Après rénovation, le Musée Dar Si Said de Marrakech rouvre ses portes
Dans le cadre de sa stratégie de rénovation des musées, la Fondation Nationale des Musées (FNM) a réhabiliré le Musée Dar Si Said de Marrakech, rebaptisé "Musée National du Tissage et du Tapis". L'établissement rouvre ses portes au public ce jeudi 28 juin.
Depuis sa passation à la Fondation Nationale des Musée du Maroc, et suite aux travaux de restauration qu'il a connus, l'espace rouvre ses portes et offre aux visiteurs nationaux et étrangers un nouveau parcours scénographique mettant en lumière l’art ancestral du tissage et du tapis.
Dans sa nouvelle conception, Dar Si Saïd offre une véritable structure muséale qui souhaite rendre hommage aux centres de production de tapis, à la fois rural et citadin, tout en gardant intact l’esprit du lieu.
Planté au cœur de l'ancienne médina de la ville ocre, le Musée National du Tissage et du Tapis Dar Si Saïd est un joyau architectural. Le musée conforte son positionnement atypique par la richesse et la profondeur temporelle de ses collections. Ces dernières font du musée un excellent cadre de contemplation du patrimoine marocain.
Au-delà d’un emplacement géographique qui le définit, l’ambition du Musée National du Tissage et du Tapis va bien au-delà d'une simple rénovation. Le musée a pour ambition d’assurer sa mission fondamentale de diffusion de la connaissance. Les visiteurs vivront une véritable expérience muséale qui leur permettra de redécouvrir ou d’en apprendre davantage sur un art traditionnel pérenne, emblématique de la culture marocaine.
L'exposition présentée au Musée National du Tissage et du Tapis Dar Si Saïd se décline en deux grands axes:
- Le premier axe met en relief la richesse et la diversité du tissage marocain: Rural ou citadin, l’authenticité de ce savoir-faire se manifeste à la fois dans les supports utilisés (velours, soie, brocart, cuir…) que dans les produits obtenus (caftans, sacs, babouches, handira, jellaba…). Cette collection est complétée par un ensemble d’objets pour agrémenter l’exposition et présenter le tissage dans son entourage. Nous découvrirons ainsi une collection de bijoux, d’accessoires d’apparat féminin, d’armes, d’objets du quotidien… provenant des collections de la Fondation Nationale des Musées.
- Le deuxième axe est dédié au tapis en tant que véritable jalon social et historique: L'accent est mis sur les différentes phases par lesquelles passe la production du tapis et le présente dans ses différentes variantes et représentations tout en se focalisant sur la diversité des centres de production plantés dans les quatre coins du pays.
Le Maroc se distingue par deux grandes catégories d’œuvres: le tapis citadin et le tapis rural. Le tapis citadin se concentre dans la région de Rabat, Médiouna et Casablanca. Il offre souvent bien une forme rectangulaire avec un encadrement de plusieurs bandes timbré d’un médaillon octogonal au centre. Quant au tapis rural, il est tissé au Haut-Atlas, dans la région de Marrakech Tensift, dans l’Anti-Atlas ainsi qu’au Maroc oriental.
Dans la région de Tensift et les environs de Boujaâd, à titre d’exemple, les tapis sont produits par des groupes arabes tels que les Rhamna, les Ahmar, les Chiadma, les Oulad Bousbaa installés dans ces régions depuis le XIVe siècle. Ces tapis se singularisent par l’emploi de laine teinte de rouge brique et se distinguent par un répertoire entre le registre floral et géométrique.
Le tapis du Haut Atlas, en particulier celui des Aït Ouaouzguite, est fabriqué à partir d’une laine naturelle ou teinte. Son champ est soit organisé autour d'un médaillon central encadré par des motifs souvent symétriques, soit ornementé d’une succession de bandes transversales de largeur variable avec un caractère géométrique accentué.
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