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Brahim Fassi-Fihri: «Le Maroc est de facto membre de la communauté CEDEAO»

Où en est le dossier de l’adhésion marocaine à la CEDEAO ? Existe-t-il des facteurs de blocage, et que pourrait faire le Maroc pour passer outre ? Brahim Fassi-Fihri, président de l’institut Amadeus, répond pour Médias24 à ces interrogations, en marge de la 11è édition des MEDays.

Brahim Fassi-Fihri: «Le Maroc est de facto membre de la communauté CEDEAO»
Zakaria Boulahya
Le 9 novembre 2018 à 17h32 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Des représentants de haut niveau des 15 pays membres de la CEDEAO ont pris part aux travaux de la 11ème édition des MEDays, événement organisé par l’institut Amadeus. Les participants se sont tous déclarés favorables à l’adhésion marocaine. Néanmoins, des blocages persistent, essentiellement pour des raisons économiques. Brahim Fassi-Fihri, président de l’institut Amadeus, nous éclaire à ce sujet. Interview vidéo en fin d'article. Ci-dessous, un verbatim de l'interview.

>Etat d'avancement de la demande d’adhésion marocaine à la CEDEAO

Après le dépôt officiel de la demande marocaine en février 2017, le Maroc a reçu un accord de principe lors du sommet des chefs d’Etat tenu à Monrovia en juin 2017. Le sommet a dans ce sens instruit une commission au sein de la CEDEAO, composée de 5 chefs d’Etat, afin d’étudier la demande marocaine.

Sur le plan diplomatique, la procédure d’adhésion dépend donc aujourd’hui de cette commission. Bien évidemment, le Maroc ne reste pas inactif à attendre les recommandations de cette commission. La diplomatie marocaine est très active dans ce domaine, mais il est aussi nécessaire d’accompagner en parallèle ce processus. Et c’est notamment ce qui guide les actions de l’institut Amadeus, à travers les tables rondes des MEDays, ainsi que par l’organisation, début 2018, d’événements dans les pays d’Afrique de l’Ouest.

>Tournée de l’institut Amadeus et de la CGEM en Afrique de l’Ouest

L’objectif était certes de susciter un débat autour des questions économiques, mais également de comprendre, analyser et cartographier les inquiétudes et réticences quant à l’adhésion marocaine, qui existent pour des raisons spécifiquement économiques.

Les opérateurs économiques et les syndicats font pression sur leurs gouvernements, essentiellement au Nigéria. La posture de ce pays n’est pas tant idéologique que purement économique, car il y sévit un dogme protectionniste très fort.

J’en veux également pour preuve que le Nigéria n’a pas signé les conventions portant création de la zone de libre-échange africaine (ZLECA), en mars 2018 à Kigali. Le Nigéria n’a pas non plus signé les accords de partenariat économique entre la CEDEAO et l’Europe.

Dans une moindre mesure, il existe des réticences dans d’autres pays, où des industriels et des producteurs agricoles s’interrogent. Ce sont des questionnements légitimes, qu’il est nécessaire de comprendre afin de les dépasser, pour que les négociations se déroulent dans un climat de sérénité.

>Le Maroc déjà 1er investisseur en Afrique

Le message que nous souhaitons diffuser est que, économiquement, les entreprises marocaines ne peuvent pas être plus présentes qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Le Maroc est le 1er investisseur en Afrique. C’est aussi le pays qui a signé le plus d’accords bilatéraux avec les pays membres de la CEDEAO. De facto, le Maroc est déjà membre de la communauté ouest-africaine. L’objectif de la demande d’adhésion est d’institutionnaliser cette relation.

>Y a-t-il des pays plus réticents que d’autres ?

Je préfère ne pas parler de pays, vu que les Chefs de gouvernements, y compris celui du Nigéria, ont déjà donné leur accord de principe. Les freins émanent de quelques opérateurs économiques.

D’autres réticences relèvent plus du psychologique, voire du fantasmagorique. Au Nigéria, on entend notamment que le Maroc est le cheval de Troie de la France et de l’Europe. Alors que le Maroc et la France se retrouvent parfois en concurrence en Afrique de l’Ouest.

Il faut dire aussi que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest souhaitent voir le Maroc intégrer la Cedeao, afin de contrebalancer le poids du Nigéria, dont la politique diverge totalement de celle des 14 autres pays membres.

>Les prochaines actions en faveur du dossier marocain

Côté marocain, il n’existe pas de cadre officiel de négociation. En revanche, le patronat et la société civile sont appelés à démultiplier les actions de concertation et d’échange avec nos frères ouest-africains. Cela peut grandement contribuer à instaurer un climat de confiance, favorable au dossier marocain.

>Apport de l’institut Amadeus

Dès le dépôt de la demande marocaine, l’institut Amadeus a organisé des événements, initié des études économiques… Les 15 pays membres de la CEDEAO sont présents aux MEDays 2018, avec un haut niveau officiel de représentation. Ce qui permet aussi de débattre dans un cadre informel, en toute sérénité et fraternité.

C’est notre premier objectif, car il y a un débat en Afrique de l’Ouest sur l’adhésion marocaine, sans que le Maroc ne puisse y prendre part. D’où l’intérêt de manifestations telles que les MEDays, qui permettent d’aborder les blocages de part et d’autre, car le Maroc a aussi ses propres interrogations. Nous sommes demandeurs et non quémandeurs, car le Royaume est conscient de son apport dans divers secteurs: industrie, agriculture, sécurité,… à même de renforcer la CEDEAO qui, à terme, peut devenir la 15è puissance économique mondiale, et la 10è à l’horizon 2030.

>Adhésion progressive à la CEDEAO

Sur le plan politique, le Maroc peut adhérer dès aujourd’hui à l’ensemble des mécanismes de la CEDEAO. Quant au volet économique, l’instauration d’un cadre de libre-échange sera la première phase d’intégration, ce qui rejoint parfaitement les objectifs de la ZLECA.

Ci-après l’interview complète de Brahim Fassi-Fihri, président de l’institut Amadeus.

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Zakaria Boulahya
Le 9 novembre 2018 à 17h32

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