui marquera le début de la relance

« S'il ne faut pas s'attendre à des miracles à court-terme, nous espérons que l'été prochain signera le début du retour de la fièvre de voyager. Même si les conditions seront différentes, les opérateurs marocains devront se montrer inventifs pour donner aux voyageurs la confiance réclamée.

« D'ici là, les nombreux opérateurs touristiques, qui se sont mis en hibernation, espèrent que l'État continuera à les aider, au moins au niveau de la CNSS, pour tenir le coup jusqu'à l'arrivée très attendue d’une immunité planétaire qui permettra de faire enfin revenir les touristes internationaux.

Un retour à la normale progressif qui s’étendra sur 3 ans

« En effet, le processus de retour à la normale sera certainement progressif et devrait prendre au minimum deux à trois années avant de retrouver le rythme d’arrivées étrangères de 2019.

« Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à se référer aux déclarations récentes du gouverneur de la banque du Maroc qui laissaient entendre qu'il n'y aura pas de véritable reprise économique mondiale avant 2023 », conclut Zemrani en citant le cas des hôteliers qui réaliseront au maximum 5% de taux d’occupation durant la saison actuelle voire jusqu’au début de la reprise espérée pour le mois de juin prochain …

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Samir El Ouardighi
Le 20 novembre 2020 à 6h26

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