Les textiliens réclament un signal fort en faveur du marché local
L’Amith a tenu son AGO mercredi 14 juin. L’urgence de sauver le marché local a été fortement clamée par les professionnels du secteur. Les discussions sont en cours entre l’association et les pouvoirs publics pour identifier une mesure de sauvetage. Une seule, mais qui soit à fort impact.
"Le marché local est désorganisé mais porteur", constate d’emblée Karim Tazi, président de l’Amith (association marocaine des industries du textile et de l’habillement), qui boucle sa première année à la tête de cette association.
"Entre contrebande et programme expansionniste des enseignes low-cost, la part de l’industrie est laminée. Elle le sera davantage, à moins d’une réelle volonté politique. Malgré nos appels incessants, nous assistons impuissants à l’installation d’un climat anxiogène chez les industriels opérant sur ce marché", ajoute-t-il.
Les chiffres mis en exergue par l’Amith sont alarmants: sur ce segment, plus de 200.000 emplois ont été perdus à fin 2013 des suites d’une concurrence jugée "déloyale". S’y ajoutent des baisses substantielles d’activité, une réduction sensible des heures de travail et une accélération du mouvement de désindustrialisation.
La composante export n'est pas concernée par ce marasme. A fin mars 2017, les exportations vers l'UE ont augmenté de 3% pour l'habillement et 17% pour le textile.
"Nous sommes en train de mourir, car l’administration n’a pas respecté le plan d’accélération industrielle dont une partie traite du marché local. Nous n’avons même pas une idée sur la situation exacte de ce marché. Nous ne faisons que naviguer à l’aveugle", a lancé pour sa part Elmostafa Sajid, ancien président de l’Amith et grand défenseur de ce segment d’activité.
"La difficulté de disposer de chiffres précis et actualisés est réelle. Elle est due à une segmentation du marché entre rural et urbain, traditionnel et moderne, petit commerce, kissariates et centres commerciaux… Les derniers chiffres sont ceux de 2010 et font état d’un marché intérieur qui pèse 40 MMDH", répond Karim Tazi.
Pour réamorcer la reconquête du marché national, l’Amith appelle à un changement de paradigmes et à la mise en place d’un seul et unique dispositif efficace. "Nous avons besoin d’un signal fort et non pas de mesures ponctuelles et quelques descentes de la douane. Les contrebandiers ont une longueur d’avance et développent de nouvelles méthodes de triche à l’infini", poursuit-il.
La petite contrafaçon n'est pas ce qui dérange le plus les industriels du secteur formel. La première cible demeure la contrebande qui capte la grosse part de la croissance dans ce marché. "Pour lui reprendre des parts de marché, nous sommes en train d’explorer les différents scénarios pour la mise en place d’une mesure impactante pour combler ce gap de compétitivité vs produits de contrebande et enseignes low-cost", souligne Karim Tazi.
Il n’en dira pas plus.
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