Casablanca. Bus, RER, tramway… Où en sont ces projets?
Un réseau de tram à étoffer, un réseau de bus à haut niveau de service à mettre en place, un RER à l’étude… Autant de projets qui seront achevés ou bien entamés d'ici 2020. Etat des lieux.
"La logique globale derrière la nouvelle politique de mobilité est de compliquer la vie aux usagers des moyens de transports individuels qui veulent se rendre au centre ville. La nouvelle politique de stationnement, déjà lancée, privilégiant les zones à horodateurs dans la ville de Casablanca, va également dans ce sens". La déclaration est de Youssef Draiss, DG de Casa Transport, s'exprimant lors d'une rencontre avec la presse, tenue mardi 12 décembre.
Où en sont donc les grands projets de mobilité ?
Un nouveau réseau de bus. 18 communes seront desservies en 2019
Il faudra presque deux années pour qu’un nouveau réseau soit mis en place. Le contrat avec Mdina Bus en charge de la gestion de l'actuel réseau, très critiqué, arrivera à terme le 31 octobre 2019.
"Les études de restructuration des réseaux bus sont en cours, en vue du lancement de l’appel d’offres en juin 2018 et la désignation par la suite d'un –ou plusieurs- adjudicataire(s), au plus tard en juin 2019", a expliqué à Médias24, le DG de Casa Transport, SDL mandatée par l’Etablissement de coopération intercommunal (ECI) en février 2017.
"Ces études qui seront bouclées en mars 2018 proposeront plusieurs scénarios d’exploitation. Elles détermineront les caractéristiques du réseau et sa densité en tenant compte des futures lignes BHNS (bus à haut niveau de service), leur articulation avec le réseau global et les caractéristiques du matériel roulant : bus de 8, 12 ou 18m" précise Youssef Draiss. "Elles permettront de fixer son choix sur la désignation d'un seul ou plusieurs exploitants, d'introduire la composante électrique et de définir la politique tarifaire ", ajoute-t-il.
Ce réseau couvrira 18 communes contre 12 actuellement.
RER. Le projet dépoussiéré par Bakkoury
"En 2009, après avoir finalisé les études relatives au RER, s’est posée la problématique du montage financier. Qui contribuera au budget -12 MMDH- et à quelle hauteur? Le projet a été abandonné d’autant plus que l’ONCF qui devait être chef de file s’est retiré, préférant se consacrer à d’autres projets", explique Youssef Draiss.
Aujourd’hui, le projet, ressuscité par la région, redevient d’actualité et fait désormais partie de la composante transport (46,6 MMDH) du PDR (plan de développement de la région Casablanca-Settat) pour la période 2017-2030.
"Il a été convenu de mettre en place un réseau RER intra-régional avec 2 axes perpendiculaires: Casablanca-Settat et Bouznika-El Jadida, en passant par l’aéroport Mohammed V. Les études sont en cours pour définir les tracés. Les discussions avancent bien avec l’ONCF et le ministère de l’Equipement", nous confie Moncef Belkhayat, vice président de la région Casablanca-Settat.
"Ce projet sera porté dans le cadre d’un partenariat entre l’ONCF qui sera l’opérateur, la ville et la région en tant que territoires et le ministère de l’Intérieur. Il permettra de mettre en place des trains à des heures fixes et de manière continue, subventionnés dans un premier temps par les collectivités locales et la région", ajoute-t-il.
Il faudra toutefois attendre l’approbation du PDR ( plan de développement de la région) par le ministère de l’Intérieur pour y voir plus clair.
Tramway et BHNS. Réseau complet en 2022
La T2 dont les travaux ont démarré en 2015 sera opérationnelle fin 2018, selon les prévisions de Casa Transport. D’une longueur de 17 Km, elle va relier le boulevard Anoual au quartier de Sidi Bernoussi.
Les travaux préparatoires des T3, reliant Lalla Meriem à la mosquée Hassan II, et T4, raccordant la zone industrielle Moulay Rachid au boulevard Mohammed VI, ont également été lancés. Les deux lignes seront fonctionnelles respectivement en 2021 et 2022.
En plus du tramway, des bus à haut niveau de service (BHNS) avec voie dédiée et d’une grande capacité entreront en service en 2020. Deux lignes sont programmées (voir tracé ci-dessous L5 et L6).
Le métro aérien. BYD est-il réellement dans le coup?
Ni le conseil de la ville de Casablanca, ni la SDL Casa Transport ne sont au courant du projet d’études d'un métro aérien dans la métropole, que mènerait le chinois BYD et qui lui aurait été commandité par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, selon certains médias de la place.
"C’est un ancien projet qui a été abandonné", selon Youssef Draiss, DG de Casa Transport. "Nous avons eu vent de cette information par voie de presse. A ma connaissance, il n'en est rien", nous déclare pour sa part Abdessamad Haiker, vice-président du Conseil de la ville.
Contacté par Médias24 pour savoir si effectivement ce projet a fait l’objet d’un début de négociation avec les Chinois, MHE a répondu par la négative.
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