Pourquoi l'arche de Legzira s'est effondrée et comment on aurait pu l'éviter
Le Pr El Youssi avait alerté les autorités. Aujourd'hui, il fait préserver les arches qui restent, voici comment.
Mohamed El Youssi, professeur du département de géologie de la faculté de des sciences de l'université Mohammed V de Rabat nous explique le tragique effondrement de l'arche de Legzira, le 23 septembre.
L'universitaire est clair: c'est le destin d'une telle arche que de s'effondrer. Née de l'érosion, l'arche est vouée à en mourir. Un processus qui dure des siècles.
Un des principaux coupables de l'effondrement par érosion et érosion marine, c'est la houle, nous explique M. El Youssi. Le vent est un complice actif. Tous deux, ils fragilisent la structure, surtout sa partie située du côté de l'océan, le "sabot" de l'arche pour reprendre le terme d'El Youssin, qui précise que l'arche en elle-même est fragile, sédiment naturellement cimenté par des argiles faibles en calcaire.
D'ailleurs, rappelle le chercheur, il arrivait que des touristes soient blessés, des galets formant le sédiment tombant de temps à autre. Petit à petit, l'érosion forme donc une zone de faiblesse, côté mer, qui peine toujours plus à supporter le poids de l'arche dans son ensemble, jusqu'à la rupture.
L'activité humaine, bien sûr, entre en jeu. Les vibrations des quads peuvent par exemple aider des fissures à se former. El Youssi nous assure d'ailleurs avoir alerté les autorités et leur avoir conseillé il y a plusieurs années d'interdire les quads de passer sous l'arche.
"Il y a un certain temps, j'ai alerté les autorités sur la fragilité de l'arche, mais je n'ai pas été écouté," regrette encore le professeur, qui explique: "On peut sauver les arches qui restent. Il faut y injecter du béton. Le processus n'est pas si coûteux, surtout lorsqu'on le compare à la valeur des arches, sur les plans scientifique et touristique".
Le schéma mis au point par le laboratoire de géologie appliquée, faculté des Sciences, Université Mohammed V, Rabat

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