Sahara: Le Maroc saisit le Conseil de sécurité au sujet des violations du polisario
Le Royaume du Maroc a saisi, jeudi, le Conseil de Sécurité et le Secrétaire Général des Nations-Unies au sujet des violations et des provocations du polisario dans la zone tampon de Guergarate, ainsi qu’à l’Est du dispositif de défense au Sahara marocain, annonce l'agence MAP.
"Au nom du Gouvernement du Royaume du Maroc, je voudrais porter à votre connaissance que le ‘polisario’ persiste dans ses violations et provocations dans la zone tampon de Guergarate, ainsi qu’à l’Est du dispositif de défense au Sahara marocain", lit-on dans les deux lettres adressées par l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, au Conseil de Sécurité et au SG des Nations-Unies.
A cet égard, le Maroc, preuves et photos à l’appui, attire l’attention des membres du Conseil de Sécurité et du SG de l’ONU sur les trois violations suivantes :
- Le 6 janvier 2019, les milices armées du 'polisario' ont organisé des manœuvres militaires et des exercices de combat, avec des équipements lourds et des munitions réelles, dans la localité de Mheiriz, à l’Est du dispositif de défense au Sahara marocain.
- Le 7 janvier 2019, le 'polisario' a procédé au déplacement d’une soi-disant ‘structure administrative’ dans cette même localité de Mheiriz.
- Le 8 janvier 2019, le 'polisario' a déployé deux véhicules militaires dans la zone tampon de Guergarate.
Par conséquent, le Royaume du Maroc a tenu à "condamner vigoureusement" ces actes "déstabilisateurs" qui violent l’accord militaire n.1 et "menacent dangereusement le cessez-le-feu", affirmant qu’ils sont "manifestement un affront au Conseil de sécurité et un défi à son autorité".
"Ces agissements constituent une violation flagrante des dispositions de la résolution 2414 du 27 avril 2018, par laquelle le Conseil de Sécurité a enjoint au 'polisario' de se retirer immédiatement de la zone tampon de Guerguerate et lui a ordonné de ne pas se livrer aux actes déstabilisateurs de déplacement de structures administratives à l’Est du dispositif de défense au Sahara marocain", souligne le texte des lettres adressées au Conseil et au Secrétaire Général.
>RESOLUTION 2440: LA LECTURE DE NASSER BOURITA
Plus grave, lit-on encore dans les deux lettres, ces agissements représentent un "reniement condamnable des engagements du 'polisario' de ne plus retourner à la zone tampon de Guergarate, ni transférer aucune structure à l’Est du dispositif de défense".
Les deux documents rappellent aussi que ces engagements ont été exprimés par le "polisario" à l’Envoyé personnel Horst Köhler, lors de sa visite dans les camps de Tindouf, le 26 juin 2018, et ont été communiqués par l’Envoyé personnel aux membres du Conseil de Sécurité, le 8 août 2018 et repris dans le rapport du Secrétaire général du 3 octobre 2018.
Enfin, ces violations transgressent la résolution 2440, du 31 octobre 2018, par laquelle le Conseil de Sécurité a pris note "des assurances" fournies par le "polisario" à l’Envoyé personnel du Secrétaire général de ne pas déplacer de structures administratives au Sahara et de sa volonté de s’acquitter de ses obligations pour ce qui est de la zone tampon à Guerguerate, conformément à la résolution 2414.
Les lettres du Maroc rappellent, dans ce sens, que le Conseil de Sécurité a, en particulier, demandé au "polisario" de respecter pleinement les engagements qu’il a pris auprès de l’Envoyé personnel au sujet de Bir Lahlou, Tifariti et la zone tampon à Guerguerate.
Le Royaume du Maroc a dénoncé la duplicité du "polisario" qui prétend l’existence d’une crise humanitaire dans les camps de Tindouf et demande l’augmentation de l’assistance humanitaire, tout en dépensant des millions de dollars dans des manœuvres militaires. Ce qui devrait interpeller la communauté internationale, en général, et les pays donateurs en particulier.
"Il apparait évident qu’en recourant à l’escalade et aux provocations, et en faisant fi de ses engagements, le 'polisario' vise à torpiller les efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel pour la relance du processus politique, au lendemain de la réussite de la table-ronde de Genève, les 5 et 6 décembre 2018 et à la veille de la deuxième table ronde, prévue dans les prochaines semaines", fait observer le Royaume du Maroc.
Dans ses deux lettres, l’ambassadeur Hilale a rappelé que le Conseil de sécurité avait expressément conditionné l’avancement du processus politique, à l’arrêt définitif des violations du "polisario" sur le terrain, soulignant que la résolution 2440 stipule clairement que "le plein respect par le polisario de ces engagements aidera à maintenir l’élan en faveur du processus politique".
L’ambassadeur du Maroc a, enfin, averti le SG et le Conseil de sécurité que le Royaume du Maroc ne saurait tolérer la récurrence de ces provocations qui menacent sérieusement la paix et la sécurité régionales et compromettent les efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel, les appelant, au même titre que la Minurso, à condamner ces violations et exiger du "polisario" de les arrêter immédiatement, de mettre en œuvre ses engagements et de respecter les résolutions du Conseil de sécurité.

Le Maroc a déjà annoncé à plusieurs reprises qu'il n'acceptera jamais l'installation d'une structure administrative ou militaire dans les zones du Sahara situées à l'extérieur de la ceinture de défense, ce qui constituerait une rupture du statu quo et un fait accompli.
Une opération militaire marocaine de recouvrement de ces zones situées à l'extérieur de la ceinture marocaine n'est pas totalement exclue mais elle est improbable dans la situation actuelle. Le Maroc va certainement vouloir maintenir la pression sur les parties adverses tout en laissant leur chance aux table-rondes de Genève. Le polisario subit des défaites successives sur le plan diplomatique. Les provocations dans les zones concernées lui permettent "d'exister".
Le forum des FAR annonce de son côté, sur sa page Facebook, que des manoeuvres militaires sont programmées à partir de fin mars dans la région de Dakhla, simulant une riposte marocaine massive et un recouvrement des zones situées à l'extérieur du mur après leur nettoyage. Cette option reste improbable dans le contexte actuel, mais en s'y préparant, le Maroc rappelle qu'elle n'est pas exclue et qu'aucune option n'est à écarter en cas de besoin.
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