Sublimes fresques à l'ouverture du Festival des musiques sacrées
[IMAGES et VIDEO]. La Princesse Lalla Salma, accompagnée de Mme Dominique Ouattara, a présidé, vendredi 12 mai à Fès, la cérémonie d'ouverture du 23è festival de Fès des musiques sacrées du monde, organisé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, autour de la thématique "l'eau et le sacré".
Marquant l'ouverture de ce festival, cette magnifique création, "spirit on the water", consiste en un voyage poétique qui, partant des fontaines de Fès, ces chefs-d'œuvre d'où jaillit l’eau, guidera le spectateur vers la source au cœur des montagnes et jusqu’à l’océan.
Il s'agit d'un voyage qui évoque au passage de multiples légendes: L’eau qui donne la vie peut aussi la reprendre, du déluge des temps mythologiques aux grandes inondations que connaît notre planète aujourd’hui.
Le spectacle, qui a exploré le monde de l’eau avec une intention écologique et spirituelle, a évoqué tour à tour les fontaines de Fès, l’Amazonie, emblème de la forêt primaire, le langage des siffleurs amazigh du Haut-Atlas et des Canaries, l’Arche de Noé et le déluge, ou encore l’oasis du désert célébrée dans la poésie soufie.
Cette soirée a donné le ton de cette 23ème édition qui se veut engagée en faveur du respect de l’environnement, comme le prolongement naturel d’une démarche spirituelle.
Imaginée par le directeur artistique Alain Weber et mise en musique par le compositeur et chef d’orchestre Ramzi Aburedwan, "Spirit on the Water" a présenté une création sur-mesure mobilisant des artistes venus des quatre coins du monde.
Ce spectacle, dont le titre est emprunté à une chanson mythique de Bob Dylan, porte un regard sur l’eau comme source de vie avec une mise en scène et une narration musicale se voulant contemporaines et "organiques".
On y retrouve un grand orchestre et des emprunts à différentes traditions, mais leur alliance a été guidée par l’esprit de la nature. Onomatopées, bruissements et clapotis, hululements et chants de baleine font osciller le spectateur entre songe aquatique et vision apocalyptique.
Le mapping, animation visuelle projetée sur les murailles de Bab Al Makina, a proposé un voyage dans le temps jusqu’à l’origine d’une humanité responsable de sa propre mise en péril.
Cette grande fresque poétique a été un hymne à l’Eau, source de vie et inspiration du sacré, ainsi qu’un déluge aux mythes fondateurs qui a permis au public de voyager jusqu’aux origines de l’humanité.
La création d’ouverture a exploré ainsi le monde de l’eau avec la participation d’une palette d’artistes, à l’instar de Marlui Miranda, grande chanteuse et chercheuse d'origine indigène (Brésil), Fatine Hilal Bik, chanteuse (Maroc), Ramzi Aburedwan, musicien, chef d'orchestre, arrangeur (Palestine), Gérard Pucheu, chercheur et spécialiste en langues sifflées et conseiller artistique (France), Franck Marty, responsable "spectaculaires/ Allumeurs d'images", Mapping du spectacle (France) et Zainab Afailal, comédienne (Maroc).
Dans une vision universelle et cosmique, cette création a été aussi une occasion pour relater des milliers de contes et légendes liés à l’eau, abris des fées, des nymphes, lieu de pouvoirs magiques reliés aux forces de la nature, bénéfiques ou maléfiques.
"Spirit on the Water" a ouvert avec éclat une programmation inspirée par l’eau et l’amour de la nature, et ponctuée par la liesse du flamenco, l’esprit de fête inhérent aux patrimoines insulaires, la magie de créations originales et de toutes sortes de surprises.
A l'instar des éditions précédentes, le Festival des musiques sacrées du monde offre un florilège d'expressions musicales des différentes traditions et cultures du monde, des concerts gratuits au grand public et des soirées soufies ainsi que d'autres activités pédagogiques.
L'édition 2017 sera l’occasion pour explorer le symbolisme de l’eau et exhorter le monde à réconcilier avec l’environnement et se mobiliser pour l’avenir des générations futures et de la planète.
Puisant dans un vaste répertoire inspiré par l’eau, le programme musical de cette édition sera avant tout un hymne à la nature, au monde maritime et océanique, avec entre autres la symphonie flamenca Poeta du grand guitariste Vicente Amigo, la venue d’artistes des îles du Japon, de la Sardaigne ou de la Crète et un hommage aux grands fleuves du monde, artères vitales de notre planète.
Après l’Hommage à l’Inde initié en 2016, cette édition mettra à l’honneur la Chine qui présentera officiellement quelques-unes de ses grandes expressions millénaires.
Le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde et son Forum, créés respectivement en 1994 et 2001, s’inscrivent dans la tradition savante, artistique et spirituelle de la ville. Depuis son avènement, ce rendez-vous, qui a connu un succès grandissant, fut désigné en 2001 par l’ONU comme l’un des événements marquants contribuant au dialogue des civilisations.
Magnétique, l'événement a rallié des artistes de notoriété internationale de tous les horizons, partageant la quête du sacré comme Joan Baez, Patti Smith, Björk, Ben Harper, Paco de Lucia, Ravi Shankar, Majda Erroumi, Sabah Fakhri, Kadhem Saher, Mounir Bachir, Asmaa Lamnawar, Wadi al Safi, Julia Boutros, Sheikh Yasin al Tuhami, William Christie, Barbara Hendricks, Jessie Norman, Jordi Savall et Montserrat Figueras, Tereza Berganza, Jean-Claude Casadesus, Archie Shepp, Randy Weston, Youssou N’Dour ou encore Salif Keita.
De la grande musique, des rencontres, des expériences multiculturelles, mais surtout de la création et du partage, c’est ce qui caractérise le Festival de Fès des Musiques sacrées du Monde.
A l'instar des autres étoiles de la chanson marocaine, que le Festival des Musiques Sacrées a accueilli dans le passé, la star Abdelaziz Stati sera également présent à Fès aux côtés de Nizar Idil, Fnayer, Said Guissi, Issam Kamal, Imane Karkibou, Hamid Kasri, Ahouzar et Sy Mehdi.
Outre la place historique de Bab Makina, J’nane Sbil, la salle de la préfecture, le complexe culturel Sidi Mohamed Ben Youssef, Dar Adyel, Dar Batha, Riad Dar Bensouda, Place Boujloud et d’autres sites accueilleront les nombreux ensembles et artistes représentant différentes régions et cultures du monde, tout en réservant les espaces qu’ils méritent aux jeunes et prometteurs talents nationaux.
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