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GMT + 1 : “Le changement n'aurait pas gêné, s'il y avait eu une planification”, Jacques Knafo

Le changement des horaires scolaires selon les régions ne perturbe-t-il pas un système éducatif déjà mis à mal ? Médias24 a posé la question à Jacque Knafo, membre du Conseil supérieur de l'Éducation, de la Formation et de la Recherche scientifique et président de la Fédération marocaine de l’enseignement supérieur privé.

GMT + 1 : “Le changement  n'aurait pas gêné, s'il y avait eu une planification”, Jacques Knafo
Hayat Gharbaoui
Le 9 novembre 2018 à 17h14 | Modifié 9 novembre 2018 à 17h14

La rentrée qui a suivi les vacances de novembre se trouve perturbée à plus d'un titre. Indépendamment de la polémique sur le maintien du GMT+1, Médias24 a interrogé Jacque Knafo, membre du conseil supérieur de l'Éducation, de la formation et de la recherche scientifique et président de la Fédération marocaine de l’enseignement supérieur privé.

GMT + 1 : “Le changement  n'aurait pas gêné, s'il y avait eu une planification”, Jacques Knafo

Médias24. Vous avez certainement suivi la polémique suscitée par les changements d'horaires scolaires suite à l'instauration du GMT+1 et qui ont mené les étudiants à protester. Qu'en pensez-vous ?

Jacques Knafo. Tout changement apporte en général son lot de problèmes. Je pense que cela concernera essentiellement le primaire et le secondaire plutôt que le supérieur. Car, dans les universités publiques et privés ou dans les écoles supérieures, il y a des dispositions un peu particulières. Elles ne seront donc pas forcément handicapées par ces nouveaux horaires.

C'est handicapant surtout pour le primaire et le secondaire dans le sens où les parents doivent accompagner leurs enfants. Il faut aussi prendre en considération l'éloignement. Le changement des horaires pose donc un problème non-négligeable. Il faut aussi dire que si on avait annoncé cela plus tôt, les gens auraient pu prendre des dispositions prévisionnelles. Ça n'a pas été le cas.

-Selon vous, est-ce une bonne idée d'instaurer des horaires différents selon les régions et les académies pour le changer quelques mois plus tard et le ramener aux horaires habituels ?

-C'est ce que j'appelle la pagaille. Nous sommes en train de jouer à ce qu'on appelle les "apprentis-sorciers". Tant qu'on n'a pas compris qu'on n'a pas de baguette magique à la main et qu'on instaure des choses qu'on ne maîtrise plus par la suite, le problème persistera. Actuellement, cette problématique des horaires n'est pas maîtrisée. On ne peut pas remettre en question de cette façon les horaires scolaires, car cela créé de gros décalages.

Quand on doit prévoir un changement stratégique, car nous sommes face à un changement stratégique, important, on doit s'asseoir avec tout le monde. On essaie d'abord d'avoir les informations d'une part, et ensuite, on négocie avec les parties prenantes.

Pourquoi cet horaire est décidé à la dernière minute ? C'est cela qui est énervant et qui a causé toute cette pagaille. Si on avait au moins planifié tout cela de manière intelligente et coordonnée au sein du secteur de l'Education nationale, mais aussi avec les autres parties prenantes, on aurait pu éviter tout cela. Peut-être que les gens auraient pu apporter les uns et les autres des éclairages qui auraient permis de bien organiser les choses.

-Le Maroc est inscrit dans une réforme du système éducatif. Un tel changement ne vient-il pas perturber également la bonne marche de cette réforme ?

-Depuis 35 ans, croyez-moi des réformes, il y en a eu. Le problème, c'est qu'on ne va pas au bout des choses. Or, le Conseil supérieur de l'Education a proposé une vision stratégique qui doit être, à mon avis, appliquée rapidement.

On parle d'une vision stratégique 2015-2030, nous sommes en 2018, nous avons déjà trois ans de retard. Si on veut un décollage économique, on doit commencer par l'Education et la Santé. Tant qu'on n'a pas ces deux là, beaucoup de chantiers sont morts d'office.

Le changement d'horaire ne m'aurait pas gêné, s'il y avait une planification claire, nette et précise. Et que ce changement se fasse en fonction de ce que nous voulons comme éducation et comme formation. Aujourd'hui, on est en train de se poser un tas de questions sur la réalisation d'un ensemble de mesures recommandées dans le cadre de la vision stratégique que Sa Majesté a approuvée. Qu'est-ce qu'on attend pour les appliquer ? La réforme de l'Education est un tout. On ne peut pas isoler uniquement le planning horaire.

-Mais le planning horaire fait justement partie entre autres de cette grande réforme ...

-Bien sûr qu'il en fait partie, comme la masse horaire. Vous savez que la masse horaire que l'on applique aujourd'hui dans l'Education est anormale et n'est pas justifiable, car on n'utilise pas les bons outils. Nous sommes en 2018, les outils pédagogiques sont complètement différents. Les cours ont changé. Il faut que les gens comprennent que les professeurs sont mis en contradiction avec internet. L'étudiant amène la contradiction lui-même à son professeur.

À partir du moment où vous touchez à l'édifice tout risque de s'écrouler. Effectivement le déclencheur ici ce sont les horaires, mais je pense qu'il faut réellement s'atteler aux problèmes de fond. Le Conseil supérieur a fait un important travail, pourquoi le politique ne suit pas ?

Cette décision perturbe tout un système d'autant plus qu'on ne sait même pas sur quoi cette décision a été basée. Nous n'avons pas eu d'éclairage réel.  

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Hayat Gharbaoui
Le 9 novembre 2018 à 17h14

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