img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
POLITIQUE

Les députés favorables à la suppression de leur retraite... mais pas maintenant

Les membres de la commission des finances de la chambre des représentants sont pour la suppression des pensions de retraite des députés mais contre le timing choisi pour en discuter. Une prochaine réunion est prévue dans moins de 15 jours.

Sara Ibriz
Le 13 octobre 2020 à 17h20 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

La question relative à la suppression des pensions de retraite des députés a fait l'objet d'une réunion de la commission des finances de la chambre des représentants, ce mardi 13 octobre, pour examiner la proposition de loi élaborée, dans ce sens, par Ibtissame Azzaoui, députée du PAM.

La programmation de cet ordre du jour a, à elle seule, fait débat lors de cette réunion durant laquelle aucune décision n'a été prise concernant le sort à réserver aux pensions de retraite. 

Le président de la commission des finances a annoncé qu'une autre réunion sera programmée dans un délai ne dépassant pas 15 jours, avant que le projet de loi de finances de 2021 ne soit examiné. L'objectif est de trancher sur cette question afin de se libérer au PLF 2021. 

La prochaine réunion sera donc consacrée à la suppression des pensions de retraite mais cette fois-ci, une décision sera prise sur la base de données techniques obtenues notamment suite à des échanges avec l'équipe chargée de gérer la caisse des retraites.

A travers leurs interventions, l'on remarque que les députés ne se positionnent pas contre la suppression de ces pensions. Cela dit, certains ne sont pas favorables à la discussion de ce sujet "pas assez prioritaire dans ce contexte de crises sanitaire, économique et sociale". 

Une question de timing  

Chokrane Amam, président du groupe parlementaire de l'USFP ou encore Aicha Lablak, à la tête du groupe PPS, estiment qu'il y a "d'autres priorités". 

"Certains citoyens n’ont pas de quoi se nourrir, ce sujet ne les intéresse pas. Ce qui les intéresse c’est que nous leur trouvions des solutions”, indique M. Amam

"Parler de cela n'est pas une priorité. Nous rouvrons cette discussion à travers laquelle un conflit sociétal sera créé alors que les citoyens attendent de nous d'autres choses dans ce contexte", déclare Aicha Lablak. 

Un avis qu'ont partagé d'autres députés dont Hayat Boufrachen du PAM ou encore Taoufik Kamil du RNI, mais auquel s'est fermement opposé Hanane Rahhab (USFP). 

Selon cette dernière, "si ce n'est pas le moment d'en parler c'est parce que nous nous y prenons en retard. Si le sujet est soulevé c'est parce que les citoyens s'y intéressent et insistent" et, comme le précise Driss El Azami El Idrissi (PJD), "la commission s'est déjà réunie à maintes reprises pour parler des problèmes socio-économiques auxquels le pays fait face depuis le début de cette crise. Cette réunion n'a pas pour objet de discuter les pensions de retraite des parlementaires mais de discuter leur suppression, c'est différent et il est nécessaire de le préciser afin que l'opinion publique comprenne de quoi il s'agit". 

Par ailleurs, le fait de se pencher sur la pension des membres de la Chambre des représentants uniquement est une question qui préoccupe plus d'un député, dont Rita Hatimi (Mouvement populaire) qui appelle à la coordination avec la chambre des conseillers dans le but de chercher "une solution unifiée pour tout le parlement et non pas la chambre des représentants à elle seule". 

Pour Hanane Rahhab, nul besoin d'attendre. Traiter cette question de manière individuelle ne représente qu'une première étape. 

"On peut d'abord clôturer le dossier de la retraite des représentants, avant de se pencher sur d'autres sujets comme la retraite des ministres qui peut être discutée par la suite car ils ne cotisent pas pour en bénéficier. Ce n'est donc ni démocratique, ni sain, ni éthique qu'ils continuent à en profiter", précise-t-elle. 

"Il faut d'abord mettre fin aux prélèvements" 

"Depuis le 1er octobre 2017, la caisse de retraite est à l'arrêt", déclare Driss El Azami. 

Pourtant, les cotisations mensuelles d'une valeur de 2.900 dirhams sont toujours prélevées "et ce, sachant qu'aucun ex-parlementaire de la précédente législature n'a reçu de pension et que nous n'en recevrons pas non plus", indique Nourdin Moudian, président du groupe parlementaire de l'Istiqlal. 

