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Forces et faiblesses de la marine royale selon un centre d'études espagnoles

Durant les cinq dernières années, la marine royale a acquis quatre frégates qui ont permis d’effectuer un saut qualitatif et quantitatif. Selon le groupe d’études en sécurité internationale (GESI), le Maroc doit encore effectuer quelques achats pour devenir la 1ère puissance navale du continent.   

Forces et faiblesses de la marine royale selon un centre d'études espagnoles
Samir El Ouardighi
Le 21 mars 2018 à 17h25 | Modifié 11 avril 2021 à 2h45

Réalisée par Josep Baques, professeur de sciences politiques à l’université de Barcelone, une étude du GESI sur l’armée marocaine permet d’en savoir plus sur la manière dont celle-ci peut être perçue en Espagne.

Après deux articles consacrés à l’armée de terre et aux forces aériennes, Médias24 vous livre la synthèse de cette étude sur l’état actuel de la Marine royale qui a acquis récemment plusieurs bâtiments de guerre.

Quatre nouvelles frégates ultramodernes mais "sous-équipées"

Avec l’acquisition de quatre frégates de dernière génération, le Maroc a, selon l’étude du GESI, accompli un véritable saut qualitatif et quantitatif même s’il faut préciser qu’en termes quantitatifs, la marine royale partait de presque zéro car elle ne disposait que de deux frégates avant ses achats.

Ces frégates françaises de type «Floréal», nommées Hassan II et Mohamed V, sont considérées par les experts espagnols comme des navires de patrouille et pas de combat. S’ils disposent d’une autonomie de 10.000 miles à 15 nœuds et sont équipés de 2 missiles antinavires Exocet, ces navires de 3.000 tonnes à pleine charge (94 mètres de longueur et 14 en poutre) ne sont pas vraiment rapides (18 noeuds) et ont des capacités de combat limitées.

Selon l’auteur, le vrai tournant en termes d’équipements réside dans l’achat récent de la grande frégate Mohammed VI et de ses «3 écuyers-frégates» Tarik Ibn Ziyad, Moulay Ismail et Allal Ben Abdellah.

La frégate Mohammed VI est la frégate européenne FREMM qui a coûté 470 millions d’euros. Elle a été conçue pour tous les types de missions (défense anti-aérienne, lutte sous-marine et combat en mer) ce qui va permettre au Maroc d’améliorer sa capacité de combat en haute mer.  

Le fleuron de la marine royale dispose en effet d’équipements ultramoderne: canon 76/62 ultra-rapide, missiles anti-aériens Aster-15 avec système de lancement vertical, missiles anti-navires Exocet MM-40, torpilles anti-sous-marins MU-90 et un radar multifonction Herakles.

L’étude pointe l’absence des 16 missiles SCALP de longue portée qui constituent la «poigne de fer» de leurs homologues français. L’absence de cette arme redoutable est due à la législation interdisant l’export de missiles d’une portée supérieure à 400 km alors que les Scalp dépassent les 1.000 km.

Elle relève également l’absence d’hélicoptères pour détecter les menaces des sous-marins. Ainsi, le renforcement de la flotte d'hélicoptères embarqués suit un rythme trop lent, de sorte que le potentiel limité de l'aviation navale marocaine entrave les possibilités de maximiser le potentiel de cette frégate.

La marine royale a également acquis trois vaisseaux de type SIGMA, d’origine hollandaise, équipés pour des missions de lutte anti-aérienne, anti-mer et sous-marin de radar aérien de dernière génération, de fusils 76/62, de missiles antiaériens MICA avec système de lancement vertical, de missiles anti-navires Exocet, de torpilles anti-sous-marines A244 et d’un hangar pour un hélicoptère. 

D’un coût unitaire de 150 millions d’euros, ces frégates qui sont très agiles en haute-mer sont cependant dépourvues d’hélicoptères pour affronter d’éventuelles menaces sous-marines.

Sans l’apport de cet hélicoptère qui prend le relais pour pallier la portée limitée de leur sonar, elles ne peuvent pas détecter les sous-marins ou des navires distants de plus de 80 kilomètres alors qu’elles sont équipées de missiles d’une portée de 180 kilomètres. De plus, les SIGMA disposent de batteries antiaériennes missiles au nombre limité qui les rend très vulnérables aux attaques aériennes de saturation ou, simplement, à plusieurs vagues d'attaques successives.

En dehors de ces frégates sous-équipées, l’étude mentionne les achats urgents que doit effectuer le Maroc pour compléter son arsenal insuffisant pour faire face aux menaces éventuelles des voisins.

Les lacunes de la marine royale

Le GESI relève l’absence de flotte sous-marine bien qu’il évoque des négociations en cours avec les Russes pour en acquérir 3 ou 4. Si ces achats se confirment, ils devraient avoir des conséquences indirectes pour les autres marines de la région qui se livreront aussi à une course aux sous-marins.

En plus de l’absence de sous-marin (300 et 600 millions d’euros l’unité) dans l’arsenal maritime du Maroc, l’auteur pointe du doigt le nombre limité d’unités de combat (6 frégates).

Ainsi, malgré l’effort consenti pour acquérir les 4 frégates (environ 1 milliard d’euros), les investissements actuels d’équipements ne sont pas suffisants pour en faire une marine de guerre.

Si le saut qualitatif est indéniable (une seule frégate dans les années 70 et 6 aujourd’hui), le nombre actuel de vaisseaux du Maroc reste très insuffisant par rapport à des voisins comme l’Espagne ou l’Algérie.

A titre comparatif, l’Algérie dispose de 6 sous-marins russes de combat dont deux équipés de missiles permettant des frappes anti-mer et anti-terre. Ce voisin possède également deux porte-aéronefs d’une capacité de 8 hélicoptères dont est dépourvue la marine royale. Durant les 5 dernières années, ce pays a acquis 2 frégates allemandes, 4 chinoises sans compter d’autres achats en cours

Afin de faire face à d’éventuelles menaces, la marine royale devrait logiquement combler à l’avenir ses lacunes en consacrant davantage de moyens financiers à des achats de nouveaux équipements.

Si l’étude ne s’est pas intéressée aux moyens humains de la marine marocaine qui compte 15.000 hommes, il convient de mettre en avant sa qualité sachant qu’elle est une des seules du continent à prendre part à des manœuvres communes internationales avec les plus grandes armées du monde.

Il reste donc à développer quantitativement la flotte pour qu’elle passe d’une marine marchande à une vraie marine de combat et devenir, «l'une des plus importantes du continent africain».

Selon nos sources, la nouvelle base navale de Ksar Seghir est achevée et opérationnelle. C'est un grand acquis pour la marine royale appelée à défendre le MAroc, le flanc sud du Détroit et la façade maritime d'une partie importante du nord-ouest africain.

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Samir El Ouardighi
Le 21 mars 2018 à 17h25

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