El Minzah de Tanger: pourquoi il a été déclassé, son plan de sauvetage
Déclassé de 5 à 3 étoiles le 23 septembre dernier, le mythique hôtel tangérois s’est lancé dans un vaste chantier de restauration. Médias 24 a pu apprendre ce lundi 3 octobre que la société de gestion hôtelière Blue Bay a confirmé sa continuité de gestion et confirmé Samir Kharroubi au poste de directeur général.
Dans ce communiqué, Blue Bay, dont le siège se trouve à Palma de Mallorca, confirme également des informations obtenues par Médias 24 durant cette fin de semaine et annonçant une refonte complète de la décoration et de l’ameublement des 140 chambres et suites du palace tangérois.
C’est à la suite de plaintes formulées par plusieurs clients le mois dernier que la décision de déclasser l’hôtel El Minzah de Tanger a été prise le 23 septembre.
Fin septembre, l’hôtel était notamment occupé par de nombreux invités au mariage de Moulay Abdelaziz El Alaoui, le jeune frère du chambellan du Roi Mohammed VI, des officiers supérieurs de l’armée et nombre de membres de la suite royale. Le Roi a séjourné à Tanger au cours de la dernière semaine du mois de septembre et jusqu’à ce samedi 1er octobre.
Médias 24 a pu apprendre que les principales plaintes de la clientèle ont été formulées au sujet de la cuisine et de l’hygiène de certains restaurants. L’inspection qui a suivi a permis de constater une «organisation défectueuse» des ateliers de cuisine, selon un professionnel.
Hottes et carrelages sont notamment en cours de renouvellement. Il a également été constaté l’état non hygiénique des moquettes au niveau du restaurant marocain El Korsan, du restaurant international le Wine Bar et du mythique Caid’s bar.
La commission repasse cette fin de semaine
Dès lundi 26 septembre, des ouvriers étaient à pied d’œuvre pour remplacer les anciennes moquettes par de nouvelles tapisseries.
Dans la foulée, les vernis des boiseries étaient également en train d’être refaits. Près d’une semaine après le début de ces travaux d’urgence, les cuisines sont un véritable chantier et les nouvelles moquettes ont été remplacées au niveau d’un des deux bars et du restaurant marocain.
Le nouveau directeur général de l’établissement, Samir Kharroubi, en poste depuis le mois d’août dernier supervise en continu l’avancée des travaux «et ne quitte plus les lieux», selon les mots de membres du personnel. La commission d’inspection doit repasser cette fin de semaine.
Situé au centre-ville tangérois sur la rue de la Liberté et doté de 140 chambres et suites, l’El Minzah fait partie des hôtels mythiques de la ville, mais également du pays, au même titre que La Mamounia de Marrakech ou le palais Jamaï de Fès. L’hôtel dispose d’un joli patio, d’un centre de bien-être, d’une piscine et d’un parking privé. Il est la propriété de la société Minville, également propriétaire du fameux hôtel Villa de France.
La gestion de l’établissement a cependant souvent revêtu un caractère chaotique au cours de ces dernières années. Un des anciens directeurs de Minville, qui dirigeait également le holding immobilier Restintica a dû faire face à de sévères critiques et à des contrôles de gestion qui ont révélé de nombreux manquements, à la fin des années 2000. Le responsable avait fini par présenter sa démission.
Restintica est propriétaire d’importants actifs immobiliers au centre-ville, sur la place de France, les rues de la Liberté et d’Argentine et Fendeq Chajra. Le holding est riche de terrains situés en zone villas sur la route de la Vieille Montagne. Domicilié à Londres et au Luxembourg, le holding est doté depuis les années 1980 de capitaux anglais et irakiens.
Image de prestige
L’El Minzah a cependant toujours su garder un important capital de prestige et d’image auprès de sa clientèle locale et internationale, en raison de son histoire, de son caractère luxueux et de sa fine architecture arabo-mauresque.
S’il n’est pas certain que l’hôtel récupère aussi rapidement qu’espéré son statut d’établissement dans la catégorie des 5 étoiles au terme de la période de probation de 15 jours qui lui a été octroyée le 23 septembre dernier, les propriétaires mettent les moyens qu’il faut pour vite y parvenir. La conception et la décoration des chambres sont en train d’être revues de fond en comble, dès cette semaine et une chambre-pilote est en projet.
L’El Minzah devrait retrouver son éclat après ces coups de semonce et de massue intervenus juste à la fin de la saison d’été et à un moment où l’industrie du tourisme est appelée à investir dans une qualité de service sans faille.
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