Hizmet, le puissant réseau des gülenistes en Turquie et à l'étranger
Promoteur d'un humanisme musulman ou machine lancée à la conquête du pouvoir: le mouvement Hizmet, accusé par le président turc Erdogan d'être derrière le putsch raté de vendredi 15 juillet, est un puissant réseau présent dans une centaine de pays.
Le mouvement, dont le nom "service" renvoie à ce que les croyants doivent à Dieu et aux hommes, a été fondé à la fin des années 70 par le prédicateur Fethullah Gülen. Il est crédité de millions de membres. Hizmet anime un réseau d'écoles essaimées dans une centaine de pays, des Etats-Unis au Kazakhstan, qui bénéficient des largesses de riches hommes d'affaires turcs.
En Turquie, où nombre de ses fidèles, appelés "gülenistes", sont présents au cœur de l'Etat, il bénéficie du relais d'une vaste nébuleuse de médias. Certains de ses fleurons, dont le quotidien Zaman, sont toutefois passés sous la coupe de l’Etat après des saisies en mars.
Pour ses partisans, Hizmet est un regroupement informel qui s'inspire du soufisme et vise à promouvoir un islam modéré et contribuer au développement social et économique, notamment dans les pays en voie de développement.
Pour ses détracteurs, désormais emmenés par le président turc Recep Tayyip Erdogan, il s'agit d'une machine à noyauter l'Etat pour s'emparer du pouvoir en Turquie. On lui reproche de s'assurer des fidélités en recourant au clientélisme, et des "repentis" l'ont décrit comme une organisation strictement hiérarchisée, entretenant le culte du secret. Son leader, qui réside en Pennsylvanie (nord-est des Etats-Unis), cultive d'ailleurs la discrétion.
L'influence exercée par le mouvement au sein de l’Etat, des médias et des milieux d'affaires a décliné depuis la purge lancée contre les partisans de Gülen par le régime Erdogan, après la rupture en 2013 entre les deux hommes. Elle mettait fin à une alliance de plusieurs années, visant à affermir le contrôle de l’État sur le pays, en renvoyant l'armée à ses casernes et limitant le pouvoir de l'establishment kémaliste.
Cette offensive anti-Hizmet devait s'intensifier après le coup d'Etat raté de vendredi, qui a entraîné l'arrestation jusque-là de quelque 6.000 personnes - dans l'armée mais aussi dans la magistrature - accusées d'être impliquées dans le putsch.
Dans une allusion voilée au camp de son rival, le président Erdogan a promis dimanche à ses partisans d'éliminer le "virus" factieux qui s'est selon lui "propagé comme un cancer" dans tout l'appareil d'Etat.
(Avec AFP)
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