Verbatim. Les précisions de MHE sur l’écosystème PSA
Logistique, investissement, équipementiers automobiles… Moulay Hafid Elalamy a livré le détail de la mise en place de l’écosystème PSA, en marge de l’inauguration de l’usine, jeudi 20 juin. Jean-Christophe Quemard, vice-président exécutif de PSA pour la région Mena a accompagné le ministre dans cet exercice, en expliquant l’intérêt du constructeur français pour “l’emplacement“ Maroc.
Lors de la conférence de presse qui a suivi l’inauguration officielle par le Souverain de l’écosystème PSA, le jeudi 20 juin 2019 à Kénitra, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et Jean-Christophe Quemard, vice-président exécutif du constructeur français pour la région Mena, ont fait le point sur ce projet structurant pour le secteur automobile.
18 milliards de DH d’investissement drainés par la zone franche de Kénitra
La zone franche industrielle de Kenitra a été redynamisée par l’écosystème PSA avec 18 milliards de DH d’investissement et la création de 25.300 emplois, dépassant les objectifs initiaux.
“En dehors de l’investissement opéré par l’usine PSA qui est de 3 milliards de DH, 16 milliards de DH ont été investis par les équipementiers de l’écosystème. Il y a deux manières de mettre en place une usine. À l’ancienne, lorsqu’on construit une usine où tout est intégré. Cela prend beaucoup de temps à mettre en œuvre. Donc, c’est une option qui n’est pas valable. La 2ème manière de faire est l'écosystème. C'est-à-dire, la construction d’un cœur battant de l'écosystème (l’usine PSA) avec en plus ses autres composantes. Nous avons donc choisi de mettre en place PSA et ses trois équipementiers qui fournissent d'autres usines au Maroc et à l'étranger“, explique Moulay Hafid Elalamy.
“En dehors de l’inauguration aujourd’hui de l’usine PSA, trois leaders mondiaux de l’équipement automobiles démarrent également leurs activités. Il s'agit du Japonais AGC, n°1 mondial du vitrage automobile, du Chinois Dicastal, spécialisé dans la fabrication de jantes en aluminium et du Français Faurecia, leader dans la conception de l'intérieur de voiture“, ajoute-t-il.
En attendant le lancement du port Atlantic…
Côté logistique, le ministre de l’Industrie a précisé qu’à “partir de demain“ [vendredi 21 juin 2019, ndlr], “on pourra acheminer la production de l’usine, sur les rails, de Kénitra jusqu'au port de Tanger Med. Lorsque le port Kénitra Atlantic sera réalisé, l'usine PSA y sera branchée. Nous n’avons pas besoin du port, aujourd'hui. Néanmoins, quand il sera finalisé, l’usine PSA y sera branchée directement sans prendre le rail. Les études relatives au port de Kénitra sont faites et le financement est dans les tuyaux“.
“En termes de coût, le transport à travers les chemins de fer de la production de PSA vers Tanger Med, ne sera pas très important“, note MHE.
Démarrage des travaux de doublement de la production de PSA
Cette journée d’inauguration de l’écosystème PSA a également été marquée par le lancement par le Souverain des travaux de dédoublement de la capacité de production de l’usine du constructeur.
Jean-Christophe Quemard, vice-président exécutif de PSA pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, a précisé que PSA allait “doubler la capacité de production actuelle de l’usine (100 000 unités) pour fabriquer 200 000 voitures d'ici 2021 au lieu de 2023 date prévue initialement. Tout cela dépend des clients qui, nous espérons, passeraient commande“.
Des infrastructures portuaires bien “pensées“
Pour ce qui est de la capacité de Tanger Med à traiter les capacités futures de la production de PSA qui table sur 200 000 unités produites d’ici 2021, le ministre a voulu être rassurant : “On peut même prendre encore quelques constructeurs de plus et pas seulement les 200 000 unités à terme. Les travaux de construction de l’extension du Tanger Med sont en cours. Le port de Nador West Med devrait également participer au désenclavement total de la région. Donc, l'infrastructure portuaire est très bien pensée et ce sur une très longue période. Les capacités de production seront très bien traitées, sans la moindre inquiétude“.
2 300 techniciens et ingénieurs pour la R&D
“L'investissement en R&D se mesure en nombre d'ingénieurs et de techniciens employés. L'engagement qui a été pris lors de la signature en 2015 de l'accord portant sur l’écosystème PSA est de mettre en place 1 500 d'ingénieurs et techniciens à la fois par PSA et par d'autres entreprises qui travaillent en partenariat avec elle comme Altran par exemple. Nous avons dépassé cet objectif. Ils étaient ce matin 2 300 ingénieurs et techniciens à travailler sur le projet PSA. Nous avons mis en place un écosystème complet puisqu’on fait de la recherche avancée avec les universités marocaines“, soutient Jean-Christophe Quemard.
Pour ce qui est du prix de la nouvelle Peugeot 208 qui sera commercialisée prochainement, Jean-Christophe Quemard a affirmé que : “le prix ne sera pas dévoilé pour l’instant. Ce sera fait lors du lancement commercial de cette voiture, dans quelques semaines. La voiture sera commercialisée dans la dernière partie de l’année aussi bien ici au Maroc qu’en France et les autres pays. Cette voiture est promise à un grand succès“.
Le Maroc, un choix de raison
Pour ce qui est du choix du Maroc pour l’implantation de l’usine PSA, le vice-président de la région Mena du constructeur français a évoqué deux principales raisons.
La première est en lien avec l’emplacement géographique du pays. “Le point de départ était notre volonté de développement dans la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord. Le Maroc est dès lors apparu comme un choix judicieux comme base de production pour toute la région. Le 2e point est en lien avec la compétitivité du Maroc. Le royaume s'est organisé pour qu’en termes de compétitivité, l'investissement y soit attiré. Au total, 80 pays seront servis au départ du Maroc, dont potentiellement tous les pays d'Afrique. Toutes les voitures à destination africaine seront produites ici“, note Jean-Christophe Quemard.
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