Fin du dépistage massif en entreprise, place au dépistage ciblé
Le dépistage en entreprise aux frais de l'Etat est fini. Les autorités sanitaires orientent leurs capacités de testing vers les symptomatiques et les cas contacts. Mais les entreprises peuvent toujours recourir aux laboratoires privés si elles veulent tester leur effectifs.
La CGEM a annoncé lors d'un point de presse, organisé le mercredi 9 septembre, que la campagne de dépistage massif lancée en coordination avec les autorités sanitaires a pris fin. Dans la soirée, la direction de la CGEM a envoyé un courrier à l'ensemble de ses membres pour apporter plus d'explications.
"Suite à la diffusion d’une circulaire du ministère de la Santé, relative à l’organisation de la prise en charge en ambulatoire des cas suspects et des cas confirmés du Covid-19 à l’ensemble des Directeurs régionaux de la Santé, nous tenons à vous informer que la campagne de dépistage massif en entreprise, coordonnée par la CGEM touche à sa fin au profit du dépistage ciblant les cas contacts des cas positifs avérés", est-il expliqué.
La CGEM ajoute dans son courrier "qu'en entreprise, dès confirmation de la contamination d’un cas, l’organisme l’ayant dépisté en informe le ministère de la Santé pour que les délégués régionaux recensent et identifient les cas contacts et organisent leur dépistage.
Ainsi, en cas de suspicion d’un cas de contamination parmi vos salariés (observation des symptômes tels que la fièvre, la toux sèche, la fatigue, des difficultés respiratoires, etc.) nous vous prions d’isoler le cas suspect, de désinfecter les lieux et de contacter le numéro vert 0801 00 47 47 pour la prise en charge de ce cas par la délégation régionale". Voilà pour la nouvelle procédure de dépistage en entreprise.
Faible capacité de testing
La fin de la campagne de dépistage massif ne veut pas dire que le milieu professionnel est désormais moins risqué. Loin de là. En réalité, la campagne a pris fin car les capacités de testing disponibles au Maroc sont limitées. Avec une capacité nationale 20.000 à 23.000 tests par jour et une centaine de cas détectés et un millier de cas contacts à suivre, il y avait une marge pour appliquer une politique de dépistage massif dans les milieux professionnels à risque.
Les autorités sanitaires pouvaient se permettre d'aller chercher les asymptomatiques. Mais depuis que la situation épidémiologique s'est aggravée, une capacité de 22 000 tests par jour s'avère aujourd'hui très faible et insuffisante. Car on détecte 2 000 cas par jour, c'est au moins autant de cas contacts à suivre et à tester.
D'ailleurs, aujourd'hui nous n'avons plus aucune indication du nombre de cas contacts suivis par le ministère de la Santé, alors que c'était l'un des principaux indicateurs présentés à chaque point de presse. De même que nous n'avons plus d'informations sur le pourcentage des cas découverts grâce au suivi des cas contacts.
Cette situation rend donc difficile d'assurer à la fois le suivi des cas contacts avec la politique de tests qu'il faut et en même temps poursuivre la campagne de dépistage massif. De ce fait, les capacités disponibles sont désormais totalement orientées vers le test des symptomatiques, dont le nombre est en augmentation, et des cas contacts.
C'est ce que les autorités sanitaires appellent le dépistage ciblé. "Car il y a plus de chance de trouver des positifs parmi les symptomatiques que parmi les asymptomatiques. On ne perd pas des tests inutilement, et on cerne les contacts plus vite", nous expliquait il y a quelques jours Dr Tayeb Hamdi, vice-président de la fédération nationale de la Santé, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé.
En plus des tests à effectuer sur les symptomatiques et les cas contacts, le système de testing doit également répondre à la demande de la catégorie des voyageurs qui doivent disposer d'un test PCR 48 heures avant leur date de départ à l'étranger. Ce qui constitue une pression supplémentaire sur la capacité disponible.
Le recours aux laboratoires privés
Cela veut-il dire que les entreprises n'ont plus la possibilité de faire tester leurs effectifs si elles en ressentent le besoin ? Selon une source bien informée, la réponse est non si une entreprise compte le faire au niveau du public. "Une entreprise ne peut plus faire appel au test dans le public que si elle a un cas suspect ou des cas contacts", nous assure-t-on.
"La politique de dépistage massif adoptée jusqu'à maintenant visait à détecter un risque supposé au niveau des entreprises avec tous les effets pervers que cela comportait", poursuit notre source. "Maintenant les autorités publiques ont décidé de changer de stratégie et de se concentrer sur la population où elle peut trouver plus de positifs. c'est plus rationnel".
Cela dit, une entreprise peut toujours recourir au privé pour faire dépister ses effectifs. Le recours au privé ne date pas d'aujourd'hui, certaines entreprises y recouraient pour éviter les longs délais au niveau du public. Les entreprises ont donc toujours cette possibilité si elles veulent dépister leurs employés.
Le nombre de laboratoires privés agréés pour effectuer des tests (PCR et sérologiques) Covid-19 augmente de plus en plus. "Pas assez", au goût des entreprises. Mais il est plus facile de recourir aux laboratoires privés que de passer par le réseau public. Encore faut-il que les tarifs soient raisonnables. Selon certains échos, certains laboratoires demandent des tarifs allant jusqu'à 1.500 DH le test.
Rappelons que le coût d'un test est de 500 DH. Le calcul est vite fait. Le ministère de la Santé doit aussi intervenir sur ce volet pour éviter que les prix ne flambent et dissuadent les entreprises et même les particuliers d'effectuer le dépistage.
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