Télécoms. La fibre optique dans la ligne de mire d’Orange Maroc
L’enjeu est majeur pour cet opérateur télécom qui appelle à une révision du cadre réglementaire actuel afin que Maroc télécom accepte de partager ses équipements dédiés au réseau fixe. L’ADSL n’est plus une priorité pour Orange qui mise gros sur la fibre optique.
Comme chaque année, quelque 1.200 hommes clés du groupe (dirigeants, responsables RH, marketing, commercial…) se sont réunis. Le choix du lieu s’est porté sur Marrakech, une décision de Stéphane Richard, Pdg du groupe. "La symbolique est forte. Elle exprime l’importance donnée au Maroc- 10% des revenus pour la zone Afrique-Moyen Orient- dans la stratégie Groupe", déclare à la presse Bruno Mettling, DGA Orange et PDG pour la région Afrique-Moyen-Orient, en marge de ce "leader meeting".
>Bilan du rebranding. Six mois après le changement officiel de nom et le lancement de l’opération du rebranding, le temps est à un premier bilan. Autrement dit, savoir si la nouvelle marque a su prendre sa place par rapport à une ancienne marque qui avait une notoriété et une histoire installées.
Le premier indicateur pour apprécier un rebranding est le suivant: combien de temps met la nouvelle marque à retrouver la notoriété de celle qu’elle remplace? A en croire Bruno Mettling, en à peine six mois, la notoriété d’Orange Maroc a atteint celle de Méditel et l’a même surpassée.
Comment mesure-t-on cet indicateur? Orange a eu recours au brand tracking, une méthode de sondage consistant à poser des questions sur l’image que renvoie une marque, sa place, si elle est citée spontanément ou pas…
Au-delà de la notoriété, le volet commercial semble également satisfaisant.
"Nous avons durant cette période gagné des centaines de milliers de nouveaux clients grâce aux nouvelles offres commerciales que nous avons lancées", ajoute M.Mettling.
Il s’agit par exemple des offres "corridor" permettant à la communauté marocaine présente à l’étranger d’appeler à tarif réduit, de la révision des tarifs du roaming (voix et data) dans les pays d’Europe, d’Afrique et du Moyen Orient, là où Orange est présent. …
>Le très haut débit. Ce n’est pas la première fois que les responsables d’Orange parlent de la nécessité, voire de l’urgence de revoir le cadre réglementaire actuel afin de permettre à Orange de se lancer dans le très haut débit.
Autrement dit, faire en sorte que l’opérateur historique qu’est Maroc Télécom accepte de partager ses équipements et de s’ouvrir aux opérateurs alternatifs (Orange et Inwi), ces derniers lui verseront une contrepartie financière. Les coûts seront ainsi raisonnables pour ces deux intervenants qui profiteront des infrastructures physiques existantes pour y glisser leurs fibres optiques, en "louant" ce service. "C’est ce qui se fait partout dans le monde afin d’éviter les abus de position dominante et créer les conditions de concurrence loyale", explique M.Mettling.
Ce nouveau cadre réglementaire fixera par exemple les caractéristiques de la qualité de service, les délais, les pénalités, …
La fibre optique l’emporte sur l’ADSL. Contrairement à décembre dernier où le sujet du très haut débit fixe incluait aussi bien l’ADSL que la fibre optique, aujourd’hui, c’est sur la fibre optique qu’insiste Orange. "On voit bien que la dynamique actuelle du Maroc requiert cette technologie", souligne le directeur général adjoint d' Orange.
A la date d' aujourd’hui, Orange dispose en propre de 6.000 Km de fibre optique. Cela correspond à quelque 10% de ses besoins.
Dans cette bataille de révision du cadre réglementaire, Orange et Inwi fait chacun du lobbying de son côté, même si sur cette question, les intérêts des deux opérateurs convergent. "Chacun s’exprime avec sa sensibilité", répond Mettling.
A ce sujet, les discussions avec Azelarab Hassibi, nommé par le Roi DG de l’ANRT le 25 juin, reprendront incessamment.
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