Santé publique. Les priorités de la stratégie 2017-2021
C’est un Houcine Elouardi loquace qui a reçu la presse ce mercredi 3 mai pour présenter sa stratégie 2017-2021 et les contraintes qui se posent à son département. Verbatim
- Budget. Lors de cette première sortie médiatique depuis qu’il a rempilé à la tête du département de la Santé, Houcine Louardi a fait du budget de son ministère une question essentielle.
"L’OMS recommande que le budget de la santé publique soit de 12% du budget total. Au Maroc, il est d’à peine 5% et en 2017, il n’a augmenté que de 0,1% pour s’établir à 14,3 MMDH", lance le ministre de la Santé.
"En dépensant 54% pour le paiement des charges du personnel, il reste moins de la moitié pour investir dans l’équipement", a-t-il poursuivi.
"J'espère qu'on passera au moins à 8% dans le court terme", ajoute-t-il.
-Effectifs. "Nous avons un sérieux problème à ce sujet. En 2017 par exemple, seuls 1.500 postes budgétaires seront ouverts, beaucoup moins que les années passées où la moyenne était de 2.000", a-t-il annoncé.
"Cela s’explique, selon les Finances, par le report des départs à la retraite, permettant de disposer de ressources humaines supplémentaires".
Stratégie 2017-2021
-Equipement. "Je m’engage à équiper chaque hôpital provincial d’un scanner et chaque hôpital régional d’un IRM. Durant les 100 premiers jours de ce gouvernement, seront ouverts 14 nouveaux hôpitaux équipés. 100 ambulances seront mises en services dans les provinces enclavées prochainement, sans oublier l'amélioration des conditions d'accueil".
-Elargissement de la couverture médicale. Cela passe notamment par l’intégration des indépendants et les professions libérales dans la couverture médicale. "Malheureusement, nous serons obligés de redémarrer le processus d'adoption du projet de loi les concernant à zéro. Il était à deux doigts d’aboutir, après des débats houleux au sein de la deuxième, puis la première chambres. Le temps de le voter en plénière à la chambre des représentants, la session du printemps 2016 était arrivée à terme", regrette Houcine Elouardi.
-Surdité, maladies cardiovasculaires et Hépatite C. Ces trois pathologies feront l’objet de programmes dédiés durant ce mandat, selon Elouardi.
-Ressources humaines. "A partir de ce vendredi 5 mai, je rencontre tous les syndicats. Je serai clair avec eux et j’espère qu’ils me considéreront comme un des leurs. J’ai à deux reprises contacté le chef du gouvernement lui demandant de me recevoir dans les plus brefs délais afin que je lui expose toutes les problématiques des RH".
"Certaines demandes formulées sont légitimes et je les défends personnellement. Comment se fait-il par exemple qu’un lauréat d’un Bac+3 toutes disciplines confondues ait systématiquement droit à l’échelle 10, sauf les infirmiers qui n’ont droit qu’à l’échelle 9? Sur des sujets pareils, je suis moi aussi syndicaliste."
Equivalence /régularisation. "Il est erroné de parler d’équivalence quand le sujet porte sur des diplômes marocains. Je connais ce domaine pour avoir été moi-même, pendant des années, président de la commission des équivalences au ministère de l’enseignement supérieur. C’est donc de régularisation scientifique qu’il s’agit pour les infirmiers qui réclament leur droit aux masters et au doctorat. C’est aujourd’hui possible, mais ce n’est pas ouvert à tous, vu que c’est sur sélection".
Médicaments. "En terme de politique médicamenteuse, le défi n’est pas seulement de baisser les prix, mais également de produire localement des médicaments coûteux notamment comme ceux de l’hépatite C, le cancer… Nous avons déjà mis un pied dedans.
"Ci-dessous l'intégralité de la conférence de presse retransmise en direct par Médias24
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