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Législatives. Omar Balafrej: La FGD vise les abstentionnistes qui sont le 1er parti du Maroc

La Fédération de la gauche démocratique (FGD), a de grandes ambitions pour les élections du 7 octobre. Omar Balafrej, qui portera ses couleurs dans la  circonscription de Rabat Océan, livre à Médias 24 la stratégie de cette coalition de 3 partis, qui veut "devenir le 1er parti du Maroc, en 2021".

Législatives. Omar Balafrej: La FGD vise les abstentionnistes qui sont le 1er parti du Maroc
Samir El Ouardighi
Le 31 août 2016 à 17h10 | Modifié 31 août 2016 à 17h10

Médias 24: La FGD qui existe depuis à peine un an, est-elle prête à participer à la campagne législative?

Omar Balafrej: Nous avons fait en sorte de remobiliser nos équipes, qui ont accompli un travail remarquable aux élections de 2015. Notre campagne sera essentiellement basée sur un réseau de bénévoles, qui feront du porte-à-porte pour convaincre les indécis et surtout les abstentionnistes.

-Après votre élection dans la commune de Rabat-Hay Riad, vous êtes tête de liste de Rabat-Océan.

-J’ai effectivement été désigné pour cette circonscription qui englobe les quartiers de l’Agdal, de l’Océan, de Yacoub El Mansour et et Akkari, qui constituent 50% du périmètre de la capitale. Rabat compte deux circonscriptions législatives, dont 4 sièges sont à pourvoir dans ma zone et trois dans celle de Rabat-Chellah.

-Avez-vous  des vraies chances d’être élu à Rabat?

-Absolument, car le mode de scrutin quasi-uninominal qui diffère de celui des élections locales et l’instauration d’un seuil électoral à 3% font que seules les têtes de liste peuvent passer.

Le PJD, qui est le favori, doit obtenir environ 20.000 voix et la FGD doit doubler à tripler son score de 2015, en passant de 2.400 à 6.000 suffrages. Cela se jouera donc à très peu de voix et semble plus que jouable.

-Quel sera votre principal adversaire?

-Que ce soit au niveau de ma circonscription ou au niveau national, la principale difficulté consistera à gérer l’abstentionnisme.

Le challenge sera de faire basculer vers nos rangs les abstentionnistes, qui constituent le 1er parti du Maroc. Pour y arriver, il faut prouver aux déçus de la politique que la FGD est différente des autres.

-Combien pensez-vous  récolter de sièges à la Chambre des représentants?

-Notre objectif assumé est de décrocher un groupe parlementaire, soit une vingtaine de députés.

-Ce chiffre n’est pas un peu irréaliste, sachant que la FGD n’a qu’un an d’existence?

-Nous comptons convaincre les nombreux abstentionnistes pour dépasser les 300.000 voix au niveau national. La FGD pense y arriver, car les échos sont favorables et l’élan de sympathie est indiscutable.

A titre personnel, je serais déçu si nous obtenons moins de 15 sièges, car nous avons effectué un grand travail de sensibilisation auprès des électeurs potentiels.

-Quels moyens ont été alloués pour arriver à ces résultats plus qu’optimistes?

-Notre budget national est ridicule, d’autant plus que nous ne bénéficions d’aucune subvention publique. La FGD aura simplement droit comme tous les petits partis à une avance de 300.000 DH. Nous nous appuyons surtout sur des donateurs privés et des militants pour financer nos frais.

Heureusement que nous disposons d’un important vivier de bénévoles dévoués, car aucun parti ne fait appel au bénévolat, hormis le PJD, qui dispose de militants efficaces pour le tractage.

-Qu’en est-il de votre programme électoral?

-Il n’a pas encore été validé, mais au niveau économique, nous proposons une révision profonde de la fiscalité, avec la mise en place d’un impôt progressif sur le capital et sur l’héritage. Elle permettra d’équilibrer la taxation du capital par rapport à celle du revenu et de financer des secteurs défaillants, comme l’éducation et la santé.

Au niveau sociétal, nous militons pour une réforme du code pénal, avec la suppression de plusieurs articles liberticides (adultère …).

-Comment comptez-vous convaincre une partie de ces millions d’abstentionnistes?

-Nous avons entamé un travail pédagogique, qui a pour ambition de nous positionner comme la seule voie de recours. Notre formation prône une troisième voie, car nous refusons la bipolarisation, qui pousse les autres partis à se ranger soit derrière le camp du PJD, soit derrière celui du PAM. Cette bipolarisation les arrange bien, même si je n’exclus pas qu’ils s’allient dans le prochain gouvernement

-Une alliance avec un de ces partis leaders est donc exclue?

-Nous refusons d’être leur succursale et d’être vampirisés comme l’ensemble de la classe politique. Il n’y aura donc aucun rapprochement avec eux, car nous refusons leurs choix politiques, qu’ils soient économiques ou sociétaux (libertés individuelles …).

Nous réclamons une vraie monarchie parlementaire. Nous sommes à l’opposé de ces partis et constituons la seule alternative à ce choix binaire. L’abstentionnisme de masse prouve que les Marocains refusent la bipolarisation du champ politique.

-Qu’en est-il des autres partis de gauche? Aucun ne trouve grâce à vos yeux?

-La plupart d’entre eux se vident progressivement de leurs électeurs, qui deviennent abstentionnistes.

Le PPS n’existe plus en tant que parti, car il s’est transformé en succursale du PJD. Une alliance avec l’USFP n’est pas envisageable,  du fait de sa volonté de faire front commun avec le parti du tracteur.

Au final, il y a le camp des suiveurs du PJD et celui des suiveurs du PAM. Le seul avec qui nous aurions pu entamer un rapprochement est Alternative démocratique, qui a finalement été interdit par les autorités.

La FGD ne cherche pas à récupérer ou à convertir les membres d’autres partis politiques, car notre vrai cœur de cible est le réservoir énorme des citoyens qui refusent de se rendre à l’isoloir.

Notre discours est réservé aux dix millions d’abstentionnistes pour les faire venir ou revenir aux urnes.

-Il y a donc peu de chances que vous participiez à une coalition gouvernementale en 2016?

-Aucune, car notre priorité est de convaincre nos futurs électeurs que nous pouvons faire de la politique autrement. Si nous décrochons un groupe parlementaire, nous ferons de l’opposition constructive, en faisant preuve de consensus ou de lutte acharnée quand nous le jugerons utile.

-Quel est votre objectif pour les futures législatives de 2021?

-Devenir le 1er parti du Maroc, pour être en mesure de diriger le gouvernement.

Les résultats d’octobre 2016 seront édifiants, mais l’élan de sympathie et le fort réservoir d’abstentionnistes nous rendent très optimistes. Cet espoir est exprimé en mon nom propre, mais je pense qu’il est partagé par les trois composantes de la FDG que sont le PSU, le PAGDS et le CNI. 

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Samir El Ouardighi
Le 31 août 2016 à 17h10

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