Réforme de la formation professionnelle: les recommandations du Conseil supérieur de l'éducation
Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique livre son diagnostic et ses recommandations pour une "réelle" réforme de la formation professionnelle au Maroc.
Dans un rapport présenté ce mercredi 16 janvier, le CSEFRS énumère les défis et les défaillances d'une réforme qui peine à se dessiner. Il révèle une évolution remarquable du nombre des stagiaires, dans un contexte d'inégalité au niveau des différents secteurs de formation, des régions, du genre et des niveaux de formation.
Parmi les observations relevées:
- Hausse du taux d'affluence, confrontée au sous-équipement en matière de sièges, qui couvrent moins de la moitié des inscrits au concours d'accès;
- inégalité en terme d'évolution de l'infarstructure au niveau des secteurs de formation;
- manque de mécanismes de planification, de définition des besoins et d'adaptation des formations au marché de l'emploi;
- manque de perspectives de formation;
- faible taux d'insertion des lauréats et dépahasage avec le budget alloué au secteur.
Défaillances de taille
Le rapport du Conseil pointe plusieurs défaillances tant au niveau de la gestion que du financement:
- Cumul et chevauchement des approches et procédés de formation et manque d'harmonie et de sélectivité;
- faibles budget et rationnalisation de l'usage des revenus et des investissaments;
- manque de coordination entre les différentes parties concernées, favorable aux conflits d'intérêts;
- perception négative de la formation professionnelle, justifiée par les obstacles d'accès au marché de travail et les limites des perspectives d'études.
Clés de réforme
Le Conseil propose trois clés de réforme:
- intégration de la formation professionnelle dans l'enseignement global, à la faveur d'un nouveau positionnement et de nouvelles métodes de gestion et de financement;
- mise en valeur de la formation professionnelle en vue de redorer son image et son rôle;
- définition des besoins essentiels, en adéquation avec les politiques publiques et le soutien social aux jeunes n'ayant pas suivi des études.
Une réforme à la peine
Le Maroc compte près de 350 établissements publics de formation professionnelle. L’OFPPT met chaque année 194.000 nouveaux lauréats sur le marché de l’emploi.
Le HCP et la Cour des comptes avait, à plusieurs reprises, pointé du doigt les défaillances du système et la gestion de l'OFPPT.
Le 1er octobre 2018, le Roi Mohammed VI avait présidé une séance de travail consacrée à ce secteur avec à la clé "la mise à niveau de l’offre de formation professionnelle, la diversification et valorisation des métiers et la modernisation des méthodes pédagogiques".
La feuille de route accuse un sérieux retard malgré le délai supplémentaire accordé par le Roi.
Lire aussi: L'échec de la formation professionnelle, un secret de polichinelle enfin pris à bras-le-corps
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