Campagne agricole 2018-2019: bon démarrage sous une pluviométrie exceptionnelle
Les précipitations abondantes que connaît le Maroc augurent d’une bonne campagne agricole 2018-2019. Les travaux du sol et les semis de céréales avancent bien et le taux de remplissage des barrages s'améliore dans l'ensemble des régions. Voici les derniers chiffres de l’actuelle campagne agricole.
Lors de la même période de l’année dernière, les agriculteurs scrutaient le ciel à la recherche de signes de pluie, en se faisant un sang d’encre pour leurs cultures. Il en va autrement pour l’actuelle campagne agricole.
«La pluviométrie est très bonne cette année, pratiquement l’ensemble des régions sont excédentaires. Et les niveaux de température sont globalement dans la norme, ce qui augure d’une bonne campagne agricole», se félicite Dr Redouane Arrach, directeur de la stratégie et des statistiques au ministère de l’Agriculture.
Selon les chiffres du ministère, arrêtés au 16 novembre 2018, voici les principales réalisations de l’actuelle campagne agricole:
>Céréales
- Travaux du sol : 3,5 millions d'hectares réalisés sur un objectif de 4,5 M ha.
- Semis : environ 2,5 millions d'hectares emblavés sur un objectif de 5 M ha. L’état d’avancement des semis s’explique par un retard d’emblavement dans la région du Gharb, les importantes précipitations rendant difficile l’accès aux terres dans cette région.
Parmi les mesures prises par le ministère de tutelle pour cette campagne agricole, figure la mise sur le marché de 680.000 tonnes d’engrais et de 2,2 millions de Qtx de semences sélectionnées dont près de 700.000 Qtx ont été vendus à cette date.
Ces semences sélectionnées sont améliorées génétiquement et certifiées par le ministère de l’Agriculture. Le volume mis sur le marché couvrira largement la demande car, lors des bonnes campagnes comme ce fut le cas l’année dernière, les agriculteurs ont coutume de réserver une partie de leur récolte pour l’utiliser comme semences présentant la même qualité génétique bien que non certifiées.
>Légumineuses alimentaires: sur un objectif de 260.000 ha, 50% ont été réalisés au 16 novembre 2018.
>Exportation d’agrumes: c’est le principal bémol de ce début de campagne agricole. En raison d’une vague de froid ayant frappé le Royaume, les agrumes accusent un retard de maturité d’une dizaine de jours. Les exportations ont atteint 35.000 tonnes, contre environ 100.000 tonnes lors de la même période de la précédente campagne.
>Pluviométrie
La moyenne nationale est actuellement aux alentours de 140 mm, contre 67 mm enregistrée à la même date lors d’une campagne ‘normale’. Mais certaines régions ont vu leur pluviométrie doubler, voire tripler comme c’est le cas à Fès-Meknès, qui a enregistré plus de 300 mm de précipitations.
Cet excédent de pluviométrie bénéfique a profité à l’ensemble du Royaume. Les provinces du Sud ayant enregistré des précipitations supérieures à 50 mm. Ce qui se reflète positivement sur la qualité des pâturages au sein des zones de parcours du Sud, atténuant ainsi les mouvements de transhumance vers le Nord.
Bien entendu, cela se répercute également sur le taux de remplissage des barrages. Ceux dédiés à l’irrigation agricole totalisent actuellement quelque 8 milliards de mètres-cube, soit un taux de remplissage de 60%, contre 4 milliards de mètres-cube lors de la même période de la précédente campagne.
Le barrage de Melouia, qui affichait l’année dernière le plus faible taux de remplissage (14%), atteint en ce moment les 85%. Celui du Loukkos pointe à 80%, et celui du Haouz à 75%. Le plus faible taux de remplissage est enregistré actuellement au niveau du barrage de Doukkala, avec 40%.
à lire aussi
Article : Antidumping sur les couvertures : Mazafil et Cosyfil s'expliquent
Mazafil et Cosyfil demandent l’instauration de droits antidumping sur les importations chinoises et égyptiennes d’étoffes à longs poils pour couvertures. Les deux producteurs dénoncent des prix anormalement bas et défendent une mesure destinée, selon eux, à rétablir une concurrence loyale.
Article : Viandes rouges : la hausse des prix devient-elle la nouvelle norme ?
Après les fortes tensions observées durant la période de Aïd al-Adha, les prix restent orientés à la hausse un mois plus tard. Cette situation interroge d'autant que ces prix, jugés autrefois exceptionnels, s'installent. Les dessous d’une flambée durable.
Article : Gaz naturel : sans cadre légal, la feuille de route marocaine reste fragile
De Nador West Med à l’unité flottante de regazéification envisagée dans l’appel à manifestation d’intérêt, le Maroc commence à dessiner son infrastructure gazière. Mais, faute de loi pour organiser le transport, le stockage, la fourniture et la régulation du marché, les investisseurs restent face à une équation incertaine, déjà renvoyée de gouvernement en gouvernement depuis Abbas El Fassi.
Article : Imad Bakkali, nouveau PDG de Centrale Danone
Il prendra ses fonctions le 1er juillet, en remplacement d’Hervé Barrère, qui quitte le groupe pour des raisons familiales après neuf ans chez Danone. Fort de plus de vingt-trois ans d’expérience dans les biens de grande consommation, il devra poursuivre la transformation de l’entreprise.
Article : Sahara : l’élection de de la Espriella peut-elle faire basculer la position de la Colombie ?
De Bogota à Rabat, l’élection d’Abelardo de la Espriella est observée au-delà de son seul enjeu colombien. Le nouveau président succède à Gustavo Petro, qui avait rétabli les relations avec la "rasd" trois jours après son investiture et multiplié les signaux favorables au polisario. Pour le Maroc, la question est désormais de savoir si cette ligne survivra au retour de la droite au pouvoir.
Article : RGPH 2024 et découpage électoral au Maroc, analyse d'un fossé grandissant entre démographie et représentativité
L'urbanisation rapide confirmée par le recensement de 2024 interroge la physionomie de la future carte électorale marocaine. Alors que certaines banlieues connaissent une forte croissance et que des centres-villes se vident, le ratio d'habitants en âge de voter par député affiche des écarts sans précédent. Décryptage des tensions techniques, géographiques et politiques qui pèsent sur la préparation du scrutin de septembre 2026.