Guergarate: Retrait unilatéral du Maroc
Le Maroc se retire dès aujourd'hui de la zone de Guergarate, après une réaction du secrétaire général de l'ONU qui a appelé au retrait des éléments armés de Guergarate et à la non-obstruction du trafic commercial. Il a donc donné raison au Maroc. Explications.
Le Maroc considère que la déclaration du secrétaire général de l'ONU, rendue publique samedi 25 février, est conforme à la légalité internationale. Il a donc décidé de se retirer unilatéralement de la zone de Guergarate. Le SG a en effet appelé au retrait des éléments armés et à la non-obstruction du trafic commercial.
"Le Royaume du Maroc prend note avec intérêt de la déclaration, rendue publique le samedi 25 février 2017, par le porte-parole du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, concernant la situation grave dans la zone de Guergarate au Sahara marocain", annonce un communiqué du ministère marocaine des Affaires étrangères.
"Le Maroc enregistre les recommandations et les appréciations du secrétaire général, qui sont conformes a la légalité internationale. Dans ce contexte, et sur instructions du Roi Mohammed VI, et afin que la demande du secrétaire général soit respectée et appliquée dans l’immédiat, le Royaume du Maroc procèdera, des aujourd’hui, a un retrait unilatéral de la zone", poursuit le communiqué.
"Le Maroc espère que l’intervention du secrétaire général permettra de revenir à la situation antérieure de la zone concernée, de préserver intact son statut, de garantir la fluidité du trafic routier normal et, ainsi, de sauvegarder le cessez-le-feu et renforcer la stabilité régionale", conclut le communiqué.
La déclaration du secrétaire général de l'ONU
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a exprimé samedi soir “son inquiétude au sujet des tensions croissantes près de Guergarate“ à la frontière maroco-mauritanienne et appelé “à la retenue“.
Une déclaration rendue publique dans la soirée de samedi par le porte-parole onusien Stéphane Dujarric rappelle que “les éléments armés des FAR marocaines et des séparatistes restent très proches les uns des autres, une situation qui dure depuis août 2016“.
La nouvelle situation de tension est créée à Guergarate alors que des éléments séparatistes tentent d’agir comme policiers et douaniers dans l’étroit no man’s land qui sépare le Maroc de la Mauritanie à hauteur de Guergarate malgré les injonctions de la Minurso.
Les éléments des forces séparatistes contrôlent depuis quelques jours les passeports et refoulent les camions qui arborent des drapeaux marocains. La zone est placée sous la supervision de la Minurso, la mission des Nations unies chargé du respect de l’accord de cessez-le-feu de 2001.
Ce regain d’activité et de provocations par les éléments séparatistes est la conséquence du retour du Maroc au sein de l’Union africaine et des efforts d’explication faits par Rabat sur le dossier de l’intégrité territoriale auprès des chancelleries africaines. Le regain d’activisme des séparatistes soutenus par Alger, mais de moins en moins par la diplomatie nigériane et même sud-africaine à un certain degré, provoque une réaction du côté des séparatistes.
Antonio Guterres: “Le trafic commercial ne doit pas être bloqué“
Selon la déclaration de Stéphane Dujarric, “le secrétaire général appelle les deux parties à exercer un maximum de retenue et à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une escalade des tensions, que cela soit par des voies militaires ou civiles“. Le communiqué publié au nom d’Antonio Guterres affirme que “le trafic commercial régulier“ entre le Maroc et la Mauritanie, et au-delà, le Sénégal, le Mali et le Niger, “ne doit pas être obstrué“.
Le secrétaire général a de nouveau appelé au retrait des armes de la zone-tampon placée depuis plus de 25 ans sous la surveillance de la Minurso. Selon des sources sûres sur place contactées par Médias24, des membres de la Minurso sont présents 24H/24 dans la zone de Guergarate et ont assisté aux provocations du “polisario“ et savent que les éléments militaires qui circulent sont ceux de ces milices.
Depuis quelques semaines, le Maroc se prépare à d’éventuels accrochages armés avec les éléments séparatistes qui circulent entre Tindouf dans le sud algérien et la frontière maroco-mauritanienne.
Depuis plusieurs mois, voire, plusieurs années, le Maroc avance sur le plan diplomatique en Afrique et aux Nations Unies. Des images de conflit armé au Sahara viendraient brouiller l’image positive que le Maroc a patiemment construite sur la scène diplomatique internationale ces dernières années. Cependant et de manière substantielle, et l’essentiel réside là, la diplomatie marocaine a habilement et positivement géré le dossier de l’intégrité territoriale nationale depuis début 2016 que ce soit aux Nations unies ou dans les capitales et les instances africaines.
Les explications
Le Maroc considère qu'il a obtenu satisfaction sur route la ligne, nous explique une source marocaine autorisée:
-le rétablissement de la fludité du trafic routier international.
-le respect de l'accord militaire numéro 1 de cessez-le-feu, violé par le "polisario" et selon lequel cette zone entre Guergarate et la frontière mauritanienne est une "zone tampon". De ce fait, elle est reconnue de nouveau par M. Guterres dans son statut juridique de zone tampon, ce qui signifieune zone avec absence totale d'éléments armés et également de la Minurso ou même de présence civile.
-le Roi Mohammed VI a demandé à M. Guterres d'entreprendre toutes les démarches nécessaires dans cette zone. 24 heures après, c'était fait.
-la situation revient au statu quo ante. Le statu quo actuel, avec présence des éléments du "polisario" et perturbation du trafic était intolérable pour le Maroc.
Sans le dire explicitement, l'ONU a donc reconnu le point de vue marocain.
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