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Tension au Sahara: Règlement diplomatique ou par voie militaire?

La nouvelle incursion d’éléments du polisario dans la zone de Guerguarate ainsi qu'à l'est du mur est considérée comme un véritable casus belli par le Maroc. S’il va tenter de rétablir le statu quo antérieur avec une réaction diplomatique "très ferme" auprès de l’ONU, le Royaume n’exclut plus, à mots couverts, une intervention militaire pour déloger les intrus. Selon un géopoliticien et un expert en affaires militaires, la situation se réglera soit de manière diplomatique ou par la prise de contrôle de la zone tampon.

Tension au Sahara: Règlement diplomatique ou par voie militaire?
Samir El Ouardighi
Le 2 avril 2018 à 22h56 | Modifié 11 avril 2021 à 2h45

Dans une déclaration à Médias24, une source autorisée affirmait que "toutes les options sont ouvertes" pour rétablir les accords onusiens mis à mal par les «provocations" du polisario.

En d’autres termes, si l’ONU n’est pas en mesure d’y arriver, le Maroc envisage de se substituer à la Minurso en nettoyant cette zone de la présence des éléments provocateurs du polisario.

Selon le géopoliticien El Moussaoui El Ajlaoui, le fait que le ministre Nasser Bourita ait promis une "réaction ferme vis-à-vis des provocations du Polisario dans la région", montre que le Maroc a désormais choisi de passer d’une stratégie défensive à offensive.

La passivité de l’ONU entraînera de facto une offensive militaire du Maroc

"Si le Maroc n’intervient pas d’une manière ou d’une autre, cela finira par normaliser la présence du polisario dans toute la zone tampon frontalière avec la Mauritanie et l’Algérie. La finalité de ses incursions répétées à Guerguarate et ailleurs est de faire reconnaître sa souveraineté sur ces zones et mettre l’ONU devant le fait accompli comme n’a cessé de le dénoncer Bourita dimanche au parlement.

"Dans le cas où il n’y aurait pas de solution diplomatique, les accords de cessez-le-feu signés en 1991 risquent de voler en éclats. Si l’ONU ne déloge pas en douceur les 14 éléments du polisario, il y a un grand risque que les deux belligérants entrent dans une phase de guerre. La balle est donc dans le camp du secrétaire général Guterres mais je pense que son rapport et la résolution du Conseil de sécurité seront favorables au Maroc et que le problème sera réglé au mois de mai prochain", rassure Al Ajlaoui.

Avant d’arriver à une option militaire, le Maroc va tout faire pour que le SG de l’ONU envoie sur place la force de la Minurso pour obliger les éléments du polisario à démonter leur camp de Guerguarate.

Notre interlocuteur écarte une confrontation armée entre le Maroc et le polisario et avance que le problème devrait se régler après l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité; sachant que ces manœuvres dilatoires ont pour seul but de s’imposer aux yeux du Maroc comme seul interlocuteur.

Intervenir militairement, un choix cornélien

Moins optimiste, Abdelhamid Harifi, expert en questions militaires, pense que le but des incursions répétées du polisario, soutenues par l’Algérie, est de faire passer le Maroc pour un pays agresseur.

"Quoi qu’il arrive, il faut rappeler que les 14 éléments du polisario ne sont pas armés. Cela veut dire qu’en dehors d’envoi de patrouilles ou d’avions de chasse volant à basse altitude pour les dissuader de rester sur place, le Maroc ne peut pas initier le combat pour les déloger.

"Ouvrir le feu est le dernier recours du Maroc car il pourrait le discréditer aux yeux de l’opinion internationale. Si d’ici le 30 avril, l’ONU n’a pas rétabli la situation, le Maroc pourra agir militairement avec l’assentiment des puissances du Conseil de sécurité pour prendre le contrôle de la zone tampon", avance Harifi.

C’est donc une bataille délicate car si le Maroc décide de rétablir l’ordre sur place en faisant intervenir les FAR, il devra ensuite initier un combat diplomatique pour légitimer son action.

Un scénario possible sachant que, selon notre source, le Maroc a engagé depuis des années des manœuvres militaires simulant la prise de contrôle de la zone tampon.

La prochaine étape sera forcément diplomatique jusqu'au 30 avril. Ensuite, les options dépendront de la résolution du Conseil de sécurité et de la situation sur le terrain.

 

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Samir El Ouardighi
Le 2 avril 2018 à 22h56

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