Anouar Moatassim, de rappeur à réalisateur 2.0

Ses séries web ont séduit un public jeune que la télé n’arrive pas toujours à accrocher. Pour toucher un large public, le choix a été porté cette année pour une diffusion parallèle sur 2M. Ses thèmes de prédilection: le fantastique et l’histoire. 

Anouar Moatassim, de rappeur à réalisateur 2.0

Le 5 juin 2017 à 19h23

Modifié 11 avril 2021 à 1h11

Ses séries web ont séduit un public jeune que la télé n’arrive pas toujours à accrocher. Pour toucher un large public, le choix a été porté cette année pour une diffusion parallèle sur 2M. Ses thèmes de prédilection: le fantastique et l’histoire. 

21h, un soir de Ramadan. Dans un café du Boulevard d'Anfa à Casablanca, arrive un quidam quelconque avec un look de rappeur: brun, barbe bien taillée, jean légèrement bouffant, blouson Perfecto et casquette avec logo de Superman.

A priori, rien dans cette description ne laisserait deviner Anouar Mouatassim, un jeune réalisateur marocain parmi les plus talentueux et les plus suivis de sa génération. L’homme derrière des séries à succès telles Les Mille et une Nuits ou Tarek Bnou Ziad, qui ont marqué les téléspectateurs, se révèle très loquace sur sa passion: raconter des histoires et transmettre des messages à travers des images, le cinéma n’étant, en fin de compte, qu’une des routes explorées pour y parvenir.

Car avant de se placer définitivement derrière la caméra, ce jeune maroco-belge a débuté, presque par hasard, dans le domaine de la photographie. "Je venais de me faire renvoyer de mon lycée, et je n’avais pas d’autre alternative. Une de nos voisines, photographe de métier et qui avait noté ma curiosité quant à son attirail de travail, m’a mis dans les mains un appareil. Et c’est là que le déclic s’est opéré".

Les photos prises par le jeune Anouar-Des images du quotidien de son voisinage, dépeignant notamment des problèmes liés à la délinquance et à la consommation de drogue- l’ont suffisamment convaincue de son potentiel pour qu’elle se décide à en parler à ses parents, qui acceptent d’inscrire leur turbulent rejeton à des cours de photographie. "Je me souviendrai toujours du jour où mes parents m’ont offert mon premier appareil pro, acheté à crédit", nous confie Anouar avec nostalgie.

Commence alors pour l’artiste en herbe une période de formation suivie d’une rapide reconnaissance, de celles qui feraient perdre la tête à qui ne l’a pas solidement vissée sur les épaules.

"Très vite, j’ai pu exposer mon travail. J’ai fait des expositions à succès. J’ai également travaillé en tant que photographe de mode, avec des séjours tous frais payés dans des endroits très chics, alors que j’avais à peine la vingtaine", nous raconte Anouar Mouattassim de sa voix de stentor. Une voix qu’il a pu également exploiter lorsqu’il a pendant un temps tâté de l’adrénaline scénique en tant que rappeur engagé.

Mais au final, la photo et le rap n’étaient pas suffisants en tant que vecteurs d’histoires pour ce rêveur passionné, nourri depuis l’enfance à la science-fiction et au genre super-héros (avec une préférence revendiquée pour l’univers Marvel). Ce n’est qu’en passant derrière la caméra qu’il trouve enfin sa voie.

Courant 2006, le jeune cinéaste s’installe au Maroc. "Le lien avec le Maroc est indéfectible et a été nourri année après année par les vacances que l’on passait au pays. Et quand j’en faisais le compte-rendu à mes amis en Belgique, ces derniers avaient les yeux qui brillaient!".  

Anouar découvre alors l’univers cinématographique marocain qui, bien que souffrant de nombreuses lacunes, se révèle très prometteur surtout pour qui a l’audace de s’aventurer hors des sentiers battus.  Anouar prône pour cela un cinéma marocain à vocation exportable.

Mais la reconnaissance n’est pas pour tout de suite. Le chemin est jalonné de publicités et d’émissions à petit budget, avant que Medi1 TV ne lui donne carte blanche pour développer des projets qui lui tiennent à cœur, et centrés autour de figures héroïques de l’histoire marocaine.

Tarik Bnou Ziyad, Tarikhouna Fakhrouna (sur Sayida Elhourra, Mansour Dahdbi, Khnata Bent Bekkar…) ou les Mille et Une nuits puis la série décalée 1002 nuits ont été suivis par des milliers de téléspectateurs de l’après-Ftour.

"Pour ces séries, j’avais à cœur de travailler avec des acteurs pas forcément notoires, puisque n’ayant jamais fait de TV, mais qui avaient tout de même des années d’expérience théâtrale", nous confie avec fierté le réalisateur, qui peut parcourir tout le Maroc à la recherche de talents méconnus. Plus récemment, les séries web #Code et Sa3a – diffusée également sur 2M et qui traite entre autres sujets de machine à remonter le temps- viennent rejoindre le portfolio d’Anouar Moutassim.

"Le web offre des perspectives extraordinaires. C’est l’avenir. C’est aussi un univers qui permet une plus grande ouverture sur le monde", ne cesse-t-il de répéter.

Pour la rentrée, Anouar Mouatassim se prépare à regagner Bruxelles. "J’ai actuellement deux projets qui me tiennent à cœur: je vais démarrer prochainement la réalisation d’un film en Belgique dans lequel les acteurs sont des gens de la vie de tous les jours qui vont jouer leur propre rôle. Cela s’apparentera à un documentaire, sans en être un". Le thème? "Un sujet d’actualité", se contente-t-il de nous répondre. Le terrorisme? "Peut-être bien", rétorque t-il l’air enjoué.  

Le deuxième projet raconte l’apparition du premier super-héros marocain, baptisé "Super Batal", sur fond d’une histoire rocambolesque qui mêle romantisme et magie noire. Vivement le premier coup de clap!

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