Masques réutilisables: normes, entreprises certifiées, distribution... Le point
Les premières certifications Imanor pour les masques de protection en tissu réutilisables contre le Covid-19 ont été accordées. Neuf entreprises sont certifiées et ont commencé la production. Les prix et la stratégie de distribution sont libres, pour le moment.
Le marché des masques de protection est renforcé par une nouvelle offre, celle des masques en tissu tissé, qui sont réutilisables au moins 5 fois et qu'on appellera ici "marques en tissu" tout court. Ces masques sont différents des masques en tissu "non tissé", jetables et devant être portés 4 heures maximum, fabriqués à partir du Polypropylène spunbond vierge.
Pour accompagner l'obligation du port de masques en période d'état d'urgence sanitaire, le ministère a mis les bouchées double et s'est concentré sur la production des masques non tissés en sécurisant des quantités importantes, en réglementant les prix et en supervisant la distribution au niveau de tout le royaume.
En sera-t-il de même pour les masques en tissu ? "Nous tendons plutôt vers une libre commercialisation sur ce segment", nous répond une source au ministère de l'industrie. Le seul volet qui sera suivi de près c'est celui du respect des normes.
Car, certaines cibles préféreront opter pour les masques tissés pour répondre à l'obligation du port du masque. Ces derniers doivent donc être conformes à l'objectif attendu à savoir limiter la propagation du virus. Ils doivent par conséquent répondre aux exigences de la norme marocaine ST 21.5.201 mise en place par l'Institut Marocain de Normalisation (IMANOR).
Cette norme a été conçue en même temps que la NM ST 21.5.200 relative aux masques de protection non tissés.
Que dit la norme ST 21.5.200 ?
Selon la NM 21.5.201 le masque en tissu est un "dispositif de protection, éventuellement réutilisable, couvrant la bouche, le nez et le menton, et constituant une barrière permettant de réduire le plus possible la transmission directe d’agents infectieux".
Par agent infectieux, on entend "le microorganisme dont il est démontré qu’il provoque des infections notamment virales".
Il peut être de type « Bec de canard » ou de type « à plis ».
Les matériaux utilisés pour la fabrication des masques de protection en tissu, "peuvent être constitués d’étoffes tissées ou tricotées en monocouche ou composite multicouches, ou de combinaison d’étoffes avec d’autres matériaux".
Ces matériaux "doivent pouvoir résister aux manipulations et à l'usure pendant la durée de vie du masque". Ils doivent également résister "aux produits et aux méthodes de nettoyage et séchage spécifiés par le fabricant".
Le nettoyage et séchage est également normé. Le masque de protection doit résister au minimum à 5 cycles complet de lavage (mouillage, lavage, rinçage) de 30 minutes minimum avec une température de 60 °C.
Comme celui en non tissé, le masque en tissu "doit pouvoir être ajusté étroitement sur le nez, les joues et le menton de la personne qui le porte pour assurer une étanchéité suffisante vis-à-vis de l’atmosphère ambiante au niveau du visage de l’utilisateur, lorsque sa peau est sèche ou humide et lorsqu'il bouge la tête.
Le masque de protection en tissu "doit avoir une capacité de filtration de 50% minimum déterminée selon les méthodes du laboratoire en se basant sur la norme NM EN 13274-7."
La résistance respiratoire est également normée pour qu'elle ne dépasse pas certaines limites.
Comme les masques non tissé, la désignation, le marquage et l'emballage sont aussi normés.
Ainsi, les masques de protection en tissu qui satisfont aux exigences de la présente spécification technique doivent être désignés de la manière suivante : Masque NM/ST 21.5.201 - 2020.
Ils doivent être mis en vente emballés de manière à les protéger contre tout dommage mécanique et toute contamination avant l’emploi. Les conditionnements individuel ou groupé restent à la discrétion du fabricant.
Les informations suivantes doivent être marquées au moins en langue arabe de façon claire et indélébile sur le plus petit emballage disponible dans le commerce ou doivent être lisibles à travers l’emballage si celui-ci est transparent :
- Le nom, la marque commerciale ou tout autre moyen d’identification du fabricant ou du
fournisseur ;
- La référence à la présente spécification technique : NM/ST 21.5.201 – 2020 ;
- Numéro de certificat de conformité ;
- La mention : « Ce Produit n’est pas classé comme Dispositif Médical » ;
- Le nombre de masques contenus dans l’emballage primaire ;
- La mention : " Réutilisable : A ne pas porter plus de 4 Heures à l’état neuf et après
lavage et séchage en cas de réutilisation" ;
- La mention : A ne pas porter après [Nombre de lavage à préciser par le fabricant] lavages
successifs ;
Les premières entreprises déjà certifiées
Comme nous l'annoncions dans un précédent article, l'Amith en collaboration avec le ministère ont mobilisé les acteurs dans la filière textile et maille afin de certifier le tissu avec lequel les masques sont produits. Imanor a déjà livré les premières certifications à certaines entreprises comme Mustang Workwear.
« Face à la crise sanitaire causée par le COVID-19, nous avons décidé de nous joindre à l’effort national et apporter notre expertise en tant que spécialiste de la protection dans le milieu de travail. Nous avons mobilisé notre capacité de production pour fournir un type de masque en tissu réutilisable à usage non sanitaire. Notre masque est désormais certifié par l’Institut Marocain de Normalisation (IMANOR) et nous avons la capacité de produire jusqu’à 10.000 masques par jour » a confirmé Siegfried Rouan, le Directeur Général de Mustang Workwear dans un communiqué de presse.
Contrairement au masque non tissé à 0,80 DH, les masques en tissu peuvent être réutilisable. Comme expliqué, la norme prévoit un minimum de 5 lavages, mais rien n'empêche une entreprise de faire plus.
Plusieurs autres entreprise ont également été certifiées. C'est le cas de Ayadi El Fath, la coopérative Oqba, Miroglio Maroc, Smadec, Nerminia Confectiones, Aswane Confection, La coopérative Taous, Top Degrees.
L'Amith a également travaillé sur la création de joint-venture entre des opérateurs du tissage et maille (tissu) et des confectionneurs. La production à grande échelle commencera incessamment. Les prix et la stratégie de distribution sont libres et restent donc à la discrétion de chaque producteur.
Par ailleurs, certains producteurs pourront orienter une partie de leur production à l'export, si la matière première utilisée est importée en admission temporaire sans que cette part ne dépasse 50% de leur production totale.
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