Récession économique : -8,7% au 3e trimestre, -5,5% attendus au 4e trimestre (HCP)
L’économie nationale aurait fléchi de 8,7% au troisième trimestre 2020, au lieu de -14,9% un trimestre plus tôt, selon le HCP. Au quatrième trimestre 2020, l’activité économique régresserait de 5,5%, au lieu de +2,3% au quatrième trimestre 2019.
L'économie nationale aurait baissé de 8,7% au troisième trimestre sous l’effet d’une contraction de 9% de la valeur ajoutée hors agriculture et d’une baisse de 6,2% de celle de l’agriculture, souligne le HCP dans sa dernière note de conjoncture.
Dans le secteur secondaire, la baisse de l’activité se serait atténuée, s’établissant à -8,5%, au lieu de -17,3%.
Les activités tertiaires auraient, pour leur part, poursuivi leur tendance baissière, contribuant pour -4,7 points à l’évolution du PIB global, au lieu de -7,7 points au deuxième trimestre 2020.
Au niveau du commerce mondial, les échanges internationaux auraient gagné un peu d'élan au troisième trimestre 2020. Bénéficiant d'un léger regain de dynamisme des importations des principaux partenaires commerciaux, la demande mondiale adressée au Maroc se serait améliorée de 9,3% par rapport au deuxième trimestre. Sa baisse en variation annuelle se serait atténuée, pour atteindre -10,2%, après une chute de 17,9% un trimestre plus tôt.
Au niveau national, le déficit commercial des biens et services, en volume, se serait allégé de 10,2% au troisième trimestre 2020. Les exportations, moins pénalisées par le contexte extérieur et les mesures sanitaires restrictives, auraient baissé de 16,9% en variation annuelle, au lieu de -28,7% un trimestre plus tôt. Les données disponibles pour les mois de juillet et août 2020 auraient témoigné d’un recul moins prononcé des exportations des biens en valeur.
Les importations de biens et services, en volume, auraient, pour leur part, continué sur leur trend baissier au troisième trimestre 2020, mais à un rythme moins prononcé qu'au trimestre précédent, soit -15,4% au lieu de -25,7%.
La baisse de la demande intérieure se serait légèrement atténuée au troisième trimestre 2020. La consommation des ménages aurait fléchi de 10,8%, en variation annuelle, au lieu de -21,2% au trimestre précédent. Cette évolution serait, particulièrement, attribuable à une légère reprise des dépenses des ménages en biens manufacturés, notamment d’habillement et d’équipement, ainsi que celles de transport et de restauration.
La consommation des administrations publiques se serait, pour sa part, affermie de 5,9%, portée par la hausse des dépenses de fonctionnement et des services sociaux.
L’investissement aurait poursuivi sa tendance baissière, sous l’effet du repli de l’investissement en produits industriels et immobiliers. En variation annuelle, le repli de la formation brute de capital (FBC) aurait atteint -17,4% au troisième trimestre 2020.
Un léger mieux au quatrième trimestre
Au quatrième trimestre 2020, et sous l'hypothèse d’une poursuite des vagues locales sporadiques d'infections et donnant lieu à des interventions ciblées plutôt qu'à des confinements nationaux, le PIB mondial devrait clôturer l'année par une baisse de 4,5%. Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc resterait relativement atone et serait tributaire de l’évolution des importations de ses principaux partenaires commerciaux européens. Elle s'améliorerait de 0,5% au quatrième trimestre 2020 par rapport au troisième trimestre, mais sa variation annuelle demeurerait négative, se situant à -8,9%.
La demande intérieure poursuivrait, pour sa part, son redressement progressif modéré. La baisse des dépenses des ménages s’atténuerait, sous l’effet d’une légère reprise des achats de biens durables. Les dépenses de restauration et de transport progresseraient également, par rapport au troisième trimestre mais à un rythme moindre. Dans l’ensemble, la consommation domestique fléchirait de 7,9%. Les dépenses en services non marchands, particulièrement sociales, resteraient relativement dynamiques, situant la hausse de la consommation publique à 5,7%. L’effort d’investissement resterait relativement modéré, notamment dans les produits industriels et de construction et sa reprise serait lente et progressive.
Dans ces conditions, les activités hors agriculture devraient poursuivre leur tendance baissière, au quatrième trimestre 2020, affichant un repli de 5,2%, au lieu de -9% au troisième trimestre. Dans le secteur secondaire, la baisse de la valeur ajoutée se situerait à -5,3%. L’activité industrielle poursuivrait son rétablissement et celle de la construction se redresserait légèrement, mais seraient toujours pénalisées par une demande peu dynamique. La production d’électricité se redresserait, également, dans le sillage de la reprise graduelle des activités industrielles. Dans le secteur tertiaire, l’activité poursuivrait sa reprise modérée dans le commerce, le transport interurbain et la restauration, alors qu’elle resterait relativement dynamique dans les services non marchands, notamment sociaux et de santé. Dans l’ensemble, le secteur contribuerait pour -2,8 points à l’évolution du PIB.
Quant aux activités agricoles, leur valeur ajoutée poursuivrait son repli au rythme de -5,8%, en variation annuelle, amputant la croissance économique globale de 0,7 point. L’essentiel de cette baisse serait imputable à la contraction de la production végétale, alors que celle des filières animales connaîtrait une légère accélération avec des perspectives de reprise de la production avicole.
Dans l’ensemble et compte tenu d’un abaissement de 5,2% de la valeur ajoutée hors agriculture et d’une contraction de 5,8% de celle de l’agriculture, l’activité économique enregistrerait une baisse de 5,5% au quatrième trimestre 2020, en variation annuelle, au lieu d’une hausse de 2,3% à la même période de l’année précédente.
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