"Pourquoi prélever 3.000 DHS par mois ? Au profit de qui ? Seront-ils versés à une association caritative ? Dans ce cas j'y serai favorable mais au profit de la CDG je m'y oppose! Il faudrait d'abord mettre fin à ces prélèvements", ajoute-t-il.

Pour M. Moudian, "chacun devrait s'occuper de sa propre retraite". Autrement dit, l'Etat n'a pas à verser un sou pour couvrir la pension des ex-parlementaires. 

Cette proposition, qui date de 2018, est portée par plusieurs députés. Il n'est pas question que l'Etat finance la retraite des parlementaires. Cela dit, beaucoup insistent sur les difficultés financières auxquelles font face d'anciens parlementaires qui "n'ont pas de quoi se nourrir et mendient pour vivre". 

Taoufik Kamil souligne que certains souffrent de maladies graves et ne bénéficient pas de couverture médicale. Tandis que Driss El Azami rappelle que certains députés ont "mis un terme à leurs activités professionnelles pour pouvoir mener à bien leurs missions au sein de l'hémicycle. D'autres ont cassé la dynamique de leurs professions pour le même objectif". 

La liquidation de la caisse de retraite est un principe auquel aucun député ne s'est opposé durant cette réunion. Cependant, les modalités de cette opération n'ont pas encore été mises au point. 

Ainsi, les députés appellent à ce que la situation socio-économique d'anciens députés en difficultés ou sans professions et, de manière générale, en souffrance financière, soit prise en considération lorsqu'une décision sera prise sur le sort de la caisse de retraite. 

Hanane Rahhab estime quant à elle que les problèmes sociaux ne touchent pas uniquement les anciens parlementaires. Ce sont des problèmes communs à tous les Marocains qui n'ont pas de travail ni de couverture médicale ou sociale.

"Cela veut dire qu'il faudra appliquer à chaque ancien parlementaire le même dispositif auquel seront soumis tous les Marocains", martèle la députée.  

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Sara Ibriz
Le 13 octobre 2020 à 17h20

à lire aussi

CDM 2026. Maroc-Pays-Bas, un seizième mémorable s’annonce
Mondial2026

Article : CDM 2026. Maroc-Pays-Bas, un seizième mémorable s’annonce

En s’imposant face à la Tunisie (3-1), ce jeudi 25 juin, les hommes de Ronald Koeman terminent en tête du groupe F et affronteront donc les Lions de l’Atlas, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique (2h). Un seizième de finale qui s’annonce chargé en émotion, aussi bien pour certains internationaux que pour les supporters marocains.

“Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat
DROIT

Article : “Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat

Au-delà des peines privatives de liberté, le verdict comporte un important volet pécuniaire. Les condamnés devront verser près de 8,5 milliards de dirhams à l'Administration des douanes, auxquels s'ajoutent des confiscations d'avoirs, des sanctions pour infractions à la réglementation des changes et des condamnations civiles.

Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés
DROIT

Article : Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés

Abdenbi Bioui a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Saïd Naciri a, quant à lui, été condamné à 10 ans de réclusion. Les premiers détails.

Affaire “Escobar du Sahara”:  huit heures après la clôture de l'audience, toujours pas de verdict
DROIT

Article : Affaire “Escobar du Sahara”: huit heures après la clôture de l'audience, toujours pas de verdict

CASABLANCA. Il est un peu plus de 19 heures ce jeudi 25 juin et le verdict dans l'affaire "Escobar du Sahara" ou "Naciri-bioui" impliquant Said Naciri et Abdenbi Bioui se fait toujours attendre.

Casablanca : la plage de Aïn Diab envahie de déchets, des interrogations sur leur origine
Quoi de neuf

Article : Casablanca : la plage de Aïn Diab envahie de déchets, des interrogations sur leur origine

Des déchets plastiques, des emballages et des caisses endommagées jonchent depuis plusieurs jours la plage de Aïn Diab. Si l'origine de cette pollution reste inconnue, les images recueillies par Médias24 relancent les interrogations sur les rejets en mer.

Ebola en RDC : un premier vol marocain achemine 9 tonnes de matériel à la MONUSCO
Quoi de neuf

Article : Ebola en RDC : un premier vol marocain achemine 9 tonnes de matériel à la MONUSCO

Un avion militaire marocain a livré à Bunia neuf tonnes de matériel médical, pharmaceutique et logistique destinées à appuyer les opérations de la MONUSCO face à l’épidémie d’Ebola en Ituri. Une deuxième rotation est prévue dans les prochains jours avec du matériel complémentaire et une équipe médicale marocaine spécialisée.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité