Le crédit bancaire a progressé de 3,2% en 2018 : une croissance en trompe l'oeil

Abir Labied

| Le 31/1/2019 à 15:39

Alors qu'elle était limitée à 1,2% en novembre, la croissance des crédits à l'économie est passée à fin décembre à 3,2%. Un miracle rendu possible grâce aux prêts accordés en fin d'année aux sociétés financières, dont la quasi majorité sont des filiales de banques. 

A fin 2018, le crédit bancaire a atteint un encours de 870 milliards de dirhams, en hausse de 3,2% (+27,2 milliards) par rapport à 2017, selon les dernières statistiques de Bank-Al Maghrib (BAM).

Cette hausse résulte de la progression de :

+2% des prêts à l’équipement;

+6,2% des crédits de trésorerie;

+6,1% des crédits à la consommation; 

+3,6% des crédits immobiliers : une progression portée par les crédits à l'habitat (+5,6%) et qui cache la chute de 3,5% des crédits aux promoteurs immobiliers. Une donnée qui reflète la crise qui traverse le secteur de la promotion immobilière. 

Bank Al Maghrib donne pour la première fois les chiffres des financements particpatifs à l'habitat dont l'activité n’a démarré effectivement qu’en 2018. Leur encours s'établi à près de 4 milliards de dirhams. 

Une croissance artificielle boostée par les prêts intra-groupe

Cette évolution globale du crédit peut paraître positive à première vue. Mais elle est trompeuse. 

En novembre, la progression des crédits à l'économie était limitée à 1,2%. Elle est passée en un mois à 3,2%. Par quel miracle ? 

En décembre, l'encours des crédits a augmenté en fait de 22 milliards de dirhams, soit plus de 80% du surplus engrangé pendant toute l'année. Un volume dont la moitié a été affecté aux sociétés financières, dont la quasi majorité sont des filiales de banques. 

Autre catégorie de crédits qui a boosté l'activité en décembre : les crédits de trésorerie. Ils ont progressé de 10,3 milliards sur toute l'année, dont 8 milliards rien qu'en décembre. Un finish qui s'explique par le déblocage massif de lignes de trésorerie pour les entreprises mais également pour les sociétés financières. 

Des prêts intra-groupe donc qui ont sauvé artficiellement l'année et embelli les chiffres de l'exercice. 

A noter au final que les créances en souffrances ont progressé de 2,5% pour un encours de 65,2 milliards de dirhams. Le taux des créances en souffrances reste ainsi à un niveau élevé de 7,5%, reflétant ainsi les difficultés des ménages et des entreprises à honorer leurs engagements vis-à-vis des banques. 

 

 

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