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Invité par Damir, Benabdellah évite le terme “Attahakkoum”

Bien qu'il a évité le mot "Attahakoum" de son discours et dénoncé timidement les déclarations de Benkirane, faisant état de l'existence "de deux Etats" , Nabil Benabdellah maintient son positionnement politique aux côtés du PJD. Le point.

Invité par Damir, Benabdellah évite le terme “Attahakkoum”
Mehdi Jaouhari
Le 21 septembre 2016 à 17h19 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Après le RNI, l'Istiqlal, l'USFP, le mouvement «Damir» a convié au débat le PPS, ce mercredi 21 septembre, au Complexe culturel Al Hamadani de Casablanca. C'est le premier débat politique auquel prend part Nabil Benabdellah, après le recadrage du Cabinet royal.

"Aujourd'hui, la lutte politique oppose ceux qui veulent un Etat démocratique doté d'institutions fortes et ceux qui défendent une vision passéiste, dont l'objectif est de conserver leur mainmise sur la décision politique et économique", a lancé au préalable le leader du parti du livre, devant une assistance plutôt acquise. D'autres que Benabdellah pensent au contraire que les vrais passéistes sont ceux qui mélangent religion et politique, comme le PJD.

Rappelant le référentiel progressiste de son parti et son "désaccord" avec ceux qui mêlent discours politique et discours religieux, il a toutefois précisé que "même dans des pays laïques en Europe, pas mal de partis politiques ont gardé des connexions avec les milieux religieux et défendent des positions conservatrices", en donnant l'exemple du Parti Populaire en Espagne.

"Au PPS, nous sommes d'accord sur le fait de repousser les discours de la prédication ou du takfirisme, mais parallèlement, nous demeurons fidèles à notre idéal de construire la démocratie et l'Etat démocratique et national avec des partis indépendants sur le plan décisionnel (allusion faite entre autres au PJD)", a-t-il ajouté. 

Interpellé par Salah El Ouadie sur la sortie médiatique de Benkirane - où il s'était réclamé devant ses partisans - être dans la lignée de Ibn Tayymia, Nabil Benabdellah a déclaré que" l'idéologie que représente Ibn Tayymia n'a pas droit de cité dans les affaires du gouvernement," en rassurant que "le préambule de la constitution est la charte de notre entente."

Revenant sur les législatives de 2011, Nabil Benabdellah a rappelé avoir "tendu la main à ses ex-alliés de la Koutla (USFP et Istiqlal), lui et son prédécesseur Ismaïl Alaoui en 2010 et en 2011" et "refusé d'entrer dans le G8 (alliance formée par 8 formations à savoir: RNI, PAM, MP, UC, PT, PS, PRV et PGV, ndlr)", comme pour démontrer que l'alliance avec le PJD était la seule option. Et de reconnaître: "Nous n'avons pas voulu laisser le PJD à l'écart et les risques que ce choix aurait eu sur leur conduite, tout en prenant en considération ce qu'avait exprimé le peuple via les urnes".

Quid du "style Benkirane"? "Je suis d'accord avec vous à 300% sur les critiques que vous exprimez à l'égard de certaines déclarations de M. Benkirane et nous avons nous-mêmes exprimé notre refus, mais sur un ton critique et constructif, puisqu'il s'agit avant tout de notre allié " avant de tempérer: "Des politiques ont également manqué de respect à l'égard de l'institution qu'est la présidence du gouvernement, en taxant M. Benkirane d'agent du Mossad ou de Da'ech." [allusion à Chabat, ndlr]

"La modernité s'installe par l'argumentation et l'opposition responsable"

Selon le chef de file des ex-communistes, "pour que les Marocains adoptent un projet de société moderniste", il faut les convaincre et leur démontrer que "ce dernier est meilleur que les autres".

"Le Maroc est suffisamment immunisé, par sa constitution, son arsenal juridique et ses institutions gouvernementales et civiles pour contrer toute velléité ou volonté d'exploiter la religion pour dominer l'Etat ou la société" a-t-il rassuré. Et d'arguer: "La pression, la contrainte et les pratiques autoritaires pour se prémunir contre ce risque n'auront que l'effet contraire."

"S'opposer à la vague conservatrice comme vous le faites (Mouvement Damir, ndlr) en utilisant des moyens transparents comme le plaidoyer, ou par l'opposition parlementaire et même en battant le pavé dans la rue dans des manifestations naturelles est plus efficace," a-t-il ajouté.

En réponse à Ilyas El Omari qui l'a accusé - dans une interview publiée mardi 20 septembre par Al-Ahdath - d'avoir participé à l'assemblée constitutive du "Mouvement pour Tous les Démocrates" (MTD) qui avait donné naissance au PAM, Benabdellah a déclaré que "les 11 fondateurs du MTD sont connus". "Évitons donc les mensonges et la duperie pour porter atteinte à l'image de ses adversaires politiques" a-t-il fustigé.

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Mehdi Jaouhari
Le 21 septembre 2016 à 17h19

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