La BCP en lice pour une prise de participation dans la plus grande banque rwandaise
La banque en question, Bank of Kigali, est la plus grande banque du Rwanda en terme d'actifs. Son actionnaire principal est le gouvernement rwandais. En 2015, elle a réalisé un bénéfice net de 28,2 millions de dollars.
La Banque centrale populaire est en discussions avancées pour une prise de participation dans Bank of Kigali, la plus grande banque du Rwanda avec un total d'actif estimé à plus de 774 millions de dollars en 2015.
Cette information, révélée par le journal rwandais "The New Times" et relayée au Maroc par nos confrères de la Quotidienne, émane d’une déclaration de la directrice générale de Bank of Kigali, Diane Karusisi, lors de l’assemblée générale annuelle de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) qui a démarré mercredi 28 juin à la capitale rwandaise.
"Nous n’avons pas de calendrier précis", a-t-elle déclaré. "Ils [la BCP, ndlr] ont seulement exprimé leur intérêt. Nous examinons toutes les options, mais nous n’avons pris aucune décision". La balle est à présent dans le camp de la banque rwandaise.
Elle a ajouté que la prise en compte de l’offre de la BCP entre dans le cadre de la volonté de la banque rwandaise de lever des fonds.
L’actionnaire principal de Bank of Kigali est le gouvernement rwandais, avec une part de capital de 29,5%. En 2015, la banque a réalisé un bénéfice net de 28,2 millions de dollars.
Le Rwanda est à présent un des principaux pays d'Afrique de l'est qui intéresse les banquiers marocains. L'offre de la BCP intervient après l'acquisition, par Attijariwafa bank, d'une part de 76,19% d'une des principales banques du Rwanda, la Cogebanque; ainsi que l'acquisition de 90% du d’Agaseke Bank par BMCE Bank of Africa.
Ambitions africaines affirmées
La Banque centrale populaire, à travers son directeur général Kamal Mokdad, a déjà affirmé être intéressée par des acquisitions et des prises de participations en Afrique de l'est en général, et au Rwanda en particulier.
"L'Afrique de l'est est la deuxième zone la plus intégrée du continent et à laquelle nous nous intéressons, dans laquelle il y a des pays qui sont extrêmement dynamiques et très avancés sur le plan technologique", avait affirmé M. Mokdad à Médias 24.
"Nous sommes aussi en prospection dans des pays anglophones comme le Rwanda", avait-il ajouté.
Notre interlocuteur avait également indiqué que la banque marocaine s'orientera beaucoup plus vers des acquisitions ou des partenariats, plutôt que des créations de banques: "Je ne pense pas que nous opterons à ce stade pour une création de banque. Nous préférons nous adosser à des partenaires. Nous souhaitons être majoritaires certes, mais avec un opérateur local qui connaît le terrain, les habitudes, les autorités et qui va nous accompagner dans la création de valeur".
M. Mokdad, ancien managing partner au cabinet Mazars au Maroc et grand expert du business dans le continent, a rejoint les commandes du groupe BCP début mars 2017. Il s’est vu confier la mission du développement et du pilotage des activités du groupe bancaire à l’international.
Des activités gérées auparavant, par un pôle, avant que celui-ci ne soit érigé en direction générale, traduisant un tournant organisationnel aux implications stratégiques à la BCP.
Avec une présence dans 12 pays africains, la nouvelle direction aura pour mission de consolider la présence du groupe à l’international tout en cherchant de nouveaux relais de croissance, notamment en Afrique de l’est.
"Nous avons lancé en octobre 2015 le plan stratégique Elan 2020, qui sera nourri notamment par nos performances à l’international", nous avait indiqué une source autorisée au sein de la BCP.
Rappelons que pour appuyer son expansion en Afrique subsaharienne, la BCP s’est faite accompagner par la SFI, grâce à une prise de participation de celle-ci qui a duré 5 ans.
En effet, alors que la SFI vient de quitter le tour de table de la BCP, elle révèle que sa prise de participation avait pour objectif de "mettre sur rails les ambitions africaines du groupe marocain".
D’ailleurs, quelques jours seulement après l’accord entre les deux institutions, la banque marocaine officialisait la prise de participation de 50% dans le groupe Banque Atlantique, point de départ d’une longue série d’opérations de rachat.
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