Casablanca, plate-forme panafricaine d’innovation grâce à “Futur.e.s”
Ce jeudi 1er mars 2018, le siège de la région de Casablanca-Settat accueillait pour deux jours la version africaine de la grand-messe parisienne de l’innovation ''Futur.E.S". C’est la première externalisation, en dehors des frontières franciliennes, de ce rendez-vous annuel avec le futur.
Au mois de mars 2017, Valérie Pécresse, présidente de la région d’Ile-de-France avait convié les représentants de six villes africaines, à l’occasion du lancement de Sprint, un réseau francophone d’incubateurs, pour favoriser la connexion et les échanges entre les startup de l’Ile-de-France et celles de Casablanca, Alger, Tunis, Dakar, Abidjan et Antananarivo.
Mme Pécresse parle de ''fertilisation croisée", celle des startupeurs franciliens qui développeront leurs activités avec les incubateurs africains. Ce sont notamment les startupeurs d’origine africaine qui partageront avec leurs régions d’origine le fruit de leurs expériences en Europe. Et inversement, de jeunes entrepreneurs africains viendront bénéficier des structures d’accueil de l’Ile-de-France et profiter des dimensions du marché européen.
M. Bakoury, président de la région Casablanca-Settat, également présent à Paris pour le lancement de ce réseau, avait alors saisi la balle au bond et avait proposé d’accueillir le second rendez-vous "Sprint", ainsi que la première délocalisation de l’événement francilien de l’innovation "Futur.E.S".
La cérémonie d'ouverture de Future.E.S in Africa
Cap digital et son vis-à-vis marocain MNC (Maroc Numeric Cluster) se sont aussitôt mis au travail pour pouvoir accueillir dans les meilleures conditions, différents acteurs de l’écosystème du numérique: jeunes entrepreneurs, politiques, animateurs associatifs, chercheurs et investisseurs. Ils sont de France et du Maroc bien sûr, mais aussi d’une dizaine d’autres pays africains.
Trente-deux startup ont été sélectionnées pour participer à cette première édition. Elles sont 14 à développer des solutions innovantes pour l’environnement, 8 travaillent dans le domaine de la santé et 10 autres proposent des outils d’apprentissage numérique (e-learning).
Les dirigeants de ces startup ont été invités dès le mercredi 28 février, à un dîner organisé par la chambre française (CFCIM), où ils purent rencontrer des investisseurs potentiels, dans le cadre de réunions B2B.
Dans une cérémonie organisée le soir du jeudi 1er mars, une startup de chacun des pays membres du réseau Sprint, fut choisie pour recevoir un prix d’encouragement, des mains des initiateurs de l’évènement, Mme Pécresse et M. Bakoury. Tous ces lauréats integreront le réseau Sprint et béneficieront de son réseau et de ses mesures d'accompagnement.
La cérémonie de remise des prix
Les organisateurs de FUTUR.E.S ont aussi décerné des prix aux projets les plus innovants :
>>Le prix Projet Maroc de FUTUR E.S In Africa est attribué à La Fondation MASCIR et son projet LAB ON CARD.
>>Le prix Projet France de FUTUR E.S In Africa est attribué à PAY YES pour la solution de paiement mobile innovante
>>Le prix Projet Afrique de FUTUR E.S In Africa est attribué à La KEA MEDICALS du BENIN et sa fondatrice Arielle Ahouansou.
>>Le prix Inclusion Panafricaine de Mazars Group a récompensé AFRICA KEY PARTNERS.
>>Le prix Coup de cœur de FUTUR E.S In Africa est attribué à M. Kodo Sam, Fondateur de INFINITE LOOP du TOGO avec son robot VT-BOT.
Le même jour et dès 10h du matin, des tables rondes se succèdent, où des acteurs de l’économie numérique partagent avec leurs auditoires, leurs expériences numériques. Des dirigeants d’institutions publiques, des fondateurs d’entreprises digitales et des enseignants universitaires, exposent les avantages de l’adoption des solutions numériques, dans les trois domaines retenus pour cette première édition africaine de "Future.E.S'": la communauté (ou le territoire), la santé et la formation.
Le grand public
Le vendredi 2 mars, plus de 150 collégiens, lycéens et étudiants, viendront voir les démonstrations et écouter les explications des startupeurs. C’est pour rester fidèle à l’esprit du festival francilien "Future.E.S", devenu au fil des ans, un lieu de rencontres et de découvertes, pour le grand public en général et pour les futures générations en particulier.
Les perspectives
Pour le réseau Sprint, Valérie Pécresse a déjà assigné à ses dirigeants, un objectif de 200 startup membres, dès mars 2019. Elles sont aujourd’hui 82 jeunes entreprises affiliées aux huit incubateurs du réseau. Beyrouth est la dernière ville à rejoindre ce dernier.
La présidente de la région d’Ile-de-France a rappelé que s’il est du devoir des pouvoirs publics de créer les conditions de collaboration entre les différents acteurs de l’écosystème de l’innovation, ce dernier ne pourra cependant décoller, sans l’apport décisif et l’implication des grands groupes.
Pour l’événement, Future.E.S in Africa, réunir autant d’intervenants à Casablanca est une réussite en soi et un pari gagné des organisateurs. Ces derniers devront maintenir ce rendez-vous annuel, tout en le rendant plus visible et plus professionnel.
En effet, la campagne de communication devrait être pour les futures éditions plus précoce et plus conséquente, afin d’emporter l’adhésion des médias et du grand public.
Enfin, un plus grand nombre de startup, de PME et de grandes entreprises devront être incitées à participer aux prochaines éditions pour mieux favoriser des relations gagnant-gagnant, entre acteurs de l’innovation et décideurs de l’économie ''conventionnelle''.
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