L’attrait pour les dépôts à terme n’est plus le même, aussi bien pour les clients que pour les banques.
Pour la clientèle, il y a le facteur de la baisse remarquée des taux rémunérateurs de ces dépôts qui entre en jeu. En 2014, les comptes et bons de caisse à 6 mois et 12 mois rapportaient en moyenne entre 3,5% et 4%. Une rémunération qui ne cesse depuis de s'effriter comme le montre ce graphe :
Evolution des taux moyens pondérés des comptes et bons à terme (source : BAM)
En bleu: Taux moyens pondérés des comptes et bons de caisse à 6 mois/ En rouge: Taux moyen pondérés des comptes et bons de caisse à 12 mois
Selon les dernières données disponibles à fin janvier 2019, le taux moyen pondéré des comptes et bons de caisse à 6 mois s’élève à 2,87%, alors que sur une durée de 12 mois, le taux moyen ressort à 3,13%.
A préciser que ces taux "moyens" ne reflètent pas les taux standards appliqués par les banques à une grande portion de la clientèle particulière. Ces moyennes sont tirées à la hausse par les taux accordés aux grands comptes sur leurs DAT, notamment les institutionnels (compagnies d'assurances et caisses de retraite).
En effet, à partir d'un seuil de dépôt de 1 millions de dirhams, le client (particulier ou institutionnel) peut effectuer une demande de dérogation, et donc négocier un taux plus conséquent que les taux standards offerts par les banques.
Aujourd'hui, ces taux standards varient entre 2,2% et 2,8%, selon les durées. Un rendement modeste, eu égard à l'inflation (entre 1 et 2%) et aux pénalités imposées en cas de retrait de l'argent déposé avant l'échéance. La préférence est donc prononcée pour les comptes sur carnet qui en dépit d'une rémunération moindre, sont plus souples et n'impliquent pas de pénalités.
Une situation qui arrange les banques il faut le dire. Puisque cette baisse des taux des dépôts à terme leur permet d'optimiser les coûts de collecte des ressources, surtout dans un contexte où les emplois ne décollent pas.
Car si la rémunération des comptes sur carnet est indexée sur les taux des bons du Trésor, celle des comptes à terme est librement fixée par les banques, selon leurs besoins.
Et il faut dire que même si les taux des DAT augmentent, cette augmentation se fait généralement en premier lieu sur les taux préférentiels réservés aux grands comptes, et l'impact sur les taux standards adressés souvent aux particuliers est minime.
