Le rétropédalage de Hamid Chabat sur la “marocanité de la Mauritanie”
Le secrétaire général du parti de l’Istiqlal s’est lancé dans une interprétation très personnelle des frontières reconnues par l’ONU. Il a d’abord affirmé que la Mauritanie était une terre marocaine, avant de faire marche arrière devant la réaction offusquée de ce pays, avec qui les relations sont déjà tendues.
Lors d’un meeting, samedi 24 décembre, avec les syndicalistes de l’UGTM, Chabat a répété à plusieurs reprises qu’il considérait "la Mauritanie comme une terre marocaine et que les vraies frontières du Royaume s’étendent de l’enclave espagnole de Sebta au fleuve Sénégal au sud".
Au lendemain de ces déclarations, l’Union pour la république (UPR) a dénoncé "une atteinte à la souveraineté et à l’indépendance de la Mauritanie qui n’est pas la meilleure façon de traiter les questions et les dossiers épineux et ne mènera pas à la résolution du conflit au Sahara occidental".
Le communiqué du parti au pouvoir en Mauritanie a appelé "les dirigeants de ce parti et l’élite marocaine à présenter leurs excuses au peuple mauritanien, qui se réserve le droit de répondre convenablement à ces provocations".
Prenant conscience, un peu tard, des conséquences de ses affirmations populistes et quasi-guerrières, le parti de l’Istiqlal a tenté de faire bonne figure en publiant, sur son site officiel ce lundi 26 décembre, une mise au point que l’on pourrait qualifier de rétropédalage:
"Ces déclarations ont été sorties de leur contexte car en évoquant la Mauritanie (…), il l’a fait en employant des réalités historiques et géographiques (…), et lorsque le peuple mauritanien frère a choisi de construire un pays indépendant, le parti de l’Istiqlal a accepté cela sans aucune hésitation".
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Au final, ces déclarations fort peu diplomatiques mettront sans aucun doute du baume au coeur de ceux qui au sein du RNI s'opposent à son entrée au gouvernement.
En dehors de ses paroles bénéfiques aux adversaires de la normalisation maroco-mauritanienne, Chabat a livré sa lecture du blocage gouvernemental qui dure depuis près de 3 mois.
Selon lui, il est imputable au PAM, qui refuse le verdict des urnes et dont Aziz Akhanouch, nouveau président du RNI, ne serait qu’un pion téléguidé par le parti du tracteur.
"Contrairement à certains, nous ne courons pas derrière les postes, sans quoi nous n’aurions pas quitté le gouvernement Benkirane en 2013. Cela dérange nos adversaires manipulés par l’étranger et dont Noureddine Ayouch est le bras armé que les deux seuls partis à référentiel islamique du pays s’allient au sein d’une coalition gouvernementale.
"Nous pensons sincèrement que le prochain Exécutif devra être entièrement politique et dirigé par le secrétaire général du PJD sans quoi, il faudra organiser un nouveau scrutin législatif".
Qualifiant les défenseurs des libertés individuelles de semeurs de "fitna" (discorde), le secrétaire général a conclu en affirmant que la priorité des Marocains n’est pas à la défense de l’homosexualité ou des non jeûneurs, mais à une politique appropriée en matière de santé, de logement et d’enseignement.
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