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ECONOMIE

Le FMI publie son rapport annuel sur le Maroc, sans grosses surprises

Le FMI estime que le Maroc a bien progressé dans la réduction de sa vulnérabilité économique, recommande la poursuite des réformes et liste une série de risques à moyen terme. Les satisfecits pleuvent, le cadre tracé pour l'évolution à moyen terme semble assez rigide et laisse peu de marge aux politiques.

Le FMI publie son rapport annuel sur le Maroc, sans grosses surprises
R. B.
Le 5 février 2017 à 9h41 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Le FMI a mis en ligne vendredi 3 février, son rapport annuel sur le Maroc élaboré dans le cadre de l’article IV, c’est-à-dire de la surveillance périodique exercée sur la stabilité des économies des pays membres.

Le rapport (ici et ici) a le mérite d’être détaillé mais n’apporte pas de gros changements par rapport aux différentes communications du FMI sur l’économie marocaine tout au long de 2016.

On y retrouve les mêmes remarques couplées aux mêmes préoccupations concernant l’avenir.

Ce que le rapport ne dit pas:

-Le taux de chômage est probablement plus élevé qu’annoncé par les différentes enquêtes du HCP.

-Certes, les recettes fiscales évoluent favorablement d’une année à l’autre; mais l’écrasante majorité du tissu économique souffre de la crise économique, la consommation est atone voire baissière, les délais de paiement s’allongent, les fermetures et les difficultés d’entreprises sont plus nombreuses;

-les dépenses de l’Etat sont trop élevées;

-les investissements publics sont conséquents, mais sont-ils tous rentables?

-les arriérés de remboursement de TVA restent élevés, malgré l’effort réel de l’Etat en 2016. L’année dernière, l’Etat a remboursé plus de 10 MMDH contre 7 MMDH qui étaient budgétisés. Mais il reste un important stock d’arriérés, l’équivalent de deux années de TVA à rembourser.

-Enfin, le Maroc veut à raison passer d’un modèle économique contra-cyclique basé sur la demande, à un modèle axé sur l’offre, l’industrialisation et l’export. Cette transition ne peut pas être trop brutale sans dégâts. Ne faut-il pas ménager une vraie phase de transition au cours de laquelle on tolèrerait un peu plus de déficit budgétaire? Il y a clairement un risque d’asphyxie économique en ce début d’année 2017.

Pour résumer, le FMI reste trop focalisé sur la stabilité économique et sur les grands équilibres, et pas assez sur l’économique et le social. L’emploi souffre, le chômage des jeunes grimpe, voici les vrais défis à moyen terme.

Ce que le rapport dit et répète:

-Quelques chiffres ne sont pas à jour, et c’est normal en cette période de l’année. Le rapport annonce un déficit budgétaire de 3,5%, corrigé à 4% dans l’introduction. Le dernier chiffre officiel est en fait de 3,9% du PIB.

Idem pour le déficit du compte courant: celui-ci est annoncé par le FMI à 2,9% du PIB (contre 2,2% en 2015). Le chiffre officiel le plus récent est de 3,9% du PIB.

-Les conditions macroéconomiques du Maroc se sont améliorées depuis 2012, mais la croissance a ralenti en 2016.

-Le FMI retient l’affirmation du HCP selon laquelle le taux de chômage a diminué (!) en 2016 pour s'établir à 9,6% au T3.
-L’investissement direct étranger (IDE) est étrangement qualifié de “robuste“. Etrangement, car sous ce terme, on classe indifféremment les créations d’entreprises ainsi que… les rachats d’entreprises existantes, les acquisitions d’immobilier…

-Les recettes fiscales sont qualifiés de … “résilientes“, ce qui montre une connaissance insuffisante du tissu économique marocain.

Le FMI rappelle encore que “les banques sont bien capitalisées et ont un financement stable, mais les risques de concentration du crédit, tout en diminuant, sont encore élevés. L'expansion des banques marocaines en Afrique subsaharienne ouvre de nouvelles voies de transmission des risques, mais la coopération entre les superviseurs (banques centrales) de ces pays avec le Maroc s'intensifie“.

Grâce à cette coopération, Bank Al-Maghrib suit de près l’évolution du risque auquel peuvent être exposées les banques marocaines.

L’institution estime que “les perspectives à moyen terme du Maroc sont favorables, la croissance devant atteindre 4,4% en 2017 et 4,5% en moyenne d'ici 2021.

Parmi les risques, qui “restent élevés“, le FMI liste la faiblesse de la croissance dans les pays avancés et émergents, les tensions géopolitiques dans la région, les prix de l'énergie et la volatilité des marchés financiers mondiaux.

Parmi les réformes à venir pour une croissance plus forte et plus inclusive à moyen terme, le FMI note “l'efficacité du marché du travail, l'accès au financement, la qualité de l'éducation de qualité, l'amélioration de l'environnement des affaires, la poursuite de la réduction de la pauvreté et des disparités régionales et entre les sexes“…

Les administrateurs du FMI “se sont félicités des progrès constants réalisés en matière d'assainissement des finances publiques, la récente réduction des dépenses courantes, la réforme des subventions énergétiques et la réforme de la retraite“.

Pour ce qui concerne l'avenir, ils ont “encouragé les autorités à réduire progressivement le niveau de la dette publique à moyen terme tout en préservant les dépenses sociales et celles favorables à la croissance et sociales“. Parmi les autres préconisations, “accélérer les réformes fiscales visant à élargir l'assiette et la mise en œuvre soigneuse et bien planifiée de la décentralisation fiscale pour atténuer les risques fiscaux“. Les administrateurs ont également encouragé les autorités à réformer la fonction publique pour réduire la masse salariale.

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R. B.
Le 5 février 2017 à 9h41

